Publié le 8 juin 2021

Pour la période de juillet à septembre 2021, la prévision nette d’emploi en France affiche un optimiste +9%. Une succession de trimestres positifs qui vient confirmer la reprise encouragée par la levée des mesures sanitaires.  Cependant, c’est en observant plus précisément l’évolution des intentions d’embauches et des besoins des secteurs que l’on pourra envisager une solution de relance pérenne. En effet, 88% des employeurs français sondés déclarent avoir des difficultés à recruter, une hausse spectaculaire de 34 points par rapport à 2019. Cela concerne de nombreux secteurs dits pénuriques, en faveur desquels les nouvelles mesures gouvernementales investissent massivement.

 

Le Baromètre ManpowerGroup des perspectives d’emploi pour le 3ème trimestre 2021 a été réalisé dans 43 pays et territoires, entre le 7 et le 27 avril 2021, à partir d’entretiens réalisés auprès d’un échantillon représentatif de 45 019 employeurs à travers le monde, dont 867 en France. L'ensemble des personnes interrogées ont répondu à la même question : “Comment anticipez-vous l’évolution des effectifs de votre entreprise au prochain trimestre, jusqu’à fin septembre 2021 par rapport au trimestre actuel ?”.

Anticipant une sortie de crise et un net rebond, avec une croissance annoncée de l'économie atteignant un niveau exceptionnel, les employeurs français indiquent pour le prochain trimestre une prévision nette d'emploi en forte hausse : +9%. Un bond de 20 points en une année. C'est le quatrième trimestre consécutif avec des intentions d'embauche positives que révèle le Baromètre ManpowerGroup !
2,7 millions de projets de recrutement cette année : voilà les prévisions estimées en réponse à la levée des mesures sanitaires et à la réouverture de l'ensemble des commerces d’ici l’été.

« Ce baromètre reflète la capacité de l'économie française à aborder positivement la sortie de crise, commente Alain Roumilhac, Président de ManpowerGroup France. La Banque de France maintient ses prévisions de croissance autour de 5,5% pour 2021. Le climat des affaires se redresse en conséquence. Les perspectives d’embauche avaient commencé à progresser au trimestre précédent, elles continuent à croître, notamment dans les secteurs qui avaient dû cesser leur activité, comme l’hôtellerie-restauration, et dont l’horizon s’éclaircit. »

 

Un début d’année 2021 très optimiste pour la majorité des régions

L’ensemble des régions françaises affichent des intentions d’embauches positives, avec une zone Ouest particulièrement dynamique : +13%, soit 4 points de progression par rapport au deuxième trimestre, et 21 points de plus en un an ! L’horizon est tout aussi attrayant dans les régions Est et Sud avec une prévision nette d’emploi à +9%, une évolution favorable de 24 points d’une année à l’autre.

De son côté, l’Île-de-France sort enfin du rouge et revient dans le positif : +7% de prévision nette d’emploi, un gain de 7 points en trois mois et de 20 points en un an. Il s’agit de la région qui a le plus souffert de la chute des activités, en raison du poids important du tourisme, de la restauration et des spectacles vivants. La réouverture des frontières autant que des restaurants fait de cette région celle qui a le plus à gagner du déconfinement amorcé.

En revanche, la région Nord est la seule à connaître une confiance des employeurs en baisse de 4 points, bien qu’elle demeure positive à +8%. Ce qui semble résulter d’un rééquilibrage par rapport au second trimestre, où cette région affichait des performances très supérieures.

 

Moyennes et grandes entreprises au diapason

À l’image du trimestre précédent, les grandes entreprises constituent le fer de lance de la reconquête économique avec la prévision nette d’emploi la plus positive : +18% au troisième trimestre 2021. Cela représente une envolée de 34 points depuis l’été dernier et de 6 points par rapport au deuxième trimestre !

Les petites (+14%) comme les moyennes (+10%) entreprises partagent, elles aussi, cet enthousiasme en présentant un bond respectif de 31 et 20 points sur l’année, et de 5 et 10 points en seulement trois mois.

Si les microentreprises (moins de 12 salariés) affichent également une prévision nette positive, celle-ci est néanmoins en recul de 2 points par rapport au deuxième trimestre. Et la progression des intentions de recrutement sur l’année n’est que de 7 points. Le rythme des embauches s’annonce donc moins soutenu dans les TPE.

Le déconfinement signe la reprise du secteur de l’hôtellerie-restauration

Sans surprise, la levée des mesures sanitaires les plus restrictives profite directement à l’hôtellerie-restauration, qui devrait voir sa masse salariale nettement augmenter cet été. Les prévisions nettes d'emploi du secteur progressent de 10% soit un bond de 10 points en un trimestre et 64 points en un an !

Les six autres secteurs se portent bien également avec des employeurs qui prévoient d’accroître leurs effectifs entre juillet et septembre. C’est le BTP qui affiche la prévision nette d’emploi la plus élevée (+16%). Une hausse impressionnante lorsque l’on sait que le secteur affichait une hausse déjà importante (+20%) au précédent trimestre. À l’inverse, le secteur manufacturier semble avoir déjà reconstitué les effectifs requis, avec une légère hausse de +2% d’intentions d'embauche, inférieure de 13 points à la hausse du T2 2021. Toutes les autres activités affichent des chiffres solides avec des annonces de recrutement comprises entre +10% et +12%.

 

Le secret de la relance se trouve dans le rééquilibrage sectoriel

Certains métiers et certaines compétences sont davantage recherchés que d'autres : selon l'étude Talent Shortage de ManpowerGroup, les fonctions spécialisées et digitales sont les plus prisées, loin devant les fonctions généralistes. Mais ce sont aussi les postes les plus difficiles à pourvoir. En effet, l'offre ne rencontre pas suffisamment la demande et il y a pénurie de talents, notamment dans les secteurs de la logistique (35%), de l’industrie et la production (25%) et de l’IT (8%). Les difficultés à recruter ont ainsi explosé : +34 points par rapport à 2019 avec près de 9 employeurs français sur 10 qui déclarent avoir des difficultés à recruter (88%). Un sujet sur lequel le Groupe travaille en continu et dont les actions en ce sens devraient être renforcées par la mise en place de nouveaux dispositifs gouvernementaux tels que Transitions collectives.

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