Publié le 1 avril 2021

Fixer une réunion, anticiper les vacances, préparer une présentation… Lorsque ces pensées s’accumulent et s’ajoutent aux tâches en cours, on parle de charge mentale. Ces « post-it » internes qui se superposent dans le cerveau peuvent causer des dégâts. Loin d’être cantonnée aux murs de la maison, la charge mentale est aussi présente dans la vie professionnelle. Elle est plus que jamais d’actualité face aux bouleversements engendrés par la crise sanitaire.
On vous dit tout.

  

La charge mentale à la loupe

Si la notion est apparue dans les années 80 en sociologie, c’est en 2017 que la BD « Fallait demander ! » de la dessinatrice Emma l’a popularisée en croquant les inégalités femmes-hommes dans la répartition des tâches domestiques. Véritable buzz lors de sa diffusion sur les réseaux sociaux, elle a mis en exergue le poids que représente l’organisation de la vie de famille, notamment lorsqu’elle s’ajoute aux responsabilités professionnelles. Preuve de popularité, la charge mentale entrait dans l’édition 2020 du Larousse, définie comme « poids psychologique que fait peser (plus particulièrement sur les femmes) la gestion des tâches domestiques et éducatives, engendrant une fatigue physique et, surtout, psychique ».

 

La charge mentale dans l’entreprise

Cette « to-do list » mentale en perpétuel renouvellement s’invite dans le quotidien des collaborateurs. Pourtant, si la charge physique est assez facile à évaluer, c’est moins le cas de la charge mentale qui est plus subjective. « Pour une même activité de travail, la charge mentale dépend de caractéristiques individuelles et contextuelles », explique Edith Galy, Enseignante-Chercheure en ergonomie à l'Université Nice Sophia-Antipolis, tout en soulignant les facteurs qui contribuent à l’accroître : niveau de vigilance, difficulté de la tâche et pression temporelle. La charge mentale au travail est donc au croisement de paramètres psychologiques, sociologiques et organisationnels. Chaque collaborateur est ainsi concerné, et plus encore les managers qui agissent sur plusieurs tableaux : remplir leurs objectifs et ceux de leur équipe, gérer les absences, veiller à la cohésion interne, reporter les résultats auprès de leur hiérarchie, etc... Au sein des entreprises, la charge mentale pèse autant que la charge physique sur la santé des collaborateurs en générant des troubles physiques et psychiques : sensation de « tête pleine », hypertension, migraines, insomnies, burn-out, etc…

 

La crise sanitaire, un poids supplémentaire

La charge mentale s’accentue avec la Covid-19. Les informations anxiogènes, la nouvelle organisation, l’incertitude, le télétravail et l’école à domicile influencent en effet l’état psychologique des Français, qui se dégrade. Une enquête Opinion Way et Empreinte Humaine menée pendant le premier confinement indiquait que 44 % des salariés sondés se sentaient en « détresse psychologique » et 18 % ressentaient des troubles mentaux sévères, voire dépressifs. La majorité d’entre eux était alors confinée et en télétravail. Fin décembre 2020, lors du deuxième confinement, la situation avait empiré : 1 salarié sur 2 déclarait souffrir de « détresse psychologique » et près d’1 sur 3 de dépression. Selon le baromètre, les moins de 29 ans et les femmes sont les populations les plus touchées. « Celles-ci ont, plus que les hommes, réduit leur activité professionnelle et consacré du temps à leurs enfants, mais aussi cumulé quotidiennement plus de 4 heures de travail et plus de 4 heures avec leurs enfants », souligne l’INSEE. Occupant par ailleurs de nombreux métiers en « première ligne », les femmes ont alors dû être présentes sur site, exposées aux risques de contamination.

 

Comment alléger la charge mentale ?

La première étape est de repérer les signaux : ambiance de travail dégradée, augmentation des conflits, du turn-over, mais aussi baisse de la productivité, perte de sens... Autant d’indices qui doivent alerter les managers et les RH et les amener à poser les bonnes questions à titre collectif et individuel : « Qu'est-ce qui pèse le plus dans votre quotidien ? », « Quels leviers pourraient l'alléger ? ». Vient ensuite le temps de l’action et des solutions. La boîte à outils est étendue. Mais dans ce contexte de télétravail, la qualité de vie au travail est d’autant plus importante, de bonnes pratiques pour collaborer en équipe et une organisation repensée pour respecter la vie personnelle doivent être mis en place. Si l'aide et la reconnaissance de la part des supérieurs ou des collègues diminuent la charge mentale, chaque individu peut aussi agir au quotidien : connaître ses limites et savoir dire stop, rééquilibrer les tâches domestiques mais aussi en établissant des « did lists » plutôt que des « to-do lists ».

 

Il existe autant de solutions que de profils car alléger la charge mentale au travail, c’est avant tout faire du sur-mesure !

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