Publié le 7 septembre 2018

SÉLECTION. Ils étaient banquiers, consultants, responsables marketing et menaient une vie plutôt confortable. Pourtant, ils ont décidé de changer radicalement de voie professionnelle pour monter leur propre affaire, crèmerie, petite épicerie ou microbrasserie. Eux ? Ce sont les néo-entrepreneurs urbains, un phénomène analysé par Jean-Laurent Cassely dans son dernier ouvrage, en lice pour les Prix de la Fondation ManpowerGroup-HEC Paris.

C’est le 4 octobre 2018 que sera dévoilé le nom des lauréats des prix de la Fondation ManpowerGroup-HEC Paris. Inauguré il y a 23 ans, cet événement annuel distingue des ouvrages qui ont pour point commun de questionner les tendances contemporaines, de susciter le débat sociétal ou encore de nourrir notre réflexion sur les grands enjeux de demain. Travail, technologie, société, économie… à l’occasion de cette nouvelle édition, 5 ouvrages abordant des thématiques diverses ont été sélectionnés. Alors qu’il ne reste aux deux jurys des Prix – respectivement composés de professionnels et d’élèves d’HEC Paris –  que quelques semaines pour arrêter leur choix, nous vous présentons chaque vendredi l’un des ouvrages sélectionnés. Qui succèdera à Charles-Edouard Bouée, pour « La Chute de l’Empire humain » (en collaboration avec François Roche) et à Marie-Noéline Viguié et Stéphanie Bacquere, pour leur ouvrage « Makestorming » ?

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Jean-Laurent CASSELY, « La révolte des premiers de la classe. Métiers à la con, quête de sens et reconversions urbaines » (mars 2017, 182 p., Arkhê)

L’ennui au travail, le manque de sens ou l’inutilité perçue de telle ou telle fonction génèrent de plus en plus de réorientations, voire de reconversions (parfois radicales) d’une certaine frange de la population, plutôt jeune, diplômée et urbaine. C’est tout l’objet de l’ouvrage de Jean-Laurent Cassely, qui propose un portrait de cette génération qui a dit adieu aux « bullshit jobs ».

Ces ex premiers de la classe ont choisi de privilégier à leur « métier à la con » le « concret », le « local » ou plus simplement le « faire ». En devenant microbrasseur, artisan ou encore fromager, tous estiment avoir embrassé une carrière plus « stimulante », « pleine de sens » ou même « vraie ». Encore peu nombreux, ils n’en constituent pas moins un épiphénomène passionnant que l’auteur se propose de décrypter, au travers de nombreux témoignages recueillis auprès de ces néo-entrepreneurs.

Au-delà des lieux communs, le livre ouvre une réflexion sociologique sur la réécriture des codes de la réussite sociale, du bien-vivre et de l’épanouissement au travail.

A propos de l’auteur :

Journaliste et essayiste, Jean-Laurent Cassely écrit sur les modes de vie et les valeurs des classes supérieures urbaines et sur la nouvelle société de consommation. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et guides pratiques sur la survie en milieu urbain. 

>> À suivre, vendredi 14 septembre : « Se transformer ou mourir », Jean-Louis Beffa (2017, Seuil)

>> A lire aussi : 23e édition des Prix Fondation ManpowerGroup – HEC Paris : quelle société face à l’intelligence artificielle ?

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