Publié le 28 mai 2015

"Aujourd'hui, un certain nombre de clients nous disent qu'ils souhaitent à nouveau - et davantage - faire appel à l'interim. C'est un bon signe pour l'emploi !", a expliqué Alain Roumilhac au micro de Nicolas Beytout, rappelant que l'intérim est un capteur avancé de santé du marché du travail : "Cependant, si l'état du chômage paraît devoir être moins négatif que depuis quelques années, je m'attends encore à des hauts et des bas pour les mois à venir."


"Menée dans 42 pays en interrogeant quelques 42 000 chefs d'entreprises de tout taille, l'enquête ManpowerGroup 2015 sur la pénurie de talents est aussi, en creux, un baromètre avancé des tendances de fond du marché de travail" a rappelé le Journal du Dimanche, au sujet de la grande enquête publiée la semaine dernière en France et dans le monde. Quels sont les secteurs éprouvant les plus fortes difficultés de recrutement, aujourd'hui ?

Aujourd'hui, ce qu'il manque sur le marché français, ce sont des ouvriers qualifiés, des travailleurs manuels, des ingénieurs, des techniciens et aussi, plus globalement, tous les métiers du service à la personne. On observe une pénurie de talents dès que le niveau de technicité augmente, c'est sans doute l'évolution de notre économie qui nécessite, pour réussir, d'être toujours plus pointues.

"Plus une entreprise est grande, plus elle connaîtra d'ailleurs des difficultés à recruter faute, bien souvent, d'adapter sa politique de ressources humaines à ses besoins" ajoute Judith Chetrit de BFM Business. En cause, un certain échec de l'apprentissage d'autant plus problématique qu'il "n'y a pas de meilleure façon d'apprendre un métier manuel que de l'exercer." a ajouté Alain Roumilhac. Il a aussi encouragé les acteurs à changer de vision sur la formation professionnelle et ses métiers, trop longtemps dévalorisés  : "Il faut que tout le monde reconnaisse que l'apprentissage est une voie royale d'intégration sur le marché de l'emploi pour un certain nombre de personnes."

> Lire la tribune d'Alain Roumilhac : La formation, première réponse au défi de l'emploi des jeunes dans le numérique

Alain Roumilhac est aussi revenu sur la spécificité de l'intégration dans le marché de l'emploi numérique :

Aujourd'hui, notre monde est en train de se numériser. Nous avons besoin de gens qui conçoivent et mettent en œuvre les systèmes, et de gens qui sachent les utiliser. En France, de belles initiatives ont été lancées notamment la Grande École du Numérique, lancée par le Président de la République, ou l'école 42 lancée par Xavier Niel. Du côté de ManpowerGroup, nous avons pris un certain nombre d'initiatives avec les régions pour proposer des formations courtes pour former aux métiers du numérique.

Soulignant l'importance de ne pas laisser de côté les formations courtes dans le numérique, le président de ManpowerGroup a évoqué les "Contrat Première Chance" mis en place par Proservia, l'entreprise de services du numérique filiale de Manpower, et qui "permet à des jeunes non qualifiés d’accéder à un emploi dans l’informatique grâce à des formations certifiées, à des process de tutorat et à un accompagnement sur le terrain".

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