Publié le 28 juin 2012

Le Prisme, qui rassemble les professionnels de l’intérim, des services et des métiers de l’emploi, présente ce matin son Bilan 2011-Perspectives 2012. On y apprend notamment que le travail temporaire a permis à plus de 200 000 jeunes « décrocheurs », restés à la porte du marché du travail, d’accéder à l’emploi. Ce bilan 2011 révèle aussi un aspect moins connu de l’action des agences d’emploi : la lutte contre la précarité.

Le travail temporaire a raccroché plus de 210 000 « décrocheurs » à l’emploi

En 2011, le travail temporaire a permis à plus de 500 000 jeunes de moins de 25 ans d’accéder à l’emploi. Pour eux, notamment les moins qualifiés, –c’est un moyen de connaître l’entreprise, de toucher un salaire et, au bout du compte, de s’insérer dans la société.

90 % des jeunes intérimaires n’avaient jamais travaillé avant leur inscription dans une agence d’emploi et près de la moitié (42 %) étaient des « NEET », ne suivant ni études ni formation. Cela signifie que plus de 210 000 « décrocheurs » ont pu se connecter à l’emploi grâce à l’intérim. Ces jeunes, comme l’ensemble de leurs congénères, ne regrettent pas l’expérience : 91 % des moins de 25 ans ont une bonne opinion de l’intérim et 71% déclarent avoir pu trouver rapidement un emploi grâce à leur expérience. Une opinion fondée : en mars 2012, 22% avaient déjà obtenu soit un CDD, soit un CDI.

Sas vers l’emploi, le travail temporaire offre des formations qualifiantes

Le travail temporaire permet de développer son expérience professionnelle et de se former en période d’instabilité du marché du travail. Parmi les intérimaires :

  • 91% estiment que l’intérim permet d’acquérir une expérience professionnelle ;
  • 86% considèrent qu’il leur permet d’apprendre différents métiers et de se former.

Cette perception est fondée : le travail temporaire constitue aussi une occasion d’accéder à une formation permettant aux jeunes de gagner des compétences, donc d’améliorer leur employabilité. En 2011, les « agences d’emploi » ont investi 300 millions d’euros dans la formation professionnelle, bénéficiant notamment à près d’un jeune intérimaire sur cinq.

Depuis la loi Cherpion de juillet 2011, les agences d’emploi ont aussi capacité à organiser des parcours en alternance dans le cadre de contrats d’apprentissage. L’année dernière, le fonds d’assurance formation du travail temporaire (FAFTT) a financé 17 000 formations en alternance pour les intérimaires.

Un apprenti intérimaire, c’est :  

  • une formation d’une durée comprise entre 6 et 36 mois ;
  • un encadrement assuré par 2 maîtres d’apprentissage (l’un dans l’agence d’emploi, l’autre dans l’entreprise d’accueil).

L’intérim valorise l’expérience des seniors…

Le travail temporaire s’inscrit aussi dans l’esprit du « contrat de générations », depuis la création du tutorat intérimaire par un accord de branche ouvert à la signature des partenaires sociaux jusqu’au 29 juin prochain. Ce dispositif soutient l’emploi des seniors dans l’emploi en valorisant leur expérience.

Ceux-ci ne s’y trompent pas : 87 % des quelques 200 000 intérimaires de plus de cinquante ans envisagent de continuer à l’avenir. Cette perspective semble viable : entre mars 2011 et 2012, plus de la moitié d’entre eux (53%) ont effectué plus de 6 mois de missions.

… et répond aux aspirations des femmes et de la Génération Y

interim-feminin_Infographie-PRISMEPar ailleurs, l’étude « L’intérim au féminin » montre que le travail temporaire permet aux femmes, notamment les moins qualifiées, d’accéder à l’emploi d’une manière satisfaisante. 44% des femmes intérimaires n’avaient jamais travaillé avant et plus des trois quart (78%) envisagent de poursuivre leur expérience du travail temporaire.

Loin d’une image assez profondément ancrée, l’intérim n’est plus réservé aux « cols bleus ». Le rapport du Prisme montre en effet que, depuis les années 2000, le niveau moyen des qualifications progresse chez les intérimaires ; par exemple, la proportion de cadres a augmenté de 130 % entre 1999 et 2011.

Interim-Répartition par CSP 99-2011

Le Prisme explique cette tendance tout particulièrement par les nouvelles aspirations de la Génération Y : l’intérim est de plus en plus, pour les jeunes cadres notamment, un moyen de vivre de manière plus libre en gérant leur carrière comme une suite de « missions » qui permettent de construire un parcours professionnel riche et diversifié – une caractéristique utile à l’heure où les « compétences transversales » et la polyvalence sont de plus en plus prisés des employeurs.

Le travail temporaire, à la pointe de la flexibilité… et de la sécurité

En 2011, 83% des entreprises utilisatrices ont eu recours à l’intérim pour faire face à des surcroits temporaires d’activité. Cette forme souple de travail leur permet d’être « agiles », réactives sur des marchés qui évoluent de plus en plus vite.

Après un recul observé pendant la récession économique de 2008-2009, l’intérim a ainsi été le premier secteur à repartir à la hausse en 2010 et, en 2011, le travail temporaire a progressé de 7,9 %. Face à des surcroits temporaires d’activité, l’intérim occupe une place essentielle dans la création immédiate d’emploi.

Evolution interim 2011

Source : PRISME -Crédoc

Le PRISME montre aussi que les « agences d’emploi » ne sont pas que des pourvoyeuses de missions d’intérim : en 2011, elles ont réalisé 45 700 recrutements en CDI et CDD, soit une hausse de 22% par rapport à 2010. Par ailleurs, le Fonds d’Action Sociale du Travail Temporaire (Fastt), crée par les partenaires sociaux et qui fête cette année ses 20 ans d’existence, sécurise le parcours des intérimaires en leur proposant notamment un accès au logement locatif et des solutions de crédit. En 2011, ce fonds a agi :

  • 2 800 garanties de loyer versées aux propriétaires bailleurs ;
  • 4 300 avances délivrées pour le financement du dépôt de garantie ;
  • 3 000 subventions versées pour le financement de 50 % des honoraires d’agence ;
  • 4000 prestations de garde d’enfants ;
  • 7377 bénéficiaires du service d’action sociale.

Le bilan du PRISME  met en évidence l’apport indéniable de l’intérim pour l’emploi des personnes les plus fragiles. Il montre aussi que le travail temporaire constitue une forme de « flexibilité responsable » particulièrement utile tant pour les entreprises que pour les individus.

 

ADDENDUM

L’intérim révèle les profondes disparités régionales de l’emploi

L’analyse des données locales permet d’observer combien la conjoncture sectorielle impacte différemment les régions.

  • Les régions à forte orientation industrielles sont les plus dynamiques en 2011, notamment les Midi-Pyrénées portée par le secteur aéronautique, avec une hausse de 20%.
  • Les régions du grand Est qui ont subi les plus fortes pertes en 2009 connaissent les plus fortes croissances de l’emploi intérimaire en 2010-2011 : Franche-Comté (17,2%) et Lorraine (16,4%) au premier chef.
  • En revanche, en Ile-de-France et en région PACA, l’emploi intérimaire progresse plus modestement. Ces régions tertiaires ont en effet été moins frappées par la crise en 2008-2009.
Evolution interim en régions-2011-PRISME

Source : UNEDIC, DARES à partir des relevés mensuels des entreprises de travail temporaire

 

Bilan 2011 - Perspectives 2012 : Infographie

Prisme_bilan2011-perspectives2012_Infographie

 

>>> Télécharger le Bilan 2011-Perspectives 2012 du PRISME (pdf)

Cet article vous a intéressé ? Partagez-le !