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Jeunes, femmes, talents étrangers : l’Allemagne s’active face à la pénurie

Confrontée au vieillissement de la population, l’industrie allemande manque de compétences. Une pénurie qui, comme en France, inquiète. Pour rebondir, l’Allemagne cherche à séduire les jeunes, les femmes et les talents étrangers.

Irene Seling, responsable formation au sein de la fédération des employeurs allemands, confiait la semaine dernière à L’Usine nouvelle que la pénurie de compétences est particulièrement préoccupante chez les ingénieurs :

« En février, il manquait 194 000 ingénieurs des disciplines mathématiques, informatique, sciences et technique. Le problème est que la structure de notre économie est très dépendante de ces profils. »

Au-delà des ingénieurs, les électriciens, mécaniciens, plombiers, tuyauteurs, soudeurs, manquent notamment et le secteur de la chimie a tout particulièrement du mal à trouver les compétences dont il a besoin.

Résultat, le ministère allemand de l’Économie et de la Technologie s’alarmait fin mars:

« La pénurie de main-d’oeuvre qualifiée met en péril notre compétitivité et notre force d’innovation. »

« La pénurie de main-d’oeuvre qualifiée met en péril notre compétitivité et notre force d’innovation »

En Bavière, par exemple, le responsable de la fédération de l’électrométallurgie s’inquiète. Quelques 500 000 salariés manqueraient à l’appel en 2015, confie-t-il à l’Usine nouvelle :

BERTRAM BROSSARDT, responsable de la fédération de l'électrométallurgique bavaroise
© D.R

« Notre démographie nous fait perdre 5 000 à 6 000 jeunes diplômés par an. Il va manquer dans notre land 500 000 salariés d’ici à 2015. Avec, à la pointe de la pyramide, 60 000 ingénieurs. Nous avons choisi de prendre des mesures. Nous dépensons chaque année 3 millions d’euros en communication pour rendre notre secteur attractif. Nous espérons aussi une meilleure formation. En Bavière, 6 % des élèves sortent de leur cursus sans diplôme. Autre axe : renforcer la coopération avec les agences pour l’emploi et mieux orienter les candidats. Enfin, pour encourager l’embauche des femmes à plein-temps, nous avons financé un projet d’école pilote accueillant les enfants toute la journée. »

Renforcer la formation et l’apprentissage

Solutions locales à l'inefficacité globale

La Bavière n’est pas le seul Land concerné : alors que le manque de compétences techniques frappe de nombreuses régions outre-Rhin, l’Allemagne toute entière se mobilise. Comme le souligne l’Usine nouvelle, le renforcement de la formation professionnelle, via l’apprentissage en particulier, est « de l’avis de tous » considéré comme une solution à l’inadéquation des compétences par rapport aux besoins des entreprises. Il s’agit aussi de puiser dans les « nombreuses réserves » qui existent en soutenant l’accès des jeunes, des femmes et des talents étrangers à ces carrières.

L’avenir : les jeunes, les femmes et les talents étrangers

Concernant les jeunes en général, Irene Seling déplore que « trop peu d’étudiants optent pour les filières scientifiques et seuls 33% de ceux qui entament des études d’ingénieur terminent leur cursus. Ce qui est insuffisant. » Ainsi, l’Allemagne veut mieux sensibiliser aux sciences dès l’école primaire afin d’améliorer l’attractivité de la filière et les entreprises s’efforcent d’établir très tôt un contact avec les futurs candidats (« chez Audi par exemple, les jeunes ont la possibilité de faire un stage dès 16 ans et leur parcours scolaire est ensuite suivi de près. »)

Pour attirer les jeunes femmes, qui ne composent par exemple que 9% des effectifs du cursus menant à la construction de machines, « les entreprises entendent combattre les préjugés que beaucoup ont encore sur ces métiers » par des journées de découverte, des stages ou des rencontres avec des femmes ingénieurs.

Mieux aménager la parentalité et développer le télétravail

Crèche
Photo CG94

Au-delà des jeunes femmes, il s’agit aussi de lutter contre les difficultés liées à l’absence de structures de garde d’enfants, qui cantonne souvent les femmes aux emplois à temps partiel. Ainsi, gouvernement et entreprises se mobilisent : construction de crèches, aides financières aux frais de garde, organisation de camps de vacances et d’activités pour les enfants…

Audi, encore cité en exemple, s’active sur ces chantiers. Son porte-parole indique que, « outre une crèche qui accueille les enfants dès 5 h30 pour s’adapter aux horaires des employés, nous rendons également possible le télétravail, comme dans le cas de cette ingénieur qui travaille quatre jours par semaine chez elle. »

Les appels du pied envers les talents étrangers s’intensifient

L’Allemagne se tourne aussi de plus en plus fortement vers les talents étrangers, notamment issus des pays européens en crise. Le Portugal, avec plus d’un jeune sur trois au chômage, figure parmi les cibles privilégiées.

Manifestation de jeunes au Portugal
Photo Der Spiegel

L’Usine nouvelle décrit les méthodes déployées pour séduire ces jeunes du Sud de l’Europe :

« Présentes sur les salons de recrutement locaux, les entreprises allemandes font des ponts d’or à leurs ressortissants, avec cours de langue intensifs et aide à l’installation. »

Par ailleurs, depuis le 1er avril, la reconnaissance des diplômes étrangers a été facilitée. Une nécessité alors que, comme dans la plupart des pays d’Europe, beaucoup d’immigrés travaillant en Allemagne occupent des emplois inférieurs à leur qualification.

 

>>> Lire l’article de l’Usine nouvelle (réservé aux abonnés)

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