Publié le 27 avril 2022

Après des décennies de délocalisations, l’industrie française regagne du terrain et se réinvente à travers des métiers en mutation. Elle n’a plus seulement besoin de bras, mais elle doit également s’appuyer sur l’essence même des talents, sur leur tête et sur leur cœur. Une étude menée par Infopro Digital pour L’Usine Nouvelle et ManpowerGroup auprès de décideurs de l’industrie décrypte le basculement de la gestion des ressources humaines dans cette filière. En quoi l’expérience du travail des salariés de l’industrie est-elle en train de changer ?

« La tête, les bras et le cœur »  : les 3 facettes des métiers de l’industrie

Plan France 2030, quête de la souveraineté industrielle, intérêt des consommateurs pour le « made in France » … Après avoir été longtemps délaissée, l’industrie française reprend des couleurs. Selon l’enquête de l’Usine Nouvelle et de ManpowerGroup, 76 % des décideurs interrogés se disent optimistes quant à la croissance de leur entreprise et 58 % pensent que leur secteur d’activité est en voie de réindustrialisation. Les méthodes de production et les savoir-faire sont au cœur de cette nouvelle ère, car on ne produira pas demain comme c’était le cas hier. La grande enquête de ManpowerGroup The Great Realization, menée auprès de 5 000 actifs le montre bien : le monde du travail connaît un véritable basculement, qui concerne aussi bien les aspirations des salariés, la transformation des entreprises, la pénurie des talents que l’essor des technologies. Émergent ainsi des besoins en talents qui ne sont pas toujours couverts. Selon l’étude menée avec l’Usine Nouvelle, la pénurie de compétences est le 2ème frein pour la croissance du secteur, après l’inflation des prix de l’énergie et des matières premières. C’est même le 1er frein pour les dirigeants de PME. Dans ce nouveau contexte, ce ne sont plus les commandes et les débouchés qui brident le développement du secteur, mais bien la disponibilité des talents. Plus digitale, plus innovante, plus collaborative, mais aussi plus responsable, l’industrie française a besoin de moins en moins de bras. En revanche, elle doit s’appuyer sur d’autres compétences, liées traditionnellement à la tête et au cœur. L’objectif ? Imaginer de nouvelles façons de produire, tout en favorisant l’épanouissement des femmes et des hommes du secteur. « Il faut du cœur à l’ouvrage car on ne façonne pas de bons outils industriels sans une quête de sens, celle du travail bien fait, de l’objet techniquement abouti, sans inscrire son action dans un écosystème ouvert sur le monde de l’industrie, et responsable », a expliqué Alain Roumilhac, Président de ManpowerGroup France, lors d’une étape du Big Tour à Toulouse, capitale mondiale de l’aéronautique, le 22 avril dernier. ManpowerGroup est en effet depuis plusieurs années partenaire de Bpifrance dans le cadre de ce grand festival de l’industrie en France, pour promouvoir les métiers de l’industrie en allant à la rencontre des Français, là où ils se trouvent, pour leur ouvrir des perspectives nouvelles.

L’aéronautique est un bon exemple de l’interdépendance de ces 3 facettes. Si des bras sont nécessaires pour la production des composants jusqu’aux chaînes de montage, la tête est également indispensable pour continuer à innover et rester dans la course internationale, tout en parlant au cœur à travers l’équilibre vie privée - vie professionnelle et l’enjeu central que représente le bien-être au travail.

 

Le grand défi : pallier les difficultés de recrutement

La façon d’appréhender les talents doit s’adapter à cette nouvelle ère. Tout d’abord, la pénurie des compétences touche la grande majorité des décideurs : 89 % d’entre eux affirment avoir des difficultés à recruter, particulièrement ceux des TPE/PME industrielles. Quels sont les postes particulièrement concernés ? Les employés sont les profils les plus difficiles à recruter, suivis par les middle managers et les directeurs de département / service. Pour répondre à leurs besoins en recrutement, les acteurs de l’industrie n’hésitent pas à expérimenter. Depuis la crise sanitaire, 55 % d’entre eux déclarent embaucher des profils sans expérience qu’ils forment sur le long terme. Ils s’appuient aussi sur des partenaires de confiance : 51 % d’entre eux font appel à des agences d’intérim. Elles sont suivies par l’utilisation de réseaux sociaux comme LinkedIn et Facebook (38 %) et de plateformes de recherche d’emplois/de publication d’annonces (36 %). « Accompagner les Talents, révéler leur potentiel et leur assurer l'emploi, c'est notre métier chez Manpower et tout le sens de notre démarche MyPath®/Agent des Talents », a souligné Alain Roumilhac. Dans le cadre de ce programme, Manpower propose des parcours personnalisés aux talents motivés et engagés dans une démarche durable de collaboration pour développer leur employabilité sur des métiers porteurs, notamment dans l’industrie. Parallèlement à l’évolution des méthodes de recrutement, l’enjeu est, plus que jamais, de parler au cœur des candidats pour les attirer, puis les fidéliser. L’étude a passé au crible leurs aspirations : le bien-être au travail est cité par 76 % d’entre eux, suivi par le niveau de rémunération et la flexibilité concernant le lieu et les horaires de travail. Ces chiffres dessinent l’orientation que doivent prendre le recrutement comme le management.

 

Un travail de fond à mener sur l’attractivité de l’industrie

Alors que la réindustrialisation de la France va dépendre du retour des talents, le secteur doit changer d’image tout en formant à ses nouveaux métiers. Pour plus d’un décideur sur deux, le secteur industriel n’est pas assez attractif pour inciter les candidats à postuler. Comment y remédier ? Pour 55 % d’entre eux les salaires doivent être revalorisés, les conditions de travail améliorées (45 %) et une formation spécifique aux métiers doit être mise en œuvre (44 %). L’une des clefs est aussi de changer la perception de l’industrie dans la société, autour de nouveaux savoir-faire et savoir-être. L’industrie 4.0 n’a, en effet, plus rien à voir avec l’industrie du 20ème siècle. Tournée vers l’innovation et la responsabilité, elle défend une vision résolument positive de son secteur.

« En mobilisant à la fois « la tête, les bras et le cœur », l’industrie française invite à des carrières qui mobilisent de nombreux talents humains et permet aux femmes et aux hommes de s’y épanouir », conclut Alain Roumilhac.

Face à ces défis, mais surtout grâce aux nombreuses opportunités qu’elle propose, la réindustrialisation de la France prend un visage résolument humain. L’attractivité et la formation seront les maîtres mots de cette ère nouvelle.

Pour découvrir l’étude

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