8 emplois sur 10 nécessiteront des compétences technologiques d'ici 10 ans

[Infographie] Les technologies sont l’avenir de l’emploi : comment mener les jeunes à elles ?

D'ici 10 ans, + de 80% des emplois nécessiteront de maîtriser les technologies. Mais les jeunes négligent les filières qui mènent aux métiers de demain. Comment remédier à cette désaffection ? Infographies.

Malgré la crise, l’emploi « scientifique et technologique » a augmenté de 4% entre 2008 et 2011 en Europe – le numérique est un puissant moteur de cette croissance. Pourtant, et malgré un grand nombre de jeunes disponibles en raison d’un haut niveau de chômage, les employeurs ont de grandes difficultés à pourvoir les postes qui requièrent ce types de compétences. Ce gâchis devrait s’aggraver si rien ne change : dans une infographie, Microsoft évalue à plus de 80% la proportion des postes qui nécessiteront de maîtriser les nouvelles technologies d’ici 10 ans. C’est notamment ici que se joue le futur de la compétitivité et de l’emploi.

Au coeur de la croissance, la pénurie devient très critique

Aux Etats-Unis, plus d’un million de postes (de scientifiques, docteurs, développeurs de logiciels, ingénieurs…) seront pourtant à pourvoir d’ici 2018 dans les secteurs liés aux sciences et technologies. Mais l’étude de Microsoft prévoit une baisse du nombre de diplômés du supérieur capables de satisfaire ces besoins : en 2020, seulement 16% des étudiants américains en licence se seront spécialisés dans ces filières. On comprend ainsi mieux pourquoi une véritable « guerre des Talents » technologiques prend forme.

La qualité de l’enseignement au ban des accusés

Une autre infographie, de la fondation philanthropique américaine Carnegie Corporation of New York (CCNY), invite à prendre le problème à la racine : malgré leur puissante dynamique de croissance et d’emploi, les filières scientifiques et technologiques (« STEM » en anglais, pour Science, Tehnology, Engineering, Mathematics) attirent de moins en moins les jeunes. Cette inquiétante désaffection prend racine dès le plus jeune âge.

Aux Etats-Unis, la qualité des enseignants serait en cause. 55% des élèves sortant du lycée ne sont pas préparés au niveau d’exigence des mathématiques dans l’enseignement supérieur. Ce chiffre monte encore si on considère les sciences dans leur ensemble : 70% d’entre eux ne sont pas préparés au niveau d’exigence en science. Conséquence de cette piètre qualité de l’enseignement, selon la CCNY : ces disciplines ne font plus sens pour les jeunes, les méthodes d’enseignement tendraient même à les décourager.

Redonner du sens : agir très tôt pour guider les jeunes vers l’avenir

Rejoignant ces enseignements de la CCNY, l’étude de Microsoft souligne l’importance de la sensibilisation. Car pour beaucoup de jeunes, le choix d’étudier dans cette filière se fait bien avant le supérieur : 1 élève sur 5 se décide même dès le collège. Or, la plupart des jeunes semblent bien mal guidés. Seul 1 étudiant sur 2 considère que son parcours dans le primaire et le secondaire l’a bien préparé. Et la moitié des étudiants du supérieur et des parents pensent que la préparation des étudiants aux carrières « STEM » n’est pas considérée comme une priorité pour les écoles du primaire et du secondaire. Il faudrait repenser l’enseignement en conséquence.

Pour redonner du sens, la bonne approche serait, selon la CCNY, d’établir des partenariats entre l’école (et, plus largement, les organismes de formation) et les institutions spécialisées ; faire entrer leur expertise à l’école raviverait la curiosité des étudiants et les aiderait à mettre en pratique leurs idées. Un choix qui pourrait s’avérer payant à tous les niveaux : 68% des étudiants qui décident de s’engager dans les filières scientifiques et technologiques sont avant tout motivés par le côté « stimulant et challenging ».


>>> L’infographie d’origine

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