Publié le 23 mai 2012

La presse s'en est largement fait l'écho : un sondage IFOP publié aujourd'hui montre combien la limite entre vie professionnelle/vie privée et la notion de "lieu de travail" s'effacent, surtout pour les cadres.

Connecté au smartphone pendant les vacances ?"Quand la vie des cadres rencontre leur vie privée", réalisé pour le compte de Good Technology, révèle en effet que plus de deux tiers des cadres (67%) continuent à travailler après avoir quitté leur bureau : le soir, le week-end, les jours fériés et pendant leurs vacances. Touchant particulièrement le BTP et le commerce, cette tendance se développe dans tous les secteurs d’activité et croît avec le nombre de diplômes - donc le niveau hiérarchique, en général.

La connexion, une addiction ?

Les 3/4 des cadres (73%) déclarent répondre aux mails professionnels depuis leur domicile et, à en croire l'étude, une véritable dépendance se crée : 70% disent ne pas pouvoir se passer de consulter leurs mails en dehors de la journée de travail, y compris lorsqu'ils sont malades (66% des réponses). Au total, ils estiment ainsi consacrer 4h par semaine à des activités professionnelles en dehors de leur lieu de travail, et la connexion wi-fi devient un critère de choix de sa compagnie aérienne...

Apparemment, les cadres voudraient qu'on les aide à déconnecter : suivant l'exemple de Volkswagen, qui coupe l'accès aux mails le soir, ils sont une majorité à souhaiter qu'il leur devienne techniquement impossible de consulter leur courrier électronique professionnel pendant les congés (57% des réponses) et les week-ends (54%). Dans le même esprit, Canon organise notamment une "journée sans e-mails" et Atos veut tout simplement supprimer l'usage du e-mail interne.

Les cadres seraient-ils tous des "workaholics" ? Pas totalement : on assiste aussi au phénomène inverse, d'irruption de la sphère privée sur le lieu de travail. Souvent, ils passent leurs appels téléphoniques personnels et surfent sur Internet "pour le plaisir" au bureau, pendant les "horaires de travail".

  • A noter : alors que nombre d'entreprises bloquent l'accès aux réseaux sociaux, ceux-ci n'arrivent qu'en 4ème position - après les courriers "traditionnels" - des activités privées réalisées au bureau.

Pas touche à mon smartphone !

L'impressionnant boom des technologies mobilesComme l'a montré le Centre d'analyse stratégique, les technologies mobiles sont le premier vecteur de cette "porosité" de la frontière entre vie privée et vie professionnelle : les cadres sont largement en tête des populations technologiquement les mieux équipées en général, d'appareils nomades en particulier -- smartphones surtout.

Si les cadres perçoivent des "dangers" pour leur vie privée (58 %) et leur sérénité (57% ressentent un stress accru), il est hors de question d'abandonner ces technologies car les avantages gagnent largement au jeu des comparaisons ; pour eux comme pour la grande majorité des jeunes, smartphone =

  • réactivité (81 %) ;
  • liberté et autonomie (72 %) ;
  • organisation (63 %)  ;
  • meilleure productivité (60 %).

Alors que, sur les 7 milliards d'êtres humains qui peuplent la planète, plus de 5,3 milliards sont des utilisateurs de mobiles (18,3 millions en France), l'infographie de ce mercredi - réalisée par Clicksoftware -montre que les technologies nomades sont déjà devenues incontournables au travail. Elle souligne aussi combien la mobilité peut soutenir la productivité.

Bref, le boom des technologies mobiles annoncé par Cisco fera probablement le bonheur des cadres si les entreprises savent s'organiser pour intégrer efficacement les bouleversements du travail et les transformer en vecteurs d'épanouissement.

Mobile-infographic
>>> Voir l'infographie d'origine

>>> Télécharger les résultats du sondage IFOP / Good Technology (pdf)

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