Publié le 11 septembre 2018

BAROMETRE. La révision à la baisse des prévisions de croissance de l’économie française pour 2018 n’est pas sans conséquence sur le marché de l’emploi. Selon la dernière édition du Baromètre ManpowerGroup des perspectives d’emploi, même si les intentions d’embauche des entreprises françaises restent positives pour le dernier trimestre 2018, elles marquent un net ralentissement au niveau national. Dans ce contexte de prudence, certains secteurs, comme l’énergie et la construction, font toutefois montre d’un dynamisme notable.

Alors que le chômage continue sa lente décrue en France, les intentions d’embauche des employeurs interrogés par ManpowerGroup restent positives en France pour le 4e trimestre 2018. La prévision nette d’emploi, corrigée des variations saisonnières, atteint +2%, soit un recul de trois points par rapport au trimestre précédent. Une prudence généralisée chez les chefs d’entreprise français qui n’avait plus été constatée depuis le 3e trimestre 2017. D’une année sur l’autre, la baisse enregistrée est de 2 points.

 

Pour Alain Roumilhac, Président de ManpowerGroup France, les interrogations autour de la solidité de l’économie française expliquent en grande partie ce résultat :

« Ce baromètre est en ligne avec le ralentissement de la croissance de l’économie française. Les chefs d’entreprise adoptent une attitude plus prudente, même si les prévisions de croissance restent positives pour l’ensemble de l’année ».

La morosité gagne la région Île-de-France

En région parisienne, les intentions d’embauche tombent à leur niveau le plus bas depuis plus de 2 ans. Avec une prévision nette d’emploi s’établissant à – 5%, les employeurs se montrent particulièrement moroses pour le 4e trimestre 2018. Un décrochage mesuré à 9 points d’un trimestre sur l’autre et à 10 points d’une année sur l’autre.

Dans les 4 autres régions françaises, on constate un optimisme mesuré : les régions Sud et Ouest font état d’un relatif dynamisme avec un solde net à + 4%, en hausse de 2 points pour le Sud et de 4 points pour l’Ouest, en comparaison annuelle.

Dans le Nord et l’Est, les employeurs affichent un solde net d’emploi de +3%, signe que ces derniers n’envisagent qu’une variation modérée de leurs effectifs pour le 4e trimestre 2018.

Le secteur de l’énergie connaît un net regain de vigueur

Sur les 10 secteurs d’activité étudiés par le Baromètre ManpowerGroup, 7 comptent augmenter leurs effectifs, tandis que dans les 3 autres, les prévisions d’embauche diminuent. Dans le secteur de l’énergie, on constate une solide progression des intentions d’embauche : elles bondissent de 15 points par rapport au trimestre précédent et de 10 points en comparaison annuelle. Le rythme des embauches devrait donc s’intensifier significativement, avec un solde net de prévision d’emploi à +10% pour le 4e trimestre 2018.

Les secteurs de la construction et de l’agriculture restent également bien orientés, avec des intentions d’embauche se montant à +7% et + 5%, respectivement. Ces deux secteurs accusent toutefois un léger recul en comparaison trimestrielle.

Les chefs d’entreprise des secteurs de la finance, de l’industrie manufacturière, de l’industrie extractive et des services publics font, pour leur part, état d’une plus grande prudence. C’est dans le secteur de l’hôtellerie-restauration que le ralentissement le plus net est observé : les prévisions d’embauche, à - 3%, perdent 4 points par rapport au trimestre précédent et 5 points en un an.

La prudence est de mise dans les grandes entreprises

Dans les quatre catégories d’entreprises étudiées, les employeurs prévoient de renforcer leurs effectifs dans la période allant d’octobre à la fin de l’année 2018.

Toutefois, l’optimisme semble marquer le pas dans les grandes entreprises, avec une prévision nette d’emploi en recul de 6 points par rapport au trimestre précédent et de 3 points sur un an. Les intentions d’embauche restent toutefois largement positives, à + 8%.

C’est dans les entreprises de taille moyenne que les intentions d’embauche sont les plus fortes, avec une prévision à +12%. Les petites entreprises déclarent des intentions comparables, avec +10% d’intentions d’embauche pour le 4e trimestre 2018.

Le Japon et Taïwan confirment leur optimisme

Dans la période allant d’octobre à décembre 2018, les effectifs devraient évoluer à la hausse dans 43 des 44 pays et territoires couverts par l’enquête. En effet, seuls les employeurs suisses se montrent pessimistes (- 2%), anticipant une variation à la baisse de leurs effectifs.

Comme lors du précédent baromètre, le Japon détient la palme de l’optimisme pour les 3 derniers mois de l’année 2018, avec des intentions d’embauche à +26%. Taïwan, avec + 21%, arrive en seconde position, malgré un recul de 2 points, en comparaison trimestrielle. Les Etats-Unis maintiennent, pour leur part, des prévisions élevées (+19%), en progression de 2 points sur un an.

Dans la région EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique), c’est en Roumanie et en Slovénie que les prévisions d’embauche apparaissent les plus favorables : +19% des entreprises interrogées dans ces pays comptent augmenter leurs effectifs.

Sur l’ensemble des pays interrogés, la Suisse, l’Argentine, la France et l’Italie sont les pays qui rapportent les perspectives les moins optimistes.

-*-

Baromètre ManpowerGroup des perspectives d’emploi pour le 1er trimestre 2019. Publication des résultats : 11 décembre 2018

 

 

Ressources

 

A propos de l'étude :

Le Baromètre ManpowerGroup des perspectives d’emploi pour le 4e trimestre 2018 a été réalisé dans 44 pays et territoires, entre le le 18 et le 31 juillet 2018, auprès de plus de 59 000 employeurs issus d’entreprises privées et d’organismes publics, dont 1 001 employeurs en France. L’étude analyse les données obtenues en réponse à une unique question : « Comment anticipez-vous l’évolution des effectifs de votre entreprise au cours du prochain trimestre, jusqu’à fin juin 2018, par rapport au trimestre actuel ? »

Le chiffre de « prévision nette d’emploi » utilisé dans ce Baromètre est le résultat de la soustraction entre le pourcentage d'employeurs anticipant une hausse de leurs effectifs et le pourcentage d’employeurs anticipant une baisse. Il s’agit donc d’un solde net – pouvant être positif ou négatif – de perspectives d’emploi.

Les données sont corrigées des variations saisonnières afin de refléter au mieux la réalité des perspectives. Ces corrections permettent d’analyser les données en lissant l’impact des fluctuations saisonnières, qui se reproduisent normalement aux mêmes périodes chaque année. Les données ainsi corrigées sont donc plus représentatives sur le long terme. Précisons que les chiffres pour le Portugal ne sont pas corrigés des variations saisonnières.

Créé il y a plus de 50 ans, le Baromètre ManpowerGroup des perspectives d’emploi est élaboré chaque trimestre, sur la base d'un échantillon représentatif d'employeurs non issus du fichier des clients de ManpowerGroup.

- * -

Contact Presse

Marie Elissalde / 06 28 74 50 95 / 01 57 66 14 43

marie.elissalde@manpower.fr

 

Cet article vous a intéressé ? Partagez-le !