Publié le 5 décembre 2011

Le taux d'emploi des jeunes en France est faible (31 % en 2010), inférieur de plus de 7 points à la moyenne de l’Union européenne à 15, et leur taux de chômage s'élève à 22,5 % (supérieur de 2,5 points à cette même moyenne), rappelle la synthèse des principales données relatives à l’emploi des jeunes et à leur insertion récemment publiée par le ministère du Travail.

C'est pourquoi Alain Joyandet, député de Haute-Saône a été missionné par le Président de la République pour étudier les voies d'un développement de l’emploi des jeunes. Son rapport, initialement attendu pour décembre, sera probablement publié à la mi-janvier.

Alors que les auditions ne sont pas toutes finies, une conclusion paraît dores et déjà acquise, selon l'Actualité de la formation qui cite Alain Joyandet :

"Si on veut faire baisser le chômage des jeunes, c’est dans le secteur marchand qu’est la solution durable. [Car] huit mois après la fin de leur emploi aidé dans le secteur non marchand, 70 % des jeunes sont au chômage. C’est exactement le contraire dans le secteur marchand."

"La Machine à trier : comment la France divise sa jeunesse" aboutissait à la même conclusion. Dans son chapitre 7, l'ouvrage des économistes et sociologue Pierre Cahuc, André Zylberberg, Stéphane Carcillo et Olivier Galland considère que "les emplois aidés ne sont pas la solution magique" (p. 101). Pourtant, et même si cette part décroît, ils représentent encore un quart (24,4%) de l'emploi des jeunes, rappelait la synthèse du Ministère du travail.

Emplois aidés jeunes - évolution - DARES

Pour que les entreprises embauchent plus de jeunes, Alain Joyandet estime que

"il faut faire sauter les verrous en termes de correspondance quantitative entre certaines filières, par rapport aux débouchés."

Doivent être particulièrement étudiés, selon lui :

Dans cette perspective, l'Actualité de la Formation indique qu'une piste aurait été retenue : effectuer la dernière année du bac professionnel en alternance à temps plein en entreprise. Une solution qui, pour Alain Joyandet, "aurait comme conséquence de favoriser l’entrée des jeunes dans l’économie et satisferait aussi les entreprises."

En effet, le député de Haute-Saône indique que de nombreux employeurs auraient formulé le souhait d'"accélérer le cursus de l’apprentissage."

"J’entends les professeurs me dire que trois ans en alternance ce n’est pas la peine et qu’en deux ans, et un an en entreprise, on arrive au même niveau de qualification."

Cette solution présenterait l'avantage, outre ses apports en termes d'insertion, de libérer des places dans les centres de formation d'apprentis (CFA) sans créer de coûts supplémentaires.

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