Publié le 19 octobre 2015

ÉVÈNEMENT. Le jeudi 8 octobre, la Fondation ManpowerGroup a célébré  « La France Qui Vient » lors d'un événement ouvert au public, en partenariat avec HEC Paris. Retour sur cette grande journée par des étudiants, avec le Labo des histoires.

A l’occasion de cette journée, le Labo des histoires a accompagné des étudiants de HEC Paris et des jeunes d’Areli, association qui agit pour la promotion sociale des publics en difficulté, dans la réalisation d’un live-blog. Aujourd'hui, ils livrent leur regard sur ce qu'ils ont vus et entendus, les rencontres, prévues ou fortuites, dans un blog collaboratif.

L'Atelier de l'Emploi a le plaisir de partager avec vous ces réflexions sur la France de demain.

La rédaction est en place !

Bonjour à tous,

La rédaction officielle de la journée « La France qui vient » est en route. Une partie de l’équipe, coincée dans les bouchons de la N118, regrette l’absence de débats sur les transports franciliens. Le reste de la rédaction est victime du décalage horaire entre Lille et Paris mais saura combler son retard.

La France qui vient … arrive !

Première table ronde : Eduquer

9h25 – Alarmés, étant nous-mêmes étudiants, nous apprenons que nous sommes mal formés ! Nicolas Sadirac, directeur de l’école 42, explique qu’un écart se creuse aujourd’hui entre la formation des jeunes et ce que recherchent les entreprises. Le système de transmission des connaissances est dépassé. Nous nous félicitons d’avoir délaissé nos salles de cours aujourd’hui !

Monsieur G. : « La France qui vient, vient en famille »

9h33 – Errant devant la librairie car arrivé en retard, Monsieur G. nous parle de son parcours. Parti d’une grande boîte pour fonder une start-up avec son fils, il nous vante les mérites de la solidarité familiale : « On sent une certaine solitude lorsqu’on quitte un grand groupe; la famille au sens large, le réseau, c’est très important ».

Lecteur avide de littérature manageriale, Monsieur G. nous parle avec affection de son associé: « Mon fils est un mec plutôt sympa mais n’ose pas demander de l’aide. La famille permet de résoudre ce problème ».

#LaFranceQuiVientEnFamille

L’école, bientôt gratuite ?

9h36 – « Pourquoi payer une école si tout est disponible sur internet?… » Cette question posée par Bernard Belletante, directeur d'EMLyon Business School, nous laisse perplexes, nous qui souscrivons des prêts étudiants importants pour financer nos études ! Tout est-il vraiment accessible sur internet ? Le virage des MOOC est certes bien amorcé, mais il reste encore du chemin à parcourir, surtout en France.

Homme vs Ordinateur

9h42 – « On le sait, l’ordinateur est meilleur que l’être humain. », déclare Emmanuel Davidenkoff. Lui-même reconnaissait pourtant dans le Le Tsunami Numérique que si la machine pouvait certes concentrer des savoirs encyclopédiques et répéter des explications sans la moindre lassitude, seul le professeur pouvait transmettre une passion à ses élèves ou détecter en eux des talents ou des blocages…

Un peu de philosophie

9h55 – Devant un assemblée hilare, David Abiker assume sa décision d’avoir envoyé sa fille en filière littéraire, « spécialisation art ». Les khâgneuses de la rédaction applaudissent. Pour le journaliste « L’ennui est une vertu », le smartphone un « puits dangereux ». La France qui (re)vient au plaisir d’apprendre et d’entreprendre? Ce n’est pas Nicolas Sadirac, en jean/baskets, qui dira le contraire.

#PlaisirDApprendre #LitteratureEtPoesie

De l’avenir du livre

10h17 – David Abiker et Nicolas Sadirac discutent de la place de l’écrit dans l’éducation : elle n’est pas en danger, au contraire, mais prendra une forme de plus en plus dématérialisée – l’école 42 a d’ores et déjà fait l’économie d’une bibliothèque. La rédaction, assise devant son MacBook, ne peut qu’acquiescer.

Girl Power

10h23 – « Pourquoi si peu de filles à l’école 42 (11%) ? » La rédaction est curieuse d’entendre ce que les intervenants, tous des hommes, vont répondre à cette question, posée par une journaliste du magazine Elle. Pour eux, encore trop d’inappétence et de conditionnement social expliquent cette situation. Vos zélées rédactrices s’associent à cette exaspération générale.

CQxyhryWEAAg67tClasses préparatoires

10h30 – Trop de questions sur les classes préparatoires ? Nicolas Sadirac s’insurge contre un système injuste qui encourage la reproduction des élites et pêche par son manque de diversité sociale. Bernard Belletante rassure l’auditoire : les classes préparatoires ne représentent que 20% des étudiants de son école ! Le problème relève plus de l’ordre des mentalités et des représentations. Et le numérique dans tout ça ?…

Aux jeunes de vendre du rêve !

10h35 – David Abiker incite les jeunes à « vendre du rêve », mais où sont les jeunes aujourd’hui (hormis notre petite équipe de rédaction) ? Au détour d’un café, les jeunes de l’accueil chez Michel et Augustin nous avouent qu’ils s’attendaient à voir des profils beaucoup plus variés aujourd’hui. En pleine cité universitaire, ils n’ont pour l’instant croisé que très peu d’étudiants…

Réactions à chaud

10h40 – « Super » et « Pertinent » : c’est la réaction à chaud de Madame M. suite au débat « Eduquer ». DRH au sein d’une école d’ingénieurs, celle-ci déplore que les femmes soient sous-représentées dans son école mais se réjouit de voir leur nombre augmenter d’année en année. Elle a apprécié assister à un débat avec de réelles confrontations et souhaite que l’on incite les jeunes constituant « La France de demain » à entreprendre, à être des créateurs d’emplois et non pas seulement des demandeurs d’emplois à la sortie de leurs études.

La parole aux jeunes !

11h10 – Deux points de vue rafraichissants sur la France qui vient: les jeunes Bordelais de la mission locale ont partagé avec nous leur enthousiasme sur cette journée et les interviews déjà réalisées. Jeunesse, innovation et insertion sont pour eux les moteurs de la journée.

Connexions solidaires, projet d’insertion sociale par le numérique, nous a grandement intéressés: voilà un projet concret, ancré dans la réalité et qui implique les jeunes dans la France qui vient.

N’hésitez pas à aller parler avec eux de leurs projets au Salon des initiatives.

#MissionLocaleBordelaise, #ConnexionsSolidaires, #LesJeunesAvecLaFranceQuiVient

Un air de Buenos Aires à Paris…

11h30 - Lui c’est Roberto. Il parle avec cet accent typique de Buenos Aires, le porteño et ses » y » prononcés « ch », ses « vos » et ces « che ». L’accent trahit l’ascendance italienne d’une bonne partie des habitants de la capitale argentine.

Elle c’est Pilar de Rosario, la » ville de Che Guevara » précise t-elle pleine de fierté. Ils sont là, dans les jardins de la Cité universitaire, à fumer un « pucho » (cigarette dans le dialecte de Buenos Aires).

Pourquoi eux et pas les dizaines d’autres qui profitent du pâle soleil parisien ? Raison sentimentale disons… J’ai vécu plus d’un an à Buenos Aires, mélange subtil de Paris pour l’architecture, Madrid pour le chauvinisme et Rome pour l’indolence dans la fournaise urbaine. Et dès que je crois reconnaître l’accent chantant et suave des rives de la Plata, je ne résiste pas à l’envie de mobiliser mes restes de la langue de Cervantès pour tenter la conversation. Avec les Argentins, on est rarement déçu : je n’ai jamais rencontré de peuple plus prompt à la » charla « .

Ils aiment Paris. On l’entend, on le ressent. Pour eux l’Europe c’est le "primer mundo" . L’Amérique du Sud le » tercer « . Ici c’est » propre, ordonné « , un leitmotiv chez les gens de Buenos Aires. Ici, c’est » beau et calme « . Ici c’est » Paris, tout simplement « . Sourire enjoué, on envie presque leur plaisir d’expat.

CQz5nIIWUAQSPa1Les Porteños se considèrent non sans une certaine pointe d’arrogance comme fils et filles de l’Europe. De fait, la majorité d’entre eux descend de migrants venus du Vieux continent tenter la grande aventure dans la Pampa sud-américaine au XIXème siècle. Nouvel Eldorado. Terres à conquérir. Affaires juteuses en vue. Ou tout bêtement fuir la misère…

Notre jeune couple n’échappe pas à la règle : lui est d’ascendance allemande, elle est italienne et espagnole. Grâce au jus sanguinis, le droit du sang en vigueur en Allemagne et en Italie, ils sont citoyens européens, représentants d’un rameau planté voilà près de deux siècles de l’autre côté de l’Atlantique.

Leur projet ? « Apprendre de ce continent » qui est aussi le leur. Rentrer en Argentine avec une nouvelle expérience. Ils aiment leur pays et pour un Argentin, ça passe par une critique sans concession. Mais gare à l’étranger qui oserait dire un mot négatif sur le pays ! La critique est un privilège réservé à ses seuls enfants…!

Je chambre Roberto en l’appelant » El Alemàn » (l’Allemand). Regard outré, sourire fier et réplique qui tue : » Yo soy argentino hasta las pelotas ! » (Je suis argentin jusqu’aux cou***** !) Je le crois sans problème !

La question à poser : qu’est ce qu’ils pensent de la France de demain, objet de la journée d’aujourd’hui ? « Elle sera toujours meilleure que l’Argentine d’aujourd’hui ! »

Recette pour une entreprise innovante

12h20 – Le maître mot de l’intervention de Yann Gozlan, convaincu à juste titre que « les projets à plus haut potentiel sont ceux issus de la rencontre de plusieurs professions », restera sans doute la diversité. Le cofondateur de Creative Valley, un incubateur parisien d’entreprises du numérique, s’efforce d’y cultiver une variété des profils, des tranches d’âges et des nationalités, afin de permettre de fructueuses rencontres entre des chercheurs en biologie, des codeurs, des managers, des designers…

La créativité selon Emmanuel Davidenkoff

12h00 – La créativité ne s’enseigne pas : elle se pratique ! Si le Labo des Histoires s’efforce de l’encourager par des ateliers d’écriture créative, c’est précisément pour pallier sa sous-valorisation dans le système éducatif français. Tandis que naissent aux Etats-Unis des « fab labs » et des cours de « design thinking », la France continue d’accorder une place beaucoup trop importante à l’apprentissage de connaissances par coeur, pourtant condamné à l’obsolescence par la progression du numérique. Miser sur les travaux de groupe, la capacité à résoudre des problèmes, à gérer les relations humaines, à inventer, c’est l’opportunité que les universités doivent saisir pour se distinguer des classes préparatoires, mais aussi des MOOC. Il s’agit de former des créateurs, des faiseurs qui laisseront le quantitatif et les tâches techniques aux machines pour se concentrer sur le qualitatif et la valeur ajoutée.

What makes sense…

12h10 – Votre chère rédaction s’emballe: enfin un intervenant pour représenter la jeunesse! Alizée Lozac’hmeur, ancienne élève d’HEC, vient nous parler de l’économie sociale et collaborative. Jeune diplômée, persuadée que les nouvelles technologies sont les solutions aux problèmes du monde de demain, elle s’intéresse aux nouvelles plateformes d’entrepreneuriat collaboratif, qui allient compétences digitales et recherche de sens. Avec MakeSense, de jeunes entrepreneurs permettent aux utilisateurs de recréer des communautés de partage à l’échelle locale. Partage et technologie, ici on dit oui!

#LaFranceCollaborative #EconomieDuPartage

La France qui vient… dans tous les sens

eduquer12h20 – Réaction de Monsieur L. suite au débat « Éduquer »

Que lui reste-t-il après avoir assisté à cette conférence ?
Monsieur L. s’est senti perdu, il déplore un débat qui « part dans tous les sens », des questions laissées sans réponses malgré la présence sur scène de professionnels passionnants.

il revient sur le débat autour des classes préparatoires, nous parle avec passion des universités d’excellence que l’on trouve à l’étranger, s’interroge à propos de la mobilité des jeunes, de l’accès aux études supérieures des plus défavorisés, autant de thèmes qui n’ont pas (ou peu) été abordés, à son grand regret.

Son conseil : allez voir ce qu’il se passe à l’étranger !

#LaFranceQuiVientDansTousLesSens
#LeMondeQuiVient

Nos champions cachés

12h45 – Entreprendre c’est fonder, créer mais c’est aussi consolider, pérenniser et développer affirme Stephan Guinchard. La France qui vient doit accompagner ses champions cachés, ces PME et ETI trop souvent oubliées au profit des grands groupes et des jeunes startups. Il faut donc réorienter les jeunes vers ces entreprises, pousser les consommateurs à acheter du Made in France et reconnaître les autres profils d’entrepreneurs que l’entrepreneur créateur. #Entreprendre, #ChampionsCachés

Mécène ! Mécène !

13h15
- Quoi ??!!! T’es pas mécène de la Cité internationale universitaire de Paris ?
- Nan. C’est quoi ?
- Un réseau international, universel, intersidéral, une » Société des Nations de la jeunesse « , un campus de rêve, des jardins avec du vrai gazon, des cendriers avec du sable humide dedans pour éteindre tes clopes en moins de deux secondes chrono et des hôtesses d’accueil!
- Ah ok. Quoi d’autre ?
- Des anciens étudiants prestigieux qu’on appelle allumni parce que c’est trop la classe de donner des noms latins ! Najat Vallaud-Belkacem, Aimé Césaire, Patrick Modiano qui a reçu un Prix Nobel ! Jean-Paul Sartre, le bigleux le plus intelligent de tous les temps. Et le summum de la classe : Henri du Danemark !
- …
- Ah ça t’en bouche un coin hein ! Eh ouais mon pote, le mec de la reine du Danemark a pris des cuites à la Cité internationale universitaire lui aussi !
- Ca rapporte beaucoup ton truc ?
- 2 millions d’euros par an ! Et ça augmente, tellement qu’on est beaux et intelligents, tellement que tous les riches du coin veulent mettre de la thune chez nous !
- Y a qui ?
- Seb, BNP, Mazars, la banque Martin Maurel et plus de 360 autres ! On a essayé de choper la vieille Liliane Bettencourt mais elle a préféré investir sur un autre projet ambitieux appelé Sarko-Président. Apparemment, il s’agirait d’un p’tit teigneux qui veut devenir maître du monde.
- Et comment vous les attirez vos mécènes ? A la sortie des écoles ? Sur les marchés ? Dans des ruelles sombres et malfamées ?
- Nan ! Pas besoin de ça ! Ils arrivent à nous comme une mouche dans un pot de miel bio ! On les attrape avec des mots-clés du genre » axes de développement « , » projets d’avenir « , » coopération internationale « … ça flatte leur égo et ça soulage leur conscience ! Et là, à nous les pépettes ! Sortez le carnet de chèque et devenez les égaux des Princes de la Renaissance ô Puissants du monde !
- OK OK ! Une bière s’il vous plaît ! (il s’adresse au serveur du bar).
- 7,50 euros Monsieur !
- Voici 10 ! 2 euros de pourboire pour le sympathique serveur et… 50 cent pour ton école ! Parce que le savoir ne se marchande pas mon pote !

Welcome to the jungle!

13h20 – Renverser le métier de chasseur de tête! C’est le pari qu’a réussi Bertrand Uzeel en créant « Welcome to the jungle » il y a un an. Son but : permettre aux jeunes talents de choisir les entreprises qui les séduisent, de choisir « leur tribu », de leur donner envie de les rejoindre. Bel exemple d’entreprenariat, Bertrand Uzeel rappelle de ne pas entreprendre pour entreprendre, mais d’entreprendre pour donner du sens!

#entreprendre #DonnerDuSens

Où en est la « France qui vient » après une demi journée de débats?

13h50 – Juste avant que l’écran ne se rallume et que les débats ne reprennent…

Content du dynamisme et de l’optimisme des intervenants de la matinée, Bernard Nebout, Directeur de la Fondation Manpowergroup, nous livre sa vision pour « la France qui vient ». Une France qui va changer très vite, et surtout qui va changer du bas et horizontalement, non plus de manière verticale. En retard face aux autres pays? Certes, la France n’est pas leader en terme de révolution (surtout numérique), mais Bernard Nebout croit dans les start-up et la nouvelle génération innovante, et surtout se dit prêt à participer de manière active à ce changement. Un parti pris d’avoir fait du numérique un thème phare de cette journée de débats ? Bernard Nebout répond non, le thème s’est imposé de manière naturelle : impossible aujourd’hui pour une entreprise de ne pas avoir recours au numérique !

Réunir les « faiseux » : c’est possible !

15h05 – Revigorés par le dynamisme de Laure Belot et Alexandre Jardin, on est rassuré et heureux de voir des personnes avec des idées, des envies, des convictions en la capacité de la France à se relever et à faire! A l’ordre du jour : coopération des praticiens et des techniciens, réunion des « faiseux » en bouquets de solutions (et non plus en entrepreneurs, élus locaux et associations, les « trois grandes races de cocus » par excellence pour Alexandre Jardin !) et réduction de la dichotomie entre Paris et le reste de la France. Le péril est imminent, non il est déjà arrivé ! MAIS, c’est dans les situations de crise que les résistants à la fatalité se réveillent et agissent ! Quant au numérique, il est une partie de la solution, mais une partie seulement : un outil qui ne peut fonctionner sans un réseau humain. Alexandre Jardin pour le mot de la fin : « il n’y a plus d’élites, c’est en route et c’est super joyeux ! »

Dans les coulisses avec Alexandre Jardin

15h15 – Nous arrivons à échanger quelques paroles avec Alexandre Jardin, victime des feux de la rampe. Les écrivains sont-ils des diseurs ou des « faizeux »?… Pour Alexandre Jardin, très peu d’écrivains sont des « faizeux »! Raison simple à cela : il faut faire ce qu’on écrit et non pas écrire ce qu’on aimerait faire ! Le mouvement des zèbre a besoin de jeunes pour trouver des solutions à des problèmes qui touche la France entière, pour réduire des fractures sociales et géographiques insoutenables. Peu importe qu’il s’agisse d’élèves, d’une école, ou d’une association. Le problème n’est pas un problème de structure, c’est un problème de fond, qui ne trouvera sa solution que dans la motivation d’individus !

#faizeux #agir #jeunes

Impliquer les jeunes

apprenti-auteuil15h20 – Votre chère rédaction continue son tour du Salon des initiatives et a rencontré pour vous deux associations qui oeuvrent pour l’insertion des jeunes. UnisCité vise à promouvoir le service civique pour tous les jeunes et à favoriser ainsi les liens intergénérationnels et la responsabilisation de la jeunesse.

Quant aux Apprentis d’Auteuil, ils offrent aux jeunes en difficulté une prise en charge multidimensionnelle (formation, soutien à la parentalité, innovation pédagogique, premier emploi). Deux belles démarches de « faiseux », le terme star de ce début d’après-midi.

#UnisCité #Apprentisd’Auteuil #Faiseux

Lutter contre l’exclusion numérique

15h30 – Jean Deydier est directeur général d’Emmaüs Connect, une association qui se donne pour mission de faire du numérique un levier d’insertion pour les plus fragiles (chômeurs, migrants, sans-abri…). Le besoin en France est immense – près de 6 millions de personnes en France cumulent précarité sociale et précarité numérique. A nouveau, il s’agit de faire plutôt que dire : l’association a développé des plateformes d’aide à la navigation en ligne sur des sites tels que Pôle Emploi ou Caf.fr.

« Destruction créatrice »…

15h40 – Quand votre rédaction a vu arriver un paléoanthropologue au pupitre de la grande salle des débats, elle s’attendait à un cours magistral légèrement parfumé de naphtaline. Que nenni! Pascal Picq a captivé son auditoire en exposant les signes d’un changement de civilisation imminent. La perte du lien social, le bouleversement du rapport au savoir et une nouvelle manière d’appréhender la mort laissent craindre que notre « progrès » se fasse au détriment des générations futures, auxquelles nous devons laisser les moyens biologiques et culturels de définir leur propre vision du progrès.

Une France bien placée pour créer !

16h20 – Aider des nouvelles micro-entreprises dans la mode et la finance à trouver des financements avec Bpi-France, permettre à des jeunes de développer leur passion pour l’écriture grâce au Labo des Histoires.. Autant de façons de permettre de cultiver et de pratiquer la créativité en France, terrain pour les jeunes par excellence, faisant écho aux propos d’Emmanuel Davidenkoff ce matin! Le leader de demain : un manager artiste ? C’est le rêve d’Axelle Tessandier, consultante en Californie, qui nous apprend par ailleurs que l’ADN culturel de la France lui offre un réel avantage compétitif face aux USA! C’est ce qui lui permet de mettre en application la recette de Steve Jobs : permettre la fusion entre innovation et « liberal arts »… Faut-il partir à l’étranger pour prendre conscience des atouts de son pays ?

Crêpes d’humilité

Posté juste devant la Cité internationale universitaire de Paris, voici Akram, la trentaine, barbe et chignon. Il n’est pas souriant mais sympathique, il est concentré sur son boulot.

Son boulot ? Debout dans son food-truck depuis deux ans à faire des crêpes toute la journée. Salées, sucrées, à la viande, aux légumes, au fromage et tutti quanti. Il offre le thé à la menthe, parle des allées et venues, du public multinational, des étudiants de la Cité qui lui préfèrent le restaurant universitaire et ses insipides plateaux repas…

Le temps d’une crêpe au poulet, Akram me fait penser que si élites il y a, c’est aussi grâce aux petites mains qui les nourrissent, qui les entretiennent, qui lavent leurs locaux ou surveillent leur voiture… C’est à ces invisibles que je veux rendre hommage.

Innover localement !

16h42 – Près d’une heure après l’intervention d’Alexandre Jardin, Christophe Nicot, s’appuyant sur l’exemple des Midi-Pyrénées, incite son auditoire à faire, à entreprendre, et ce surtout à l’échelle locale! Votre rédaction découvre non sans surprise qu’il est possible de concilier milieu artistique et aérospatial, que l’acteur régional (personnage qu’elle ne connaît que très vaguement…) va devenir l’acteur économique principal de notre vie, qu’un conseil régional devient vite une banque d’affaire de proximité, et surtout que « l’innovation ne coûte pas cher » ! Bref, il reste encore beaucoup de possibilités à saisir localement pour innover !

Overdose de connexion ?

CQzW35vXAAAyvFh17h45 – Une femme. Un homme. Une journaliste. Un romancier. Une blonde. Un brun. Parité nickel.

Au programme : les élites sont-elles numériquement déconnectées ? Salle comble, moyenne d’âge 50 ans (au bas mot… 🙂 ), sièges confortables. 5, 4, 3, 2, 1, on lance !

Une intro très complaisante mais ce n’est pas grave : les intervenants n’ont pas été conviés pour être conspués en public, on le comprend.

Elle, Laure Belot est venue avec son bouquin, un pavé intitulé La déconnexion des élites. Il est devant elle, il est sa fierté et la raison de sa présence ici. Elle le dégaine quasiment à chaque question.

Lui, Alexandre Jardin est venu avec son bagout, sa verve, sa tchatche comme diraient les djeun’s !

On encense le pouvoir de la connexion : vecteur de croissance, nouveaux horizons, possibilités infinies, revanche sur un système bureaucratique forcément ankylosé… La novlangue fonctionne à plein régime.

Ce qui se dit n’est pas scandaleux mais manque d’audace. On reste sur sa faim et avec une question : et si les invités représentaient malgré eux ces » élites déconnectées » qu’ils dénoncent ?

Une nouvelle façon de voir le numérique

17h30 - Le débat « Connecter » a modifié ma vision du numérique. Moi, qui ne percevais auparavant que son aspect ludique, je le vois désormais comme un formidable moyen pour la société civile de mettre en œuvre le changement.

Au premier abord, on peut penser qu’avoir les yeux rivés en permanence sur notre tablette ou notre smartphone, en d’autres termes être sur-connecté, nous amène à être déconnecté de la vie réelle et des autres. Or ce n’est pas le cas puisque, derrière le numérique, il existe toujours un réseau humain pour le faire fonctionner.

Les interventions d’Alexandre Jardin et Laure Belot m’ont réellement permis de prendre conscience de l’importance du numérique et de son pouvoir. Cette prise de conscience m’incitera à être davantage connectée, à l’avenir, afin de mieux percevoir la réalité et participer à l’émergence de nouvelles idées riches en potentiel.

Un optimisme à toute épreuve ?…

17h31 – Jusqu’à présent, les remarques nous ont surpris par leur optimisme et leur foi en l’avenir… Mais Geneviève Férone introduit un contrepoint en rappelant combien il est urgent de régler la question climatique! La France de demain doit être solidaire, vivre une décarbonisation et s’interroger sur ce qu’est réellement le bien commun. Nous avons la chance de vivre une renaissance, ce qui n’est pas donné à chaque génération: à nous de la mener ! Cependant, attention: les réseaux sociaux font partie intégrante de notre nouveau paysage, ce qui ne veut pas dire que nous sommes dans « un monde de bisounours » – pour citer Dominique Turcq – et ce n’est pas parce que nous étendons notre carnet d’adresses que nous nous aimons tous les uns les autres…

Le Salon des Initiatives (suite et fin)

bleu-blanc-zebre17h40 – Vos deux reporters de choc ont terminé leur petit tour du Salon des Initiatives, à la découverte des projets de demain. Le mouvement Bleu Blanc Zèbre, initiative citoyenne lancée par le charismatique Guillaume Villemot et le célèbre romancier Alexandre Jardin, veut redonner du pouvoir aux actions citoyennes locales, par la constitution de « bouquets de solutions » applicables par tous. L’une de ces solutions, c’est Adie, une association qui finance et soutient les jeunes entrepreneurs dans leur projet de création d’entreprise. Un beau projet, visionnaire, pionnier et désintéressé, qui donne espoir dans la France qui Vient.

#LaFranceQuiVient #BleuBlancZèbre

Le vivre-ensemble

18h – Votre très dévouée rédaction, dans un dernier effort, assiste à l’exposé de Gilles Finchelstein qui clot cette journée de débat. Son introduction « I love long sausages and short speeches » nous arrache un soupir de contentement. De manière dense et concise, il nous livre une dernière note pessimiste sur l’avenir du vivre ensemble, dû au déclin du sens des valeurs individuelles du respect, du temps et du compromis. Il termine: « Les réponses sont entre vos mains ».

La messe est dite.

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