:
Newsletter
HReview
Découvrez nos articles.
Retour à la liste
Partager sur :

La France entame 2023 avec des intentions d’embauche plutôt élevées, en dépit du contexte difficile

Le Baromètre ManpowerGroup des perspectives d’emploi affiche un panorama positif, pour la période janvier-mars 2023, avec une prévision nette d’emploi qui reste solide à +27%. Si ce chiffre est inférieur (-7 points) au trimestre précédent, il demeure stable vis-à-vis du premier trimestre 2022 ! Ce qui n’était ni évident, ni donné d’avance, du fait de l’impact de l’inflation, des sanctions contre les hydrocarbures russes, et des tensions internationales. En parallèle de ces projets de recrutement, les employeurs français prennent de plus en plus conscience de l’importance de la cybersécurité, et en font une top priorité en matière de formation comme de recrutement.

Ce qui frappe, dans le baromètre des prévisions d’embauche pour le premier trimestre 2023, est la forte résilience de l’économie française. Malgré le contexte international, les difficultés rencontrées par de nombreux employeurs, et la hausse des prix énergétiques ayant fini par se répercuter dans tous les secteurs, la France continue de créer des emplois. Il semble que ce sera le cas aussi sur la période janvier-mars 2023 avec 41% des employeurs ayant l’intention d’étoffer leurs effectifs, contre seulement 14% qui souhaitent les alléger.

D’où un solde net des perspectives d’emploi toujours très positif (+27%), soit au même niveau que l’an dernier, avant que les effets de la crise ne se fassent sentir, et alors que l’économie française était toujours en plein redémarrage. Une belle performance. Parmi les 9 secteurs étudiés, tous affichent d’ailleurs une prévision nette d’emploi largement positive, même si 7 connaissent un ralentissement. Les grandes entreprises et employeurs de la région parisienne affichent des chiffres particulièrement favorables dans cette édition.

« Ce baromètre montre que les intentions d’embauche se stabilisent, dans un contexte où l’économie française devrait continuer sa croissance, mais à un rythme plus lent, commente Alain Roumilhac, Président de ManpowerGroup France. Notre PIB a progressé de 2,6% en 2022, et devrait augmenter d’environ 1% en 2023. Les entreprises suivent cette tendance, avec des prévisions d’embauche positives, mais prudentes ».

Toutes les régions affichent des intentions d’embauche positives

Dans l’ensemble des régions françaises, les employeurs annoncent de positives intentions d’embauche, bien que leur ampleur soit variable. C’est dans la région Nord qu’elles sont le plus limitées début 2023, avec une prévision nette d’emploi de +13% seulement, marquant un recul prononcé des projets de recrutement (-12 points en un trimestre, -15 points en un an). Peut-être lié au plus grand poids dans cette zone de l’industrie, qui est affectée par l’inflation et les difficultés d’approvisionnement, et dont la trésorerie est au plus bas

La région parisienne, au contraire, affiche une santé presque insolente avec le solde le plus positif (+34%), qui est équivalent à celui du trimestre précédent. La région Sud va connaître également une belle période début 2023, avec des intentions d’embauche élevées, et dont le solde net (+28%) perd seulement -2 points d’un trimestre à l’autre. Sur un rythme annuel, ces deux régions ont des projets de recrutement en croissance : +2 points.

Dans la région Est, la prévision nette d’emploi s’élève à +25%, en progression de +3 points en rythme annuel, mais en baisse de -15 points en un trimestre. Dans la région Ouest, elle s’établit à +26%, en baisse de -4 points en un an, et de -6 points en trois mois.

Des intentions d’embauche record dans plusieurs secteurs d’activité

Les intentions d’embauche s’avèrent toujours favorables dans chacun des neufs secteurs d’activité étudiés par le Baromètre ManpowerGroup des perspectives d’emploi. Deux d’entre eux se démarquent en présentant une amélioration des projets de recrutement par rapport à l’année précédente : +13 points dans le secteur des services et biens de consommation, +9 points dans le secteur du transport, de la logistique et de l’automobile.

La prévision nette d’emploi du second atteint même +41%, un chiffre très élevé, et qui gagne encore +2 points par rapport au trimestre précédent. Le secteur du transport, de la logistique et de l’automobile est ainsi le seul à afficher une augmentation des projets de recrutement, ces prochains mois. Il y a, certes, plusieurs milliers de postes vacants dans les transports scolaires, car beaucoup de chauffeurs ont changé d’activité avec la pandémie. Tandis que l’industrie automobile recrute pour accompagner sa transition vers les véhicules électriques.

Le secteur de la finance et de l’immobilier se maintient en bonne position avec une prévision nette d’emploi élevée (+37%), malgré une perte de -7 points en un trimestre, et de -5 points en un an. Celui des technologies de l’information aussi (+35%), en dépit d’une perte de -15 points. En revanche, les intentions d’embauche chutent très fortement dans les services de communication : -15 points vis-à-vis du premier trimestre 2022, et -40 points en trois mois.

Nouveauté de cette édition : l’inclusion du secteur d’activité « énergie et services publics », qui montre des intentions d’embauche positives, avec un solde net de +26% pour le premier trimestre 2023. Dans le nucléaire notamment, les besoins sont considérables pour entretenir le parc existant et construire les nouvelles centrales. A partir de 2023, les embauches vont passer de 5.000 à 10.000 postes par an, voire 15.000 postes par an par la suite.

Les grandes entreprises sont en bonne forme au premier trimestre 2023

Dans chacune des quatre catégories d’entreprises étudiées, les employeurs projettent de recruter davantage que d’alléger leurs effectifs. Sur un an, les intentions d’embauche se permettent même de progresser dans les entreprises de 10 à 49 salariés : +9 points par rapport à début 2022 (mais -7 points en un trimestre). Les entreprises de cette catégorie sont également celles, avec les grandes entreprises (comptant plus de 250 salariés), qui vont embaucher le plus au premier trimestre 2023, avec une prévision nette de +31%.

Dans les entreprises de moins de 10 salariés, l’élan est bien plus faible avec un solde net des perspectives d’emploi de seulement +9%, en baisse de -13 points sur un an et de -10 points vis-à-vis du trimestre précédent. Les TPE connaissent en effet une forte dégradation de leur situation, et ont plus de difficultés que les autres pour surmonter la crise énergétique. Les petites entreprises les plus fragiles étant les commerces alimentaires, les salons de coiffure, les sociétés spécialisées dans la vente à distance, les centres sportifs, etc.

Des employeurs français plus optimistes qu’ailleurs en Europe

L’enthousiasme des employeurs français (avec +27% de prévision nette d’emploi) se dénote en Europe, car cette performance n’est égalée ou dépassée que par une poignée de pays : +27% en Finlande, +29% en Autriche et en Turquie par exemple. Et, parmi nos principaux partenaires commerciaux, l’Allemagne et le Royaume-Uni affichent des soldes en matière d’intentions d’embauche positifs mais plus mesurés : +17% et +19% respectivement.

Il faut sans doute rappeler ici que la France enregistre l’un des plus faibles taux d’inflation de l’Union européenne (UE), avec « seulement » +7,1% de hausse des prix enregistrée entre fin 2021 et fin 2022, alors que l’inflation moyenne de l’UE est de +11,1%, et atteint même un chiffre record de +23,1% en Hongrie, qui affiche les perspectives les moins dynamiques des 41 pays étudiés. Cette relative faiblesse de l’inflation, rendue possible par une moindre dépendance aux hydrocarbures russes et par le soutien budgétaire massif de l’Etat, a permis de mieux protéger le pouvoir d’achat, et donc l’économie, qu’ailleurs.

Dans le reste du monde, les projets de recrutement pour la période janvier-mars 2023 sont toujours très positifs : le Panama (+39%, soit +4 points d’une année à l’autre), le Costa Rica (+35%, une hausse de +3 points en un an) et le Canada (+34%, soit +3 points gagnés en l’espace d’un trimestre) se classent en tête de notre baromètre.

Les employeurs misent sur la cybersécurité pour le recrutement et la formation

En supplément de cette édition du Baromètre trimestriel de l’emploi ManpowerGroup, nous avons réalisé une enquête complémentaire portant sur la façon dont les entreprises se préparent aux défis et aux opportunités liés aux grandes évolutions technologiques.

Pour appréhender cet enjeu de grande importance, près de la moitié (48%) des employeurs français disent avoir l’intention de faire gagner en compétences leurs équipes, et 43% que ces évolutions vont les conduire à recruter de nouveaux talents. Un gros tiers, soit 35% d’entre eux, prévoit d’avoir recours à des sous-traitants ou travailleurs en freelance.

Lorsqu’on leur demande dans quels domaines technologiques ces recrutements vont avoir lieu, les employeurs placent le thème de la cybersécurité en tête de leurs priorités (placée en premier par 17% d’entre eux). C’est aussi la cybersécurité qui apparaît comme prioritaire dans les projets de formation des employeurs : 38% la placent en tête des besoins. Parmi les autres formations technologiques jugées essentielles, les répondants évoquent le support technique (27%) et la gestion des bases de données (25%).


À propos de ces deux enquêtes :

Le Baromètre ManpowerGroup des perspectives d’emploi pour le premier trimestre 2023 a été réalisé dans 41 pays et territoires, du 13 octobre au 25 novembre 2022 auprès de 38.951 employeurs issus d’entreprises privées et d’organismes publics, dont 1.020 en France. L’étude analyse les réponses obtenues à une unique question : « Comment anticipez-vous l’évolution des effectifs de votre entreprise au cours du prochain trimestre, jusqu’à fin mars 2023, par rapport au trimestre actuel ? ».

Le chiffre de « prévision nette d’emploi » utilisé dans ce Baromètre est le résultat de la soustraction entre le pourcentage d’employeurs anticipant une hausse de leurs effectifs et le pourcentage d’employeurs anticipant une baisse. Il s’agit donc d’un solde net – pouvant être positif ou négatif – de perspectives d’emploi. Les données sont corrigées des variations saisonnières afin de refléter au mieux la réalité des perspectives. L’enquête annexe « Reputation Leaders  » a été réalisée auprès de la même cible et aux mêmes dates que le baromètre. Pour réaliser cette étude, trois questions additionnelles ont été posées aux répondants autour des enjeux liés aux évolutions technologiques.

Partager sur :

Autres articles pouvant vous intéresser