Publié le 11 octobre 2018

EVENEMENT. Intelligence artificielle et transition énergétique : pour leur 23e édition, les Prix littéraires de la Fondation ManpowerGroup-HEC Paris ont consacré deux ouvrages aux thématiques d’actualité. Qui a emporté la mise parmi les 156 ouvrages passés en revue par les jurés de cette édition 2018 ? Retour sur la soirée de remise des Prix, qui a eu lieu le 4 octobre 2018 à Paris, en présence des deux lauréats.

Quelques minutes avant l’annonce du palmarès officiel de la 23e édition des Prix de la Fondation ManpowerGroup et HEC Paris, le 4 octobre 2018, Christian Boghos, Directeur Général Communication, Marketing stratégique et Influence et Président de la Fondation ManpowerGroup et Philippe Oster, Directeur de la Communication de HEC Paris, ont ouvert la soirée en rappelant les objectifs de la sélection 2018 : les 156 ouvrages étudiés, comme ceux sélectionnés, ont pour point commun de questionner les tendances contemporaines, de susciter le débat sociétal ou encore de nourrir notre réflexion sur les grands enjeux de demain en matière d’emploi, d’entreprise ou de société.

Une rétrospective consacrée aux 22 précédentes éditions du Prix a d’ailleurs souligné l’apport à la réflexion sur les tendances sociétales ou sur les grands bouleversements du monde du travail des différents ouvrages primés par la Fondation ces deux dernières décennies. Pour cette 23e édition, c’est le concept de « guerre » qui constitue le point commun des deux ouvrages distingués : une guerre qui se trame autour de ressources de plus en plus rares, d’une part ; et une guerre mondiale en formation entre l’intelligence humaine et l’intelligence artificielle, d’autre part.

La transition énergétique : une impasse ?

« La guerre des métaux rares. La face cachée de la transition énergétique et numérique » (février 2018, Les liens qui libèrent) est le premier ouvrage, très remarqué, du journaliste Guillaume Pitron. Le livre déconstruit, au travers d’une longue enquête particulièrement fouillée, les grands récits sur la transition énergétique qui servent à justifier la trajectoire écologique adoptée par de nombreux pays, dont la France. Pour cet ouvrage documenté, Guillaume Pitron s’est vu remettre deux prix : celui des élèves d’HEC Paris et le Prix Spécial du jury de la Fondation ManpowerGroup-HEC Paris.

« Nous sommes encore dans une transition énergétique paresseuse », a souligné Guillaume Pitron en préambule à son intervention. Pointant d’abord les responsabilités individuelles, le lauréat a toutefois appelé les pouvoirs publics à réagir face à une forme de paradoxe, voire d’impasse du modèle adoubé par nos sociétés occidentales consuméristes. Tandis que le développement des technologies vertes requiert une consommation de plus en plus importante de métaux et terres rares, les citoyens, eux, ne sont plus conscients de l’empreinte écologique réelle de ce qu’ils achètent chaque jour. Un manque de transparence et de pédagogie mortifère, selon le journaliste, qui a insisté sur les conséquences géopolitiques de cette situation. Alors que la Chine détient aujourd’hui 95% des métaux rares et impose aux entreprises de délocaliser leurs laboratoires dans le pays, la guerre des matières premières se déplace progressivement du côté de la matière grise, c’est-à-dire l’intelligence humaine.

Les DRH seront les « neuroculteurs » de demain

Un point de vue partagé par le second lauréat de cette 23e édition des Prix de la Fondation ManpowerGroup-HEC Paris, qui estime que la matière première la plus précieuse est bien l’intelligence. L’ouvrage de Laurent Alexandre, « La guerre des intelligences. Intelligence artificielle versus intelligence humaine » (septembre 2017, JC Lattès), a reçu le Grand Prix du Jury de cette édition 2018 à l’unanimité, a précisé Geneviève Ferone-Creuzet, Présidente de Casabee et Associée de Prophil, en remettant le prix au lauréat.

« Nous sommes les idiots utiles de l’intelligence artificielle », a d’abord lancé Laurent Alexandre, brocardant l’Union européenne et son incapacité à saisir les enjeux pressants d’une économie de la connaissance d’ores et déjà largement dominée par les Etats-Unis et la Chine. Dressant un tableau peu optimiste, l’auteur est revenu sur le danger de laisser les « inégalités intellectuelles » se creuser dans nos sociétés. Et d’insister sur l’importance de « démocratiser l’intelligence avant d’industrialiser l’intelligence artificielle » pour ne pas basculer dans le populisme.

Selon Laurent Alexandre, alors que de nombreux métiers vont disparaître et que l’intelligence, qu’elle soit humaine ou artificielle, va prendre le pouvoir, « les DRH ont une responsabilité historique », car c’est à eux que revient la mission de positionner les individus au bon poste au bon moment. « Les professionnels des Ressources Humaines seront les neuroculteurs de demain », estime même Laurent Alexandre, car ils devront, plus que jamais, faire progresser les compétences des collaborateurs grâce à la formation, en fonction des nouveaux métiers créés par la révolution de l’intelligence artificielle.

Les membres du jury :

Pour cette 23e édition des Prix littéraires de la Fondation ManpowerGroup-HEC Paris, un jury de cinq personnalités a été constitué :

Le jury des élèves d’HEC était représenté par Iris Lorenz, Présidente de l’association Le Salon, qui promeut la culture sur le campus, et Camille Evain, Secrétaire générale de l’association.

Cette année, le jury avait également présélectionné les ouvrages suivants :

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