Publié le 9 octobre 2013

"La France n'a pas été la première à s'emparer de la flexisécurité [...]. Mais aujourd'hui, on ne nie plus que l'économie se nourrit de la capacité d'adaptation des entreprises qui se fait, à la marge, avec une flexibilité des emplois. Des offres d'emploi apparaissent tous les jours ; il faut savoir apporter des compétences en regard pour ne pas se retrouver avec des centaines de milliers d'emplois non pourvus".

Que vient changer la loi de sécurisation de l'emploi ? Pour Franck Bodikian, ce nouveau cadre légal correspond à ce qui est en train de changer "dans l'esprit des entreprises et des salariés : le CDI est peut-être un statut idéal mais pour se rapprocher de l'emploi, au cours d'une carrière, il faut parfois accepter d'avoir des situations plus temporaires et qui permettent précisément de rester dans l'emploi". Pendant de cette nécessaire flexibilité, la logique d'accompagnement et de sécurité, avec de nouveaux droits pour les salariés.

Et après l'ANI, la signature d'un accord créant le CDI intérimaire constitue une nouvelle étape. Franck Bodikian en résume l'esprit : bâtir un contrat qui sécurise, en assurant "des enchaînements de mission réguliers et un revenu mensuel lissé sur la période" et qui, d'autre part, "rapproche de l'emploi", en collant mieux à la demande :

"De nombreuses entreprises ont des besoins en compétences qui ne sont pas pourvus. En tant qu'opérateurs de l'emploi, nous sommes en capacité d'identifier ces "métiers en tension" et de former des salariés qui pourront répondre durablement à cette demande, sur ces secteurs".

Les autres éléments de l'intervention de Franck Bodikian :

  • Conjoncture. Au-delà du baromètre Manpower des perspectives d'emploi et des 86% d'employeurs qui n'envisagent pas de recruter avant la fin 2013, Franck Bodikian rappelle que "l'intérim, indicateur avancé de l'emploi, a connu de bons mois en 2013" : "la courbe d'infléchissement est en de train de s'arrêter, et la reprise est attendue pour la fin 2013-début 2014".
  • Formation professionnelle. La formation professionnelle ne doit pas perdre son principal objectif de vue : "adapter les compétences aux besoins des entreprises" et "maintenir ou rapprocher de l'emploi", en prenant en compte les situations au cas par cas. "Le plus important est d'entrer dans l'emploi plutôt que de ne pas y être", y compris par "la petite porte".
  • Emplois non pourvus et difficultés de recrutement. "L'inadéquation de géographie et de compétence" est la première responsable des emplois non pourvus, dans l'hôtellerie-restauration, l'aéronautique, la tuyauterie, les services à la personne. "Bien former, c'est répondre à la nécessité d'adéquation entre les demandes des entreprises et les compétences disponibles. Aujourd'hui, deux mondes se regardent..." 

> Voir la vidéo sur le site de Décideurs TV

> Interview d'Alain Roumilhac, PDG de ManpowerGroup France : "Le CDI intérimaire, une étape décisive dans la création d'une flexisécurité à la française"

> Interview de Martine Gomez : Derrière le CDI, l'autre nouveauté de l'accord sur la sécurisation de l'emploi dans l'intérim

> "L'intérim vu par les intérimaires : une seule direction, l'emploi"

> L'enquête mondiale "Pénuries de talents 2013"

 

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