Publié le 26 mars 2018

ETUDE. La transformation digitale impacte les compétences des collaborateurs au sein des organisations. C’est une véritable révolution, dont les effets concernent à la fois les métiers existants et ceux qui restent à inventer. Quelles fonctions, quels secteurs et quelles compétences sont les plus concernés ? Pour juger de l’impact réel de ces bouleversements à court-terme, ManpowerGroup dévoile une grande étude internationale, menée dans 42 pays. A contre-courant de certaines préconceptions, les résultats indiquent clairement que le match « Homme-robot » n’aura pas lieu.

Alors que la révolution numérique se caractérise par un déploiement d’une rapidité et d’une ampleur inédites, ManpowerGroup est allé à la rencontre de ceux qui la vivent sur le terrain, au quotidien. Dans une nouvelle étude exclusive, près de 20 000 employeurs, au sein de 6 secteurs d’activité dans 42 pays, ont accepté de répondre à diverses questions sur l’impact des transformations technologiques sur leur activité, leur organisation et leurs besoins.

Comment les organisations se préparent-elles ? Quels métiers, en leur sein, sont les plus concernés par ces bouleversements ? Comment anticiper ces changements majeurs et accompagner les collaborateurs dans leur trajectoire professionnelle ? Comment prévoir les futurs besoins en compétences ?

L’étude « Révolution des compétences 2.0 » de ManpowerGroup donne à voir un futur immédiat, qui met sur le devant de la scène de nouvelles compétences et de nouveaux métiers, bousculant les idées reçues sur tout remplacement de l’Homme par les robots.

Un apport net sur l’emploi au niveau mondial

Premier enseignement majeur de cette deuxième édition de l’étude, 86% des employeurs en France et dans le monde prévoient de maintenir ou d’augmenter leurs effectifs sur les 2 à 3 prochaines années. Une tendance positive, puisque ce chiffre est en progression de 3 points par rapport la précédente étude.

Les entreprises des 42 pays étudiés ne sont ainsi plus que 10% à envisager une diminution de leurs effectifs en raison des possibilités offertes par les nouvelles technologies, notamment l’automatisation – contre 12% lors de l’édition 2017.

Globalement, en 2018, dans 34 des 42 pays sondés, les chefs d’entreprise qui ont l’intention d’augmenter leurs effectifs sont majoritaires. Les employeurs se montrent particulièrement optimistes au Guatemala, au Panama, au Pérou, mais aussi aux Etats-Unis, où 25% des entreprises prévoient même que l’automatisation va favoriser le recrutement. Aux antipodes, les entreprises de l’Europe de l’est et des pays scandinaves ont des perspectives d’embauches moins optimistes.

Des métiers diversement impactés

S’il concerne tous les secteurs d’activité, l’impact de la transformation digitale n’est toutefois pas uniforme selon les fonctions. Parmi celles dans lesquelles les employeurs comptent le plus recruter, on trouve sans surprise l’IT : 14% des employeurs pensent augmenter leurs effectifs dans cette fonction, afin de poursuivre, voire d’accélérer leur transformation digitale.

Les embauches dans les fonctions de relation client, elles aussi, devraient rester dynamiques : 15% des employeurs comptent embaucher dans ces métiers à forte valeur ajoutée.

A l’inverse, les fonctions administratives sont celles qui prévoient les plus fortes réductions d’effectifs, en raison de l’automatisation des tâches les plus routinières. Quant aux intentions les plus contrastées, elles concernent la fonction fabrication-production : 24% des employeurs comptent augmenter leurs effectifs et 19% les réduire.

 

Dans ces métiers, certaines compétences deviendront obsolètes, d’autres émergeront, et les employeurs savent qu’ils devront largement repenser, voire bouleverser, leur organisation. Selon le World Economic Forum, 35% des compétences seront obsolètes d’ici à 2020, tous métiers et secteurs confondus.

À grande échelle, cette obsolescence accélérée exige une plus grande capacité à prévoir les compétences dont l’entreprise aura besoin et à accompagner les individus dans le changement et dans le développement de ces compétences.

Les compétences « humaines » de plus en plus valorisées

L’étude ManpowerGroup pose un constat sans équivoque : la digitalisation n’est pas systématiquement synonyme de réduction d’effectifs pour les entreprises. Il en ressort toutefois que les employeurs visent à mieux associer Hommes et technologie, afin de piloter efficacement la transformation en cours.

C’est pourquoi les entreprises recherchent désormais prioritairement des compétences comportementales, ou « soft skills », qui permettent de faire le meilleur usage des nouvelles technologies. Ainsi, 80% des entreprises qui prévoient d’augmenter leurs effectifs IT déclarent que la communication est la compétence la plus appréciée !

 

Parmi les compétences particulièrement recherchées, on retrouve également la créativité, l’organisation, l’empathie, la capacité à résoudre des problèmes complexes ou encore à collaborer. Corollaire de cette revalorisation mondiale de compétences proprement « humaines », les profils les possédant sont très demandés et donc… plus difficiles à trouver.


Un enjeu de formation pour les entreprises

Selon la dernière enquête menée dans 43 pays par ManpowerGroup, les employeurs sont aujourd’hui confrontés à la plus importante pénurie de talents observée depuis la récession. En France, les difficultés de recrutement persistent pour 23% des chefs d’entreprise interrogés.

 

Dans ce contexte, former les talents et accompagner les individus dans le développement de leur employabilité devient un enjeu crucial. Des programmes de reskilling accélérés sont nécessaires, avec des formations plus rapides, plus courtes et pragmatiques.

Au-delà des entreprises, l’employabilité des individus est en passe de devenir un enjeu sociétal. « Les entreprises doivent investir massivement dans la formation pour éviter la polarisation de la société », souligne Alain Roumilhac, Président de ManpowerGroup France. « Les nouvelles vagues du numérique – en particulier l’intelligence artificielle – pourraient accentuer le fossé entre les individus disposant des compétences, et les autres. Les premiers navigueront dans ce nouveau monde et s’adapteront quand les seconds risquent de s’éloigner de plus en plus de l’emploi ».

 

D’autant qu’en adoptant une stratégie de gestion des trajectoires professionnelles, les organisations se mettent en capacité de répondre à un besoin de plus en plus largement exprimé par les collaborateurs : ils attendent de leurs employeurs qu’ils leur offrent des opportunités d’évolution professionnelle.

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« Avec le bon mix de compétences, les individus tirent profit de la technologie plutôt qu’ils ne la concurrencent. En tant que dirigeants, les accompagner dans le développement de leurs compétences et les armer pour l’avenir forment le grand défi de notre époque. Identifier les compétences recherchées et garantir l’accès à l’emploi constituent ainsi la réponse à la révolution des compétences ».

Jonas Prising, Président-directeur général de ManpowerGroup

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