Publié le 21 janvier 2015

A l’invitation du site Jobsféric.fr, Carole Couvert, présidente confédérale CFE-CGC, Sébastien Van Dyk, Directeur Général Stratégies et Opérations RH de ManpowerGroup Solutions et Nicolas Rolland, directeur innovation et culture chez AXA, ont débattu ensemble des nouveaux enjeux auxquels sont confrontées les organisations face à la révolution digitale. Nous reproduisons ici les principaux points de cette table ronde.

"Tous ces business models en train de naître créent de nouvelles places de marché"

L'entreprise se transforme. L'idée est loin d'être nouvelle. Mais avec la digitalisation, le sujet est devenu pressant, permanent. Voire une question de survie. Car si les géants d'aujourd'hui (Amazon, Google, Facebook, etc.) sont nés du digital et ont développé leurs activités sur et par le numérique, comment les entreprises traditionnelles peuvent-elles s'emparer et s'approprier elles-aussi cette transformation ?

Pour Sébastien Van Dyk (ManpowerGroup Solutions), les entreprises traditionnelles "doivent intégrer le numérique et le digital dans leurs fonctions pour s'assurer de pouvoir vivre avec leurs collaborateurs aujourd'hui, avec les compétences dont elles ont besoin. Dans le futur, elles vont pouvoir se confronter à ces nouveaux acteurs numériques, car tous ces business models qui sont en train de naître créent évidemment une nouvelle place de marché sur laquelle tout le monde joue, avec son métier "du passé" et son métier de l'avenir. Se réinventer est donc une nécessité."

Une réinvention qui s'opère notamment en fonction des usages des clients/consommateurs, précise Nicolas Rolland (AXA) : "Aujourd'hui, les clients des sociétés de banque et d'assurance sont capables de pouvoir comparer [en ligne] les différentes assurances, ce qui était impossible à imaginer il y a encore une dizaine d'années. On s'aperçoit que l'instantanéité et l'accès à l'information ont créé une exigence de plus en plus importante en termes de services" .

> Lire aussi Comprendre les transformations de l'entreprise et les accompagner

Penser la transformation digitale comme "une nouvelle collaboration"

ideas-light-transformation-entrepriseMais au-delà des stratégies business et des questionnements sur des modèles économiques que l'on croyait indépassables il y a quelques années encore, la transformation est aussi - et peut être surtout - un enjeu humain. Un enjeu sur lequel il est nécessaire de se pencher de manière durable, et non plus au cas par cas, lorsque les problèmes éclosent, comme cela a trop souvent été le cas dans de nombreuses entreprises.

Car si, en vingt ans, la transformation digitale a par exemple "permis d'automatiser et d'optimiser beaucoup de coûts dans les entreprises, notamment dans les back offices et dans "la gestion du quotidien"", elle n'a pas systématiquement provoquée une véritable réflexion de fond, par exemple sur la possibilité de créer une "nouvelle collaboration" au sein de l'entreprise, déplore Sébastien Van Dyk.

Une "nouvelle collaboration" qui fait sens pour Carole Couvert (CFE-CGC), et qui a même permis, selon elle, de "repenser les modèles du syndicalisme", pour passer "d'un syndicalisme de posture et de discours, à un syndicalisme d'action". Concrètement, des plateformes participatives ont été développées pour que les 160 000 adhérents CFE-CGC puissent contribuer directement à la vie du syndicat. Et d'ajouter : "Nous avons aussi expérimenté le développement d'applications comme "Made in emplois" pour donner des informations directes aux salariés".

Le digital, loin d'être vu comme une contrainte, apparaît comme une opportunité pour refonder la relation entre les salariés et l'entreprise et, plus largement, entre les personnes elles-même.

Comment co-construire la co-responsabilité ?

La transformation digitale s'opère en effet à tous les étages et concerne toutes les fonctions et les parties prenantes d'une entreprise. Si elle a un impact sur sa stratégie, "Ltransformation digitale doit surtout avoir un impact d'un point de vue RH puisque le capital humain doit être associé totalement à cette transformation", insiste Sébastien Van Dyk

C'est véritablement par la co-construction de la co-responsabilité, qui passe par l'employeur, les collaborateurs et les partenaires sociaux, que l'entreprise va réussir le processus : ces trois parties prenantes "doivent s'assoir autour de la table, aussi bien au moment de définir la vision que lors de sa mise en œuvre".

L'association tripartite, la diffusion de l'information et de la pédagogie sont assurément les ingrédients du succès, permettant ainsi de comprendre les résistances profondes au changement de culture d'entreprise induites par la transformation digitale. Et, ainsi, de mieux l'accompagner.

Pour Sébastien Van Dyk, "L'enjeu est pouvoir intégrer toutes les populations pour pouvoir les emmener et les accompagner vers cette transformation"Un rôle, qui revient essentiellement aux RH qui, au-delà de l'accompagnement, doivent savoir anticiper voire piloter la transformation digitale.

 

Retrouver l'intégralité de cette table ronde Jobsféric en vidéo :

 



 

 

Crédits images : m.a.r.c. & Ulrik Slot Christensen / Flickr.com / Licence BY SA-2.0 & BY NC-SA-2.0
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