Publié le 9 décembre 2014

Tous les trimestres, un échantillon représentatif de plus de 1 000 employeurs français est interrogé : “Comment anticipez-vous l’évolution des effectifs de votre entreprise au cours du prochain trimestre, par rapport au trimestre actuel ?”. Leurs réponses forment le baromètre des perspectives d'emploi. Consulter l'infographie-bilan en fin d'article ou en cliquant :

Infographie - baromètre 2015

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Les signes les plus encourageants depuis 2008

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Une fois corrigé des variations saisonnières, la différence entre le pourcentage d'employeurs prévoyant d'embaucher et de ceux envisageant d'alléger leurs effectifs atteint un solde de +5. Ce solde a bondi de 4 points en un seul trimestre, pour atteindre un niveau plus observé depuis 7 ans, avant que la crise économique n'éclate. "Des chiffres évidemment de bon augure", commente Alain Roumilhac, Président de ManpowerGroup France :

"Effectivement, sur le terrain, certains de nos clients entrevoient quelques signes positifs : la baisse du prix du baril, conjuguée à la dépréciation de l’euro, redonne un peu de visibilité à ceux qui souhaitaient investir… donc embaucher. Par ailleurs, on observe une tendance sensible à la relocalisation de certaines activités des entreprises de taille moyenne. Quant aux PME, elles prévoient une légère hausse de leur carnet de commandes au premier semestre 2015, ce qui aura aussi un effet mécanique sur l’emploi."

Selon une récente enquête annuelle, les patrons de PME sont en effet de plus en plus à anticiper une hausse de leur activité pour 2015, et d'après un autre sondage, plus du tiers d'entre eux (TPE inclus) disent "avoir des projets de recrutements" pour l'année qui vient. Plus globalement, 2015 est attendu comme la première année de "stabilisation" du taux de chômage avant un authentique retournement de conjoncture. Faut-il aussi voir dans ce frémissement un effet de la "bonne dynamique" observée autour des accords de branche qui se succèdent dans le cadre du pacte de responsabilité ?

Le Parisien, analysant les résultats de ce baromètre, y voit en tout cas une "bonne nouvelle" mais préfère raisonnablement attendre avant d'y voir "une tendance durable", quand France Inter observe "manifestement un effet de rattrapage, mais aussi des anticipations meilleures dans les entreprises qui exportent".

Le Nord et l'Est commenceraient bien l'année

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Plus localement, les prévisions apparaissent également encourageantes : le solde est positif dans les 5 grandes régions étudiées. Et en comparaison avec les résultats observés il y a un an à la même époque, la tendance peut même être jugée très encourageante : seul les employeurs du Sud ne sont pas plus entreprenants que l'an dernier (solde stable, à +1), quand en Île-de-France (augmentation de 3 points du solde), et plus encore dans le Nord (+5 points) et le Centre (Est et Ouest : +6 points chacun), les projets de recrutements sont en nette hausse.

La construction, boulet de l'emploi ?

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Logiquement, la tendance est également à la hausse dans une large majorité des secteurs couverts par le baromètre. Sept des dix secteurs étudiés enregistrent ainsi une tendance à la hausse par rapport à l'an dernier, deux sont stables, et au final, seule la construction connaît une (sérieuse) chute de ses perspectives - un secteur qui avait déjà montré des signes inquiétants à l'automne, plombant les chiffres de l'emploi intérimaire (lui-même considéré comme un indicateur avancé des tendances sur le marché l'emploi).

Si l'industrie, à l'inverse, enregistre ce trimestre un retournement impressionnant - empêchant toutefois encore de parler de tendance durable -, ce sont les employeurs des services aux entreprises qui sont, comme fréquemment ces derniers trimestres, les plus optimistes (solde de +9, un record).

Monde : une reprise encore balbutiante

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Les résultats de l'enquête mondiale semblent aussi flatteurs : dans une très large majorité des pays étudiés, les employeurs disant avoir des projets d'embauches pour le prochain trimestre sont plus nombreux que ceux prévoyant d'alléger leur masse salariale. Toutefois, en comparaison avec l'année dernière, ce différentiel n'évolue positivement "que" dans 15 pays européens sur les 24 étudiés. La Finlande, les Pays-Bas, l'Italie et la Suisse sont notamment dans le rouge. À l'inverse, en tendance, la situation semble très sensiblement s'améliorer en Espagne et plus encore en Irlande, où, sur an, le solde net a bondi de 16 points.

Hors d'Europe, les États-Unis sont, comme la France, à leur niveau le plus haut depuis 2008 (mais à un solde, bien plus élevé, de +16). Enfin, si l'Inde et Taïwan trustent toujours les premières places avec des prévisions d'embauches qui n'en finissent plus de croître d'une année l'autre, les employeurs brésiliens et chinois, eux, sont bien moins optimistes pour le début d'année qu'à l'accoutumée.

Ressources :

L'infographie-bilan :

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