Publié le 7 avril 2021

Face aux mutations économiques, les entreprises et leurs collaborateurs ont un outil-clé à disposition : la mobilité. Intersectorielle, verticale ou horizontale, la mobilité permet de répartir les forces vives de l’entreprise là où des besoins sont réels. Elle offre aussi un nouveau souffle aux personnes dont les métiers sont fragilisés. Lancé en février, le dispositif « Transitions Collectives » du gouvernement mise justement sur la mobilité des salariés pour limiter les plans sociaux et préserver la compétitivité des entreprises. 

 

La mobilité intersectorielle pour mieux lutter contre le chômage

Depuis le 15 janvier 2021, le dispositif « Transitions Collectives » du ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion propose d’aider les salariés dont l’emploi est fragilisé à se reconvertir vers des secteurs qui recrutent localement. Accompagnée par les différents acteurs du territoire, leur entreprise identifie les métiers vulnérables, formule des propositions de formation à certains salariés éligibles avant de déposer un dossier à l’association Transitions pro régionale.

Alors que certaines entreprises frappées par la crise ou les mutations économiques ont besoin de solutions pour rester compétitives, ce dispositif permet aux employeurs d’anticiper sur l’avenir de leur secteur tout en accompagnant la reconversion sereine, préparée et sécurisée de leurs salariés vers un métier porteur à proximité. « Pendant toute la durée de sa formation, le salarié conserve sa rémunération et son contrat de travail », précise en effet le site du ministère. De son côté, l’État finance tout ou partie des projets de reconversion, selon la taille de l’entreprise.

 

Au sein de l’entreprise, la mobilité…

 

Pour survivre à la crise

Depuis plus d’un an, la crise sanitaire a imposé à de nombreuses entreprises une réorganisation plus ou moins importante de leurs activités et modes de collaboration. Certaines, parce qu’elles sont multi-sites ou regroupent plusieurs métiers, se sont trouvées dans des situations paradoxales avec des sites à l’arrêt mais une activité digitale grandissante. La mobilité horizontale (un changement de profession sans changement hiérarchique) se présente alors comme un levier pour mieux répartir les ressources en fonction des besoins réels.
Depuis quelques temps, AccorInvest, filiale immobilière du Groupe Accor, propose ainsi à ses collaborateurs disponibles de venir renforcer temporairement les équipes dans les hôtels toujours en activité. Ces missions sont proposées en ligne sur la base du volontariat à des collaborateurs soucieux de s’engager auprès de leur employeur et/ou de développer de nouveaux savoir-faire. Temporaire ou permanente, cette forme de mobilité est l’occasion pour l’employeur d’apprécier la polyvalence de certains salariés, de faire émerger de nouvelles compétences et d’identifier des postes désormais obsolètes. Dans un secteur largement mis en pause, c’est une des clés pour préparer la relance.

 

Pour renforcer les équipes et développer l’engagement

Heureusement, toutes les entreprises n’ont pas souffert de la crise. Pour certaines, l’activité s’est même révélée particulièrement intense. C’est le cas du e-commerce, qui a bénéficié de la fermeture des enseignes dites « non-essentielles » : ses ventes ont atteint 112 milliards d’euros en 2020, une hausse de 8,5% en un an. C’est le cas également des transporteurs comme DHL Express, qui a traité 42 millions de colis en France l’année dernière (+6,5% par rapport à 2019), des produits de grande consommation (+43% pour la farine), de l’équipement de la maison (+4%), du bricolage. Face à l’augmentation de leur activité, ces secteurs ont besoin de renforcer leurs équipes. Aujourd’hui plus que jamais, les métiers informatiques liés à la digitalisation des outils, process et services représentent un enjeu majeur. Idem pour les métiers logistiques ou de la relation client à distance.
Dans ce contexte, la mobilité interne permet là encore de compléter rapidement les équipes avec des salariés qui connaissent déjà l’entreprise et en partagent la culture. Les formations nécessaires pour accompagner cette mobilité consolident les savoir-faire et la performance de l’entreprise en même temps qu’elles amplifient l’engagement des salariés. Véritable levier de performance, la culture de la promotion interne est d’ailleurs une caractéristique du développement de grands groupes français : Auchan, Axa, Danone, Décathlon.

 

Des managers de transition au service du changement

Si la pandémie de Covid-19 a considérablement accéléré des processus de transformation et de restructuration des entreprises, les ressources indispensables pour accompagner ces grands chantiers ne sont pas toujours disponibles. D’autre part, le manque de visibilité face à l’évolution de la situation sanitaire freine encore les recrutements. C’est là qu’intervient une nouvelle forme de mobilité avec le manager de transition.
Recruté pour une mission précise et une durée déterminée, le manager de transition est un cadre dirigeant aux compétences et à l’expérience reconnues qui intègre l’entreprise à un moment important de son histoire : restructuration, conduite du changement, fusion, gestion de crise, réduction des coûts, remplacement d’un poste clé... Le regard extérieur, l’indépendance vis-à-vis de la politique interne, l’opérationnalité, les qualités managériales et d’adaptation des managers de transition en font des collaborateurs précieux pour mener certains défis prioritaires dans des contextes aujourd’hui compliqués par la crise sanitaire. Une ressource non négligeable qui permet de faciliter l’adoption des processus et des équipes aux mutations actuelles, de gérer les différents besoins et mouvements de compétences ponctuels ou pérennes.

Cet article vous a intéressé ? Partagez-le !