Publié le 28 septembre 2015

Aujourd'hui, l'innovation ne se fait plus uniquement en circuit fermé... Avec l'avènement de l'open innovation, ou innovation ouverte, elle va au-delà des frontières de l'entreprise, transformant profondément le rôle des RH. Comment accompagner les collaborateurs dans cette évolution ?

> Lire aussi : Pourquoi les DRH doivent-ils s'ouvrir à l'open innovation ?

Défi n°1 : Encourager la créativité des collaborateurs

Croisement des disciplines et des compétences, mise en place de lieux ou de plateforme d'échange... L'innovation n'est pas un processus spontané mais il n'existe cependant pas de recettes toutes faites pour la stimuler. Dans la plupart des cas, les démarches visant à catalyser le processus créatif  exigent un travail sur la culture d'entreprise : il faut cultiver un esprit qui prône la curiosité et l'audace et ne pas hésiter à placer la coopération au cœur des processus managériaux.

Le challenge ? Inciter les collaborateurs à participer aux différentes projets en les responsabilisant et en leur offrant l'autonomie, le soutien et la confiance indispensables au déploiement de l'innovation. Faire confiance... et valoriser ! Pour cela, certaines d'entreprises optent l'incentive financière en rétribuant qui l'acceptation d'un brevet, qui la réalisation d'une idée tandis que d'autres préfèrent valoriser les acteurs de l'innovation par de la communication interne ou externe.

Défi n°2 : Manager l'innovation

Encourager les équipes à influer sur l'avenir de l'entreprise à travers l'innovation est essentiel. Dans certains cas, la restructuration de l'organigramme est un puissant levier. Il peut s'agir d'éliminer certains niveaux de management intermédiaires, de trouver des dispositifs permettant de multiplier les interactions entre les différents acteurs, d'opter pour un management transversal ou davantage basé sur un schéma bottom-up... Dans cette optique, la transversalité des hackerspaces et fab labs est une excellente source d'inspiration.

L'open innovation repose sur l'écoute. Quand il s'agit de co-créer avec les collaborateurs ou les clients, il faut donc pouvoir les laisser s'exprimer et surtout, apprendre à les entendre pour faire émerger idées et problèmes à résoudre.

Défi n°3 : Gérer la confidentialité autrement

Le principe même de l'open innovation implique une nouvelle définition des règles de propriété et d'exploitation mais aussi l'appréhension des problématiques juridiques liées au droit d'auteur, à la contrefaçon ou à la contractualisation d'une politique de rétribution des contributeurs, quels qu'ils soient.

Cela pousse à la réflexion sur un autre point essentiel relatif à l'encadrement des salariés : quelle politique mettre en place pour encourager le partage tout en évitant les "fuites" d'information ? Comment trouver un juste milieu entre un culte de la confidentialité empêchant la transmission des idées et la divulgation d'informations stratégiques critiques ?

Défi n°4 : Définir de nouvelles compétences clés

La faculté à innover dans une discipline n'est pas forcément liée au savoir-faire dans cette même discipline. Au contraire, le fait d'être expérimenté dans un domaine peut inhiber la capacité à sortir des sentiers battus. Les "faiseurs" ne sont pas tous des innovateurs et les innovateurs n'ont pas tous des profils d'ingénieurs ou de scientifiques. Pour Clayton Christensen, Jeff Dyer et Hal Gregersen, auteurs du Gène de l'innovateur, déployer l'innovation réclame des aptitudes au questionnement, à l'observation, au réseautage et à l'expérimentation.

Dans A Guide to Open Innovation and Crowdsourcing: Expert Tips and Advice , Gail Martino et John Bartolone (Unilever) identifient 6 compétences douces indispensables pour réussir un projet d'open innovation :

  • l'esprit intrapreneurial ou capacité à lancer des initiatives nouvelles
  • l'influence stratégique, c'est-à-dire l'aptitude à convaincre
  • les qualités de communication 
  • les qualités relationnelles - notamment la propension à créer des relations basées sur la confiance
  • l'apprentissage rapide
  • l'optimisme, essentiel pour évoluer dans un univers d'incertitudes !

Acteur majeur de l'open innovation, le DRH doit donc réfléchir aux besoins futurs en compétences liées aux modes de travail en réseau, mais aussi travailler à la ré-allocation des ressources et à la création d'un écosystème favorable aux dynamiques collaboratives...

Crédit image : CC0 Public Domain

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