Publié le 8 décembre 2020

Bien que la période ait un petit goût de déjà-vu, les répercussions de ce second confinement sont néanmoins moins dramatiques que lors du premier. Les entreprises françaises prévoient un statuquo des intentions d’embauche pour le premier trimestre 2021. Cela représente, certes, une baisse par rapport au trimestre précédent alors que l’activité tentait de repartir mais reste tout de même très encourageant par rapport au troisième trimestre dont le contexte de sortie de confinement faisait écho à celui que nous traversons. Voyons cela de plus près.

Le baromètre ManpowerGroup des perspectives d’emploi pour le troisième trimestre 2020 a été élaboré à partir d’entretiens réalisés entre le 14 et le 27 octobre 2020, auprès d’un échantillon représentatif de 734 employeurs travaillant dans 7 secteurs d’activité sur 5 régions de France. Une question leur a été posée : Comment anticipez-vous l’évolution des effectifs de votre entreprise au cours du prochain trimestre, jusqu’à fin mars 2021 par rapport au trimestre actuel ? ».

Une perte de 4 points des prévisions nettes d’emploi pour commencer l’année, peut sembler de mauvais augure pour 2021. Néanmoins, comparé à la chute de 22 points enregistrée au troisième trimestre 2020 en sortir du premier confinement, cela représente en réalité une note d’espoir. L’heure est à la mise en place de nouvelles pratiques et à la reconstruction. Cela prend du temps et demande la mise en place de nouveaux modes de fonctionnement. Ce léger recul place en réalité les intentions d’embauche à 0%. Une accalmie qui pourrait symboliser la tempérance et la réflexion avant l’action lorsque l’on sait que 79% des employeurs interrogés envisagent de ne rien changer.
Autre composante à prendre en compte, celle de l’inégalité des répercussions de la crise sur les secteurs. Alors que certains secteurs ne vivent quasiment qu’en présentiel tels que l’hôtellerie-restauration, certains métiers ont été indispensables et en demande tels que la santé ou le commerce de première nécessité.

« Ce baromètre reflète les fortes incertitudes qui pèsent sur notre économie. Avant la deuxième vague de Covid-19, la Banque de France tablait sur une activité économique réduite de 8,7% en 2020. Aujourd’hui, on anticipe une contraction plus grave, de 10 à 11% du PIB sur l’année. Cela explique l’attentisme des chefs d'entreprise, notamment dans le secteur de l’hôtellerie-restauration, qui a perdu plus de 150 000 emplois depuis le début de la crise sanitaire. Pour autant, on n’observe pas, comme au printemps dernier, de diminution des intentions d’embauche », commente Alain Roumilhac, Président de ManpowerGroup France.

La majorité des régions touchées

Alors que 4 des 5 régions de France affichent des baisses entre - 4 et - 8 points de leurs prévisions de recrutement, l’Est tire son épingle du jeu et affiche + 3 points. Cela pourrait s’expliquer notamment par son activité. En effet, l’économie du Grand Est est caractérisée par le poids de son industrie et de son agriculture/viticulture, supérieurs à la moyenne nationale. A noter tout de même que bien que les régions Sud et Ouest perdent des points, elles affichent des intentions d’embauche positives. Il s’agit donc d’un ralentissement plus que d’une chute.

Les prévisions des entreprises à interpréter au prisme des saisons

Les grandes entreprises semblent moins souffrir des retombées du confinement puisqu’elles affichent + 2 points d’intentions d’embauches soit + 5%. Un chiffre, à priori, plus encourageant que pour les moyennes entreprises. Mais un regard en arrière, rappelle que les chutes enregistrées pour les grandes entreprises étaient trois fois supérieures aux moyennes. Aussi, ces chiffres reflètent un rééquilibrage des embauches sur toutes les structures.

Les secteurs inégalement touchés

Malheureusement pas de grandes surprises par secteurs. Alors que l’hôtellerie-restauration a été le secteur le plus touché par la crise du fait de son modèle économique, perd encore -10 points. Une chute continue depuis le troisième trimestre. Les autres productions incluant l’agriculture et les industries extractives continuent une progression modeste mais constante de + 1 point ce trimestre. Cela fait donc écho à la situation affichée dans l’Est de la France.

 

Si les prévisions sont au statuquo voir à une certaine régression pour débuter l’année 2021, elles ne doivent être aborder comme annonciatrice de la tendance de l’emploi pour l’année à venir. Ce premier trimestre est un période plus calme de reconstruction. En revanche, le trimestre suivant sera beaucoup plus décisif sur l’avenir de l’emploi en France et dans le monde.

--

RESSOURCES

 

A propos de l'étude :

Le Baromètre ManpowerGroup des perspectives d’emploi pour le 1er trimestre 2021 a été réalisé dans 43 pays et territoires, entre le 14 et le 27 octobre 2020 auprès de 37 717 employeurs issus d’entreprises privées et d’organismes publics, dont 734 employeurs en France. L’étude analyse les données obtenues en réponse à une unique question : « Comment anticipez-vous l’évolution des effectifs de votre entreprise au cours du prochain trimestre, jusqu’à fin mars 2021, par rapport au trimestre actuel ? »

 

Le chiffre de « prévision nette d’emploi » utilisé dans ce Baromètre est le résultat de la soustraction entre le pourcentage d'employeurs anticipant une hausse de leurs effectifs et le pourcentage d’employeurs anticipant une baisse. Il s’agit donc d’un solde net – pouvant être positif ou négatif – de perspectives d’emploi. Les données sont corrigées des variations saisonnières afin de refléter au mieux la réalité des perspectives. Ces corrections permettent d’analyser les données en lissant l’impact des fluctuations saisonnières, qui se reproduisent normalement aux mêmes périodes chaque année. Les données ainsi corrigées sont donc plus représentatives sur le long terme. Précisons que les chiffres pour le Portugal ne sont pas corrigés des variations saisonnières.

- * -

Contact Presse

Stéphanie Kanoui / 06 11 66 00 50

 stephanie.kanoui-ext@manpower.fr

 

 

Cet article vous a intéressé ? Partagez-le !