Publié le 5 juin 2014

Pour Dominique Turcq, déjà auteur d'un Management augmenté. Faire face à la complexité (voir son interview), les multiples mutations technologiques auxquelles doit faire face l'entreprise sont autant de "retards", qu'elle doit apprendre à assumer, pour se donner une capacité, bien réelle, de se réinventer.

Ces retards qui n'en sont pas

C'est la thèse qu'il développe dans un Éloge du retard de l’entreprise visant à déculpabiliser les leaders : l'inertie inhérente à la grande entreprise, qui traîne avec elle son histoire, ses valeurs, ses process... mais aussi ses certitudes, rend inévitable un double retard.

Un retard technologique tout d'abord : face aux multiples innovations qui pressent son organisation, du cloud computing qui attire ses données et applications dans les nuages aux Big Data et son potentiel décrit comme vertigineux, en passant par les systèmes de recommandation, les plateformes collaboratives voire l'impression 3d.

Un retard sur les usages, le "non-technique", ensuite : qui se développent plus rapidement dans la société, et chez les salariés, hors et dans les murs de l'entreprise... "Au moment même où vous mettez un firewall dans votre entreprise, les salariés l’ont déjà contourné avec leur smartphone !", constatait l'ancien DRH du groupe BIC, François Eyssette.

> Lire Pour transformer l'entreprise, transformer le DRH ?

Quelles barrières pour reprendre un temps d'avance ?

"Il va falloir que nous nous habituions à ces renversements complets de ce à quoi nous fûmes formés - le contrôle et la performance - [et que nous nous posions] la question moderne de la gratuité, de la générosité, du leadership partagé plutôt que providentiel, du hasard - la sérendipité - et de l'échec intelligent", commente à propos de cet Eloge Laurent Choain, DRH du groupe Mazars. Plutôt que la réforme continuelle, dans l'urgence, parfois dans l'anecdote, souvent dans l'absence d'évaluation et de leçons tirées de phases-test, la transformation organisationnelle et, plus encore, un authentique changement de paradigme.

Pour se donner la capacité de se questionner, de rebâtir sa proposition de valeur, et d'embarquer le management et chaque salarié dans de nouvelles directions, Dominique Turcq invite à s'appuyer sur toutes les forces vives de l'entreprise... et à identifier, en amont, les véritables barrières. Loin de l'utopie d'une entreprise parfaitement aplatie, sans silos, et aussi agile qu'une start-up, la capacité à identifier les freins et à appréhender le sens des transformations en cours et à les partager au sein de l'entreprise est un réel avantage compétitif.

Dirigeants : faire de l'entreprise une communauté

Communication verticale, silos internes, éloignement du client, le "tout-technologique"... Résumées en une infographie à partager, les dix barrières identifiées qui, une fois levées, pourront permettre de rester en avance... au moins sur ceux qui resteront, par précipitation ou absence de remise en question, en retard :

Eloge du retard de l'entreprise

 

> À lire aussi : l'interview de Dominique Turcq

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"Éloge du retard de l’entreprise. Comment en faire un avantage compétitif ?" de Dominique Turcq, fondateur de l'Institut Boostzone. Aux éditions Eyrolles dans la collection La nouvelle société de l'emploi de la Fondation Manpowergroup, 136 pages, en librairie depuis le 17 avril 2014 (12 euros), livre électronique disponible sur boostzone-editions.fr.

Eloge-du-retard-Dominique-Turcq

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