Publié le 20 décembre 2021

2020 a marqué un tournant dans la vie des entreprises. Les confinements répétés et le télétravail imposé, ont redéfini les modes de travail, et par conséquent les attentes et priorités des salariés. Repenser la QVT s’est révélé indispensable. Son nouvel acronyme– QVCT – permet de rendre visible et de traduire concrètement cette évolution. Que recouvre la QVCT et qu’est-ce que cela va changer ? Nos réponses à ces questions.

 

De la QVT à la QVCT ?

Lors de son apparition dans les années 70, la QVT était définie comme : « La capacité pour les salariés à s’exprimer et à agir sur le travail, le contenu du travail, les conditions d’organisation et de réalisation ». Quelques décennies plus tard alors que la crise a amplifié certaines problématiques RH du quotidien (équilibre vie pro,vie perso, télétravail et autonomie, relations sociales, gestion de la charge de travail, etc.) n’est-il pas temps de rafraîchir l’acronyme de la QVT ?
En effet, ces deux dernières années sur 2020 et 2021, la prise en compte de l’état de santé des salariés par l’employeur s’est révélée plus essentielle que jamais. Entre isolement social, hyperconnexion ou anxiété,  44% des Français se disaient en « détresses psychologique » , au printemps 2021. Dans ce contexte, la QVT est devenue un enjeu majeur pour les entreprises et les attentes des salariés à son égard ont considérablement augmenté. 81% des salariés considéraient que le bien-être au travail est l’enjeu prioritaire de leur entreprise en 2020, contre 56% en 2018. Dans ce contexte sans précédent, une reprécision de l’acronyme de la QVT paraissait indispensable, pour qu’elle puisse mettre plus en lumière un fondamental constituant la QVT : les conditions de travail. Ainsi, cela permet aux entreprises d’accompagner au mieux les salariés pour y répondre.

Ainsi, depuis le 9 décembre 2020, l’Accord National Interprofessionnel (ANI) a introduit la lettre « C » affinant la définition pour devenir « Qualité de Vie et des Conditions de Travail ». Alors simple changement terminologique ou modification concrète ?

 

Ce que cela change ?

Inspirée des modes de travail de la Silicon Valley, il y a quelques décennies, la QVT a pu être cantonnée à des espaces de travail chaleureux ou à l’organisation d’activités sportives, de concours de babyfoot favorisant le teambuilding ou de soirées afterwork… Une idée que nous savons ne pas correspondre aux réalités des salariés, qu’il était important de reformuler pour la renforcer. La définition de l’acronyme de la QVCT s’inscrit pleinement dans ce sens en intégrant conditions de travail et prévention des risques. Concrètement, son objectif est de remettre en lumière les fondamentaux qui portent sur l'articulation entre vie professionnelle et vie personnelle, les conditions d'exercice du travail (management, moyens, relations interpersonnelles et collectifs du travail), l'utilité et le sens du travail, la conduite du changement, les modalités d’organisation du travail (comme le télétravail), et l'expression des salariés et leur participation dans le champ de la santé au travail.

L’accent est mis sur la prévention primaire qui recouvre :

  • Les risques classiques liés à l’environnement de travail (physiques, biologiques, chimiques, les contraintes liées aux situations de travail, les risques d’accidents),
  • L’usure inhérente à l’activité professionnelle, le quotidien et la répétition des tâches.
  • Les risques extérieurs (sanitaires ou environnementaux par exemple).

Avec l’introduction des « conditions » dans l’acronyme de la QVCT, l’organisation du travail devient un véritable outil pour prévenir les risques sur la santé physique et mentale du salarié. Les entreprises doivent leur donner les moyens de pouvoir s’organiser dans de bonnes conditions, pour préserver leur santé.

 

Pour conclure, la QVCT est bien plus qu’une question de sémantique. Avec la crise sanitaire et ses répercussions sur l’organisation du travail, nous vivons un tournant décisif qui appelle les entreprises à redéfinir leurs priorités dans l’élaboration de leur stratégie. La QVCT en sera, sans aucun doute, l’une des pierres angulaires.

 

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