Publié le 7 octobre 2011

La jeunesse française est coupée en deux ; certains s’en sortent, d’autres non. Cette césure est le résultat d’un système social élitiste, au sein duquel l’école et le marché du travail servent de machines à trier.

La conséquence est grave : les plus faibles sont implacablement éliminés, tout en étant pratiquement exclus des aides sociales jusqu’à vingt-cinq ans. Mis à l’écart d’une société "à statuts", le sentiment d’injustice qui les anime les écarte des urnes et des fondements de la démocratie. L’urgence à agir a été amplifiée par la crise ; c’est pourquoi les économistes Pierre CAHUC, Stéphane CARCILLO et André ZYLBERBERG ainsi que le sociologue Olivier GALLAND* ont écrit cet ouvrage.

Les émeutes urbaines de 2005 l’ont montré, les dangers sont réels pour notre société. La radicalisation est en cours au sein d’une partie de la jeunesse exclue dont le sentiment d’injustice alimente une défiance potentiellement explosive : près d’un quart des jeunes non diplômés pensent qu'il faut changer radicalement la société par une action révolutionnaire et la même proportion trouve que "mettre à la tête du pays un homme fort qui n’a pas à se préoccuper du parlement et des élections" constitue une bonne façon de gouverner.

Il est urgent de s’attaquer aux racines du mal : l’échec scolaire et les obstacles infranchissables que le marché du travail dresse devant ceux qui n’ont aucun diplôme - dont le taux de chômage est le double de celui de l’ensemble des jeunes.

Le système scolaire étant organisé pour préparer les jeunes au marché du travail tel qu’il est aujourd’hui, c’est à ce dernier chantier qu’il faut s’attaquer en premier. Il faut aussi faire sauter les verrous de notre système politique pour que les jeunes y trouvent leur place.

Pour des raisons aussi éthiques qu’économiques et sociales, nous ne pouvons pas laisser tant de jeunes sur le bord de la route. Des moyens existent pour leur offrir, sans céder au « jeunisme », une deuxième chance. Si nous acceptons la donne actuelle comme une fatalité, le risque d’une déflagration de la société grandira toujours plus.

N.B : avec cet ouvrage, la Fondation ManpowerGroup pour l’emploi lance sa collection « La nouvelle société de l’emploi », qui décrypte les ressorts et propose des solutions pour le nouveau monde de l’emploi.

* Les auteurs de "La Machine à trier" :

  • Pierre Cahuc, Professeur d’économie à l’Ecole Polytechnique, directeur du laboratoire de macroéconomie du Centre de Recherche en Economie et Statistique (CREST) de l’INSEE.
  • Stéphane Carcillo, Maître de conférences à l’université de Paris I Sorbonne, professeur associé au département d’économie de l’IEP de Paris.
  • Olivier Galland, Directeur de recherche au CNRS, directeur du Groupe d’Etude des Méthodes de l’Analyse Sociologique de la Sorbonne (GEMASS).
  • André Zylberberg, Directeur de recherche au CNRS, membre du Centre d’Economie de la Sorbonne (CES) et de l’Ecole d’Economie de Paris.
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