Publié le 14 septembre 2021

Après une année 2020 difficile, 2021 s’annonçait comme une période de reprise de confiance pour des employeurs français bien décidés à faire de cette crise une opportunité. Une tendance qui se confirme de façon éclatante au dernier trimestre de cette année avec des prévisions d’embauches exceptionnelles. Le Baromètre ManpowerGroup enregistre des chiffres record avec +37% d’intentions de recrutement, soit un bond de 28 points en trois mois. Fait tout aussi remarquable, l’ensemble des secteurs et des régions partagent ce dynamisme généralisé pour une relance effective et globale ! On vous explique tout.

Le Baromètre ManpowerGroup des perspectives d’emploi pour le quatrième trimestre 2021 a été réalisé dans 44 pays et territoires, entre le 14 juillet et le 3 août 2021 auprès de 44 945 employeurs issus d’entreprises privées et d’organismes publics, dont 1030 employeurs en France. L’étude analyse les données obtenues en réponse à une unique question : « Comment anticipez-vous l’évolution des effectifs de votre entreprise au cours du prochain trimestre, jusqu’à fin décembre 2021, par rapport au trimestre actuel ? ».

Le quatrième trimestre 2021 est sans conteste un cru extraordinaire, avec une prévision nette d’emploi (+37%) jamais atteinte depuis la création du baromètre ManpowerGroup en 2003. Anticipant une très forte reprise de l’activité, les employeurs sont bien plus optimistes quant aux possibilités de recrutement : le solde des intentions d’embauche a quadruplé par rapport à l’été, et a augmenté de 33 points en l’espace d’un an. À titre de comparaison, le précédent record, datant du premier trimestre 2020, n’atteignait que... +14%.
Cependant, cette embellie massive n’est pas sans poser ses propres défis, car les employeurs français peinent de plus en plus à recruter les profils correspondants à leurs ouvertures de postes, en raison du manque de compétences qualifiées.

 

« Ce baromètre reflète l’exceptionnelle capacité de rebond de l’économie française, commente Alain Roumilhac, Président de ManpowerGroup France. Le gouvernement a revu sa prévision de croissance pour 2021 : il tablait sur une progression de 5% de notre PIB, il anticipe désormais une croissance de 6%. Les perspectives des employeurs reflètent cette excellente tendance. Leur optimisme s’avère plus important que dans la plupart des autres pays européens ».

 

Une dynamique de recrutements au-delà des espérances sur l’ensemble de l’hexagone

 

Toutes les régions françaises affichent des prévisions fortement positives, et en très grande progression d’un trimestre à l’autre. Sur la période octobre-décembre 2021, les employeurs de la région Ouest annoncent un rythme d’embauches très solide avec le solde d’emploi net le plus élevé (+44%), suivi de ceux de l’Est (+40%) et de l'Île-de-France (+38%). Une dynamique également favorable est perceptible dans les régions Sud et Nord, avec respectivement une prévision nette de +34% et +31%.

Conséquence de cette envolée des intentions de recrutement : les prévisions font des bonds gigantesques entre le troisième et quatrième trimestre : +31 points dans l’Est et la région francilienne, +28 points dans l’Ouest, +24 points dans le Sud, et +23 points dans le Nord. Pour tous ces territoires, il s’agit, chaque fois, de records historiques, et ce depuis le lancement du Baromètre ManpowerGroup, il y a de cela près de deux décennies.

 

Grandes et moyennes entreprises dans la même optique d’embauches massives

 

Quelle que soit leur taille, les entreprises françaises affichent pour les mois qui viennent une prévision nette d’emploi favorable, en nette hausse par rapport au quatrième trimestre 2020. Les employeurs les plus optimistes se trouvent dans les grandes et les moyennes entreprises avec une prévision nette d’emploi de +43% et +42%. Dans les TPE, le rythme des embauches s’annonce tout aussi soutenu, avec une perspective nette de +33%. Tandis que dans les autres petites sociétés, elle est de +21% au dernier trimestre 2021.

Par rapport aux chiffres du troisième trimestre, cela représente un bond de +32 points pour les entreprises de taille moyenne, +31 points pour les TPE, +24 points pour les grandes, mais de seulement +5 points pour les petites PME de 10 à 49 salariés. Cette moindre performance trouve peut-être son explication dans une récente enquête de la Confédération des petites et moyennes entreprises qui montre qu’un tiers d’entre elles anticipent un statu quo, et un autre tiers un second semestre 2021 moins bon que le premier...

 

Du secteur de l’industrie à celui de l’hôtellerie restauration, l’heure est à la relance 

Dans tous les secteurs d’activité, les employeurs ont l’intention d’accroître leur masse salariale au cours de la fin de l’année. L’industrie en tête, culmine à +54 points ! En juillet, l’Insee faisait état d’une hausse soutenue de la demande pour les biens manufacturiers français, un sursaut qui devrait continuer à s’amplifier dans les prochains mois selon les dirigeants du secteur. Ces recrutements ont donc vocation à subvenir à cet afflux anticipé de commandes.

Les autres secteurs ne sont pas en reste et promettent de belles opportunités d’emploi. Retenons notamment celui nommé “autres productions” intégrant l’agriculture, la production et distribution d’énergie et les industries extractives (+44%) ou encore le commerce (+30%). Enfin, remontrée impressionnante pour le secteur de l’hôtellerie-restauration, grand rescapé de la crise, qui augmente de 31 points ses intentions d’embauche en un an. Un retour en force qui peine à trouver sa masse salariale, ce qui a pu mettre bon nombre de restaurateurs en difficulté cet été.

 

Les secteurs en pénurie de talents s’appliquent pour attirer les talents

Répercussion logique de la forte hausse des intentions d’embauche : la pénurie des talents se fait plus forte que jamais, alors que les employeurs ont besoin de nouvelles recrues. Comme le montre la nouvelle étude Talent shortage de ManpowerGroup sur la pénurie des talents, 79% des entreprises françaises déclarent avoir des difficultés à trouver les perles rares possédant les compétences recherchées. Il s’agit du chiffre le plus élevé depuis 15 ans, et ce depuis deux trimestres consécutifs. Pour pallier cette problématique et conscientes de leur rôle dans la montée en compétences des équipes et futures recrues, les entreprises s’appliquent à trouver des méthodes d’attractivité et de rétention. L’offre de formation pour monter en compétences est l’une des mesures privilégiées (35% des entreprises qui recrutent) afin de susciter des vocations.
C’est d’ailleurs d’un trois arguments d’attractivité mis en avant par les recruteurs avec la mise en place d’horaires de travail plus flexibles (37%) pour séduire des travailleurs ayant pris goût au télétravail, et la hausse des salaires (30%).

 

Avec des scores si élevés dans les intentions d’embauches, il est probable que les chiffres des prochains baromètres ne soient pas en mesure de rivaliser. Toutefois, en raison de la forte croissance qui est attendue en 2022, les perspectives d’embauche devraient rester malgré tout très favorables pour l’économie française. D’ailleurs, l’activité du pays devrait dépasser son niveau pré-Covid dès le premier trimestre !

 

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