Publié le 3 avril 2011

En 2010, le rapport du Conseil d’analyse économique consacré à la mobilité des salariés esquissait un bilan pour la France de la politique de flexicurité (ou flexisécurité). Il montrait, chiffres à l’appui, que la flexibilité des emplois s’est développée en France de façon significative depuis quelques années et que cette flexibilité a été renforcée par différentes voies (l’essor de l’intérim, des emplois à durée déterminée…). Ceci expliquant l’ajustement désormais plus rapide du niveau de l’emploi au cycle de l’activité, constaté à l’occasion de la dernière crise (en 2009, un tiers des emplois intérimaires ont disparu…). Ce que montrait aussi le rapport du Conseil d’analyse économique, c’est combien le versant "sécurité" ne semblait pas s’être amélioré dans les mêmes proportions -à tout le moins si on le comprend non comme la prise en charge de la perte d’emploi par l’assurance chômage mais comme la capacité à retrouver un autre emploi -dans un autre secteur le cas échéant.

Sur le site de Telos-Eu, par Gilbert Cette (membre du Conseil d’analyse économique) et Jacques Barthélémy (avocat spécialiste du droit social) posent donc aujourd'hui la question : Protéger les emplois ou les personnes ? Les auteurs entendent souligner la complexité d’une question qui ne saurait être réduite à une opposition simpliste ; une mise au point manifestement utile, puisque les patrons du Collectif ont tenu à relayer ce billet.

Au centre de la question, on retrouve toujours l’insuffisance de la formation continue. Celle-ci a en effet pour but principal que de permettre aux salariés de s’adapter à une nouvelle donne économique ; elle peut même aussi être une occasion de se réorienter vers un emploi correspondant mieux à ses aspirations (en chinois, le même idéogramme est utilisé pour les termes « crise » et « opportunité »…)..

Alors que le Parlement Européen travaille à un rapport sur la question de la formation tout au long de la vie, dans le cadre de la stratégie de Lisbonne, on s’interroge en France sur l’efficacité des réformes entreprises en 2004 –qui ont notamment introduit la notion de co-responsabilité entre le salarié et l’employeur dans la décision de se former.

Dans ce contexte on lira avec attention l’étude du Cereq selon laquelle la politique de formation de l’entreprise, et surtout un environnement professionnel propice au dialogue et à la concertation, sont des facteurs décisifs pour que les dispositifs de formation continue fonctionnent de façon vertueuse. Selon l’étude, seule une entreprise sur 10 réunit ces conditions.

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