Publié le 29 août 2012

Dans moins d’un mois, la France comptera plus de 3 millions de chômeurs. Parce que l'économie, dans la crise, ferme de plus en plus les portes du marché du travail aux jeunes sans diplôme ni qualification, le Gouvernement vient de lancer officiellement ses « contrats d’avenir », emplois aidés sur le secteur non marchand. Dans le même temps, les jeunes qui ont la chance de pouvoir suivre des études doivent effectuer des choix d’orientation cruciaux - ce qui, dans la crise, peut être angoissant ; les moins jeunes qui veulent se reconvertir, ou tout simplement évoluer, doivent prendre les bonnes décisions. Quels métiers embaucheront demain ? Hors des emplois aidés, les jeunes non diplômés n’ont-ils aucun avenir ? Réponses en son et lumière.

"Où est le travail" ? C’était le titre d'un récent « Débat de midi » sur France Inter. Il en est ressorti des perspectives claires : l'économie regorge de métiers d'avenir, il y a des gisements d'emploi - en haut comme en bas de l’échelle des qualifications. Les études prospectives du Centre d’analyse stratégique (CAS), rattaché au Premier ministre, sont formelles : les nombreux départs en retraite ouvrent des perspectives d’embauche à court et moyen terme, et les services et l’économie de l’immatériel sont au coeur des dynamiques d'emploi.

Informatique, environnement, énergie, services aux collectivités : les grands groupes industriels cherchent leurs ingénieurs

L’industrie n’a pas dit son dernier mot. Selon les experts, la « désindustrialisation » a atteint son pic et les grands groupes industriels opèrent sur des secteurs qui ne sont pas appelés à faiblir à moyen terme : la France va avoir particulièrement besoin d’ingénieurs dans l’informatique, l’environnement, l’énergie ou services aux collectivités – services et industrie étant désormais étroitement imbriqués. De grandes opportunités s’ouvriront à ceux qui auront choisi de s’y former. D’une manière générale, la détention de compétences techniques fines continuera d’ouvrir des perspectives intéressantes car les entreprises industrielles peinent à pourvoir à leurs besoins.

Les pénuries, sources d’opportunités pour tous

Au-delà des ingénieurs, la connaissance des compétences qui manquent aujourd’hui et manqueront demain aux employeurs est fort utile pour identifier les opportunités. La maîtrise des nouvelles technologies est déjà particulièrement recherchée et devrait bientôt valoir de l'or ; de nombreux postes "peu qualifiés" sont et seront aussi à prendre.

Le diplôme est un rempart face à la crise mais, même en France, on peut encore accéder à l'emploi sans le bac. Les jeunes qui n'ont pas décroché ce sésame, notamment, ont des chances à saisir dans l’économie marchande. Le voyage du Céreq au pays de la débrouille, dans le Var, a montré que, même dans la crise, ceux qui ont quitté le système scolaire très tôt arrivent à trouver du travail et s’insèrent mieux qu’on ne l’imagine souvent. C’est l’une des facettes des perspectives ouvertes par l’économie de proximité - pas seulement aux jeunes : avec le vieillissement de la population et les nouvelles aspirations individuelles, les métiers du « lien social » vont se développer - tout particulièrement dans l’aide et le soin à la personne. Ils seront les premiers pourvoyeurs d’emplois de la décennie actuelle :

Aux Etats-Unis aussi, « le vieillissement de la population » structurera largement l’économie. Cette infographie présentant les emplois qui progresseront le plus rapidement dans les dix prochaines années le montre nettement : avec 12 métiers dans le top 20, les soins à la personne font largement la course en tête.

Les emplois de l'avenir

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Infographie Zaarly - Via Ithing.com

On peut résumer les tendances marquantes de l’emploi aujourd’hui et demain ainsi :

  • La France manque d’ingénieurs. Ceux qui choisiront cette voie seront très demandés.
  • Les métiers liés à la gestion des risques (économique, santé au travail, sécurité sanitaire) se développent, les entreprises et collectivités ont un grand besoin d’expertise dans ces domaines.
  • Les métiers de l’environnement, malgré certaines déceptions récentes, sont appelés à se développer et les métiers existants vont se « verdir ». Les formations qui intègrent ces transformations sont porteuses.
  • Avec le vieillissement de la population et les nouvelles aspirations, les métiers du « lien social », d’aide et de soin à la personne au premier chef, se développent et se professionnalisent – ce qui ouvre de véritables perspectives de carrières.
  • L’économie de l’immatériel offrira des emplois toujours plus nombreux.

Les emplois de l'avenir

Pour en savoir + :

- Perspectives d’emploi à court terme :

- Perspectives d’emploi à moyen terme : l’étude du CAS et sa synthèse par l’Atelier de l’Emploi.

- Perspectives d’emploi à plus long terme :

 

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