Publié le 30 avril 2012

Cette semaine, l’Usine nouvelle consacre un dossier comparant les programmes économiques des deux adversaires du second tour de l’élection présidentielle. Dans son éditorial, l’hebdomadaire estime qu’il "n’y aura pas de révolution" car, "sur l’économie, et plus précisément sur la politique industrielle, les différences sont moins nombreuses qu’il n’y paraît."

Coût du travail : des approches différentes

Des « divergences » sont néanmoins relevées, notamment sur la compétitivité du travail et, en particulier, son coût :

  • Nicolas Sarkozy a mis en place une TVA "antidélocalisation" ou "TVA sociale" que François Hollande veut supprimer - ce dernier prévoyant de son côté une augmentation des cotisations retraite.
  • Pour les bas salaires, "le candidat socialiste prévoit de revoir le barème du SMIC" auquel Nicolas Sarkozy ne compte pas toucher, préférant "réduire les charges salariales sur les bas salaires". L’Usine nouvelle affiche sa préférence sur ce point en citant Francis Kramarz, professeur d'économie à l'Ensae, qui estime que « la seule politique d'emploi qui ait fonctionné a consisté à réduire les charges salariales."

Des convergences plus nombreuses qu’il n’y paraît

Sur la politique industrielle, l’innovation et l’activité des seniors, l’Usine nouvelle relève de nombreux points communs entre les programmes des deux candidats :

« Difficile de faire ressortir des oppositions de fond dans la stratégie industrielle défendue par les deux partis. Soutien aux filières, investissements d'avenir... ils veulent faire la même chose. Même si François Hollande souhaite confier (un peu) plus de pouvoir aux régions, il entend garder un grand ministère de l'Industrie [NDLR : le Groupement des Professions de Services demande la création d’un Ministère de l’Industrie et des Services].

Sur l'innovation, le candidat socialiste reprend à son compte les outils créés depuis 2007, dont le crédit impôt recherche ou les investissements d'avenir. Enfin, les deux candidats entendent s'attaquer au problème du faible taux d'activité des seniors. Le « contrat de génération » du PS favorise le maintien dans l'emploi en redéployant des allégements de charge, tandis que l'UMP joue sur les exonérations de charges pour inciter à l'embauche. »

Une seule solution : la digitalisation !

Quoi qu'il en soit, le véritable enjeu ne se trouve pas dans les urnes mais dans le numérique, selon l'hebdomadaire :

« Pour l’industrie française, la révolution ne sortira donc pas du scrutin de mai. Elle se produira, le moment venu, sans élection ni grève générale, sans coup d’Etat ni échafaud. Elle viendra grâce… aux technologies ! […] Notre industrie retrouvera sa productivité et son lustre si elle parvient à se "digitaliser".

Alors que nous sommes focalisés sur la crise des dettes et de la zone euro, nous sommes en train de vivre une incroyable transformation : la "Troisième révolution industrielle", après celles de la fin du XVIIIème siècle et du début du XXème."

Comme L’Atelier de l’Emploi le signalait, "l’hebdomadaire britannique raconte les progrès apportés par l’impression 3D, la fabrication additive, le travail collaboratif, les automates... Notre confrère prévoit même un effet boomerang, qui ramènerait la production de Chine, où les salaires continueront de monter, vers les pays riches, à la productivité dopée."

Conclusion du directeur de la rédaction Laurent Guez : cette "mutation" - que d'autres appellent "Grande Transformation" - "doit être une révolution française."

Nous reviendrons plus en détails sur ce sujet tout prochainement.