Publié le 1 octobre 2021

Avec son « Projet Mer », ManpowerGroup lance officiellement son dispositif Explor’aire en Région Sud visant à accompagner les mutations des entreprises sur le marché de l’emploi dans la filière maritime. Première étape : une table ronde réunissant leaders du secteur et représentants de l’État afin d’identifier les enjeux auxquels ils font face et mieux répondre à leurs besoins. Décryptage.

 

Développée par Talent Solutions, Manpower et la start’up Neobrain, Explor’aire, c’est le dispositif digitalisé au service du recrutement territorial. L’objectif de la plateforme : simplifier les recherches d’emplois et de reconversions professionnelles en connectant candidats et entreprises qui recrutent sur un même territoire.
Après la mise en place du « Projet Terre » autour des secteurs pharmaceutique, agroalimentaire, industrie, transport et logistique en Occitanie, a eu lieu le 17 septembre dernier le lancement du « Projet Mer », dans les Bouches-du-Rhône, à Marseille. Il vise à accompagner, dans le cadre du dispositif Transitions Collectives, un secteur maritime en plein essor et abordant d’importantes mutations.
« Nous avons décidé d’être partie prenante du dispositif gouvernemental TransCo, car l’enjeu du Groupe depuis plus de 60 ans est d’accompagner les personnes pour s’insérer dans le marché de l’emploi, de développer leurs compétences, et de permettre aux entreprises de trouver les profils dont elles ont besoin. Avec nos équipes de Talent Solutions, nous avons la capacité d’accompagner les projets », rappelle Alain Roumilhac, Président de ManpowerGroup France.

Autour de la table, Fathia Laoufi, DRH de La Méridionale, Gaël Bodenes, Président de Bourbon Martime, Hervé Gastinel, Président de Le Ponant, Patrick Maddalone, Secrétaire général du Grand port maritime de Marseille, le Député Said Ahamada et Rachel Becuwe, Conseillère Mutations économiques et sociales, Cabinet de la Ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion.
Explor’aire est prêt à accompagner le secteur maritime pour relever ses quatre défis : innover et digitaliser, anticiper, répondre aux enjeux environnementaux et digitaux, intégrer de nouveaux métiers et recruter dans son bassin d’emploi.

 

Défi 1 : Innover et digitaliser

Gérer et surmonter la crise sanitaire, répondre aux attentes RSE, négocier le virage digital… Les enjeux du secteur maritime sont multiples, comme l’a rappelé Gaël Bodenes, Président de Bourbon Martime. « Les métiers de la mer font face à différentes révolutions. La frontière entre la terre et la mer disparaît. Nos navires font partie d’un service intégré plus global. La digitalisation, l’automatisation, la technologie plus poussée nécessitent de nouvelles compétences ». L’innovation induit, dès lors, une transformation des entreprises : « Nous devons faire venir des métiers que nous ne connaissions pas. Nous passons de fonctions monovalentes à la polyvalence. La France a la chance de ne pas être trop en compétition dans le domaine maritime », constate-t-il. Face à ces nouveaux enjeux de digitalisation, la formation est une clé d’évolution. D’armateur, Bourbon maritime doit ainsi devenir fournisseur de services, et leurs pêcheurs, ingénieurs des mers. Le spécialiste de la croisière de luxe, Ponant doit s’adapter à la crise sanitaire actuelle et développer son service commercial en ligne.

 

Défi 2 : Anticiper les nouveaux métiers

Du Ponant au Grand port maritime de Marseille, en passant par la Méridionale et Bourbon Maritime, tous s’accordent : il faut anticiper les reconversions et les transferts de compétences avant que les métiers ne disparaissent. En témoigne ainsi le Secrétaire général du Grand port maritime de Marseille (GPMM). « La structure financière du port est basée sur le pétrole, or cette source va se tarir. L’avenir du port se construit aujourd’hui. » Cartographie des métiers, compétences d’aujourd’hui, de demain ? L’idée est de ne laisser personne sur le bord de la route. Tel est l’enjeu d’Explor’aire ! Miser sur la mobilité intersectorielle, l’innovation RH et le transfert de compétences avant d’atteindre les situations critiques de perte économiques est la solution proposée par le dispositif. Prenons l’exemple du Ponant : « Nous devrons multiplier par deux le nombre d’officiers à bord de notre flotte, précise Hervé Gastinel. Or les compétences sont insuffisantes à l’ENSEM. L’enjeu est de préparer de nouvelles générations d’ingénieurs et de navigants différemment.

 

Défi 3 : Répondre aux enjeux environnementaux

« La transition écologique a entraîné une transformation de nos métiers et fait émerger de nouvelles compétences », rappelle Fathia Laoufi, DRH de La Méridionale. Dans une logique RSE à grande échelle, tout est lié. Nous devons créer aujourd’hui les métiers et organisations répondant aux enjeux environnement pour faire de 2050 une réalité. À l’instar de Bourbon maritime qui travaille sur des éoliennes flottantes, « avec des métiers qui n’existaient pas il y a cinq ans. » Ou du Ponant qui doit réduire son émission de CO2 de 40% d’ici à 2030. Un objectif impossible à atteindre avec la technologie actuelle. « La dimension R&D est extrêmement importante dans notre secteur », souligne son Président Hervé Gastinel.

 

Défi 4 : Recrutemer dans le bassin d’emplois

TransCo assure la reconversion des salariés dans leur bassin de vie. « L’État a injecté 500 millions d’euros dans le dispositif, il faut que les entreprises y croient et n’attendent pas d’aller jusqu’au PSE », encourage Rachel Becuwe. Explor’aire se pose en complément et va plus loin en recrutant dans le bassin d’emplois d’autres profils que des salariés (jeunes, demandeurs d’emplois, seniors…). Avec cette problématique nouvellement prise en compte : les Français souhaitent rester dans la région où ils ont construit leur vie. « La France n’est pas suffisamment tournée vers la mer, Marseille non plus, les liens se sont étiolés entre le port et ses habitants, constate le Député Said Ahamada. Il faut recréer ce lien, les entreprises vont chercher ailleurs, alors qu’il y a 40 à 50% de chômage dans le nord de la ville… » L’objectif de la plateforme est donc de faire se rencontrer compétences identifiées et emplois à pourvoir. Notamment dans le secteur maritime, « un vivier d’emplois, de croissance pour le pays, rappelle le Député. La mer, c’est la deuxième zone économique exclusive que l’on n’exploite pas encore assez. »

Une quarantaine d’entreprises ont participé au lancement du Projet Mer de ManpowerGroup. « Aujourd’hui nous lançons une dynamique au service de l’emploi, se réjouit en conclusion Alain Roumilhac. Nous venons avec notre savoir-faire – chaque année, nous formons et permettons à près de 50 000 personnes de s’insérer sur le marché de l’emploi. Notre objectif à tous est de mesurer l’impact de ce que nous aurons fait collectivement. »

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