Publié le 4 avril 2011

"Aujourd’hui, plus de 60% de la population et 93% des entreprises en France ont une connexion Internet haut-débit. Pourtant l’impact réel d’Internet sur l’économie française reste encore mal connu". En mars 2011, pour faire avancer la connaissance en la matière, le cabinet de conseil McKinsey a publié un rapport sur l’Impact d’Internet sur l’économie française.

Cette étude, qui fait l’objet d’un site Internet dédié, doit être saluée à double titre :

  • il est difficile de quantifier la contribution réelle d’un secteur qui n’est pas défini comme tel dans les statistiques nationales, comme le soulignait le fameux paradoxe de Solow (du nom du prix Nobel d’économie Robert Solow) qui montrait que l’informatique était partout "sauf dans les statistiques";
  • l’apport d’Internet est très largement sous estimé par de nombreux décideurs politiques, qui semblent encore considérer que l'emploi c'est avant tout l’industrie « traditionnelle ». Alors que la campagne présidentielle approche, des éléments quantifiés en la matière sont plus que nécessaires pour moderniser le débat public sur l’emploi.

L’Atelier de l’emploi vous livre ici les éléments de ce rapport qui touchent directement le sujet qui nous intéresse et dont la conclusion principale est édifiante –même si d’aucuns pouvaient intuitivement la deviner : en France, Internet a permis la création d’un quart des emplois depuis 1995.

Internet = 25% des créations d’emploi en France

Selon le rapport, 700 000 emplois directs auraient été créés par Internet entre 1995 et 2009 -soit 25% du total des créations nettes d’emploi en France. Ce secteur représenterait en lui-même (sans tenir compte des emplois indirects et induits) aujourd’hui 4,2% de la population active.

La contribution d’Internet à l’économie est polymorphe car ce secteur, au-delà des entreprises "Internet pur " (pure players), fait aussi travailler :

  • des fournisseurs de matériel informatique,
  • des prestataires de services informatiques,
  • des fournisseurs d’accès Internet.

Au-delà, il ne faut pas non négliger l’impact de l’utilisation des technologies web par l’ensemble des entreprises hors du secteur.

Ainsi, pour quantifier plus précisément l’apport du web en termes d’emploi en France, on peut souligner que :

  • Internet a permis la création d’1,15 millions d’emplois (directs, indirects et induits) ;
  • Internet a entraîné le déplacement d’emplois : 2,4 emplois ont été créés pour 1 emploi réalloué ;
  • hors emplois indirects et induits, 28% de ces emplois ont été directement créés par le secteur de l’Internet.

Une grande marge de progression

Internet pourrait créer 450.000 emplois d’ici 2015 selon le rapport, qui met en avant les grands progrès qui peuvent encore être réalisés -en s’appuyant notamment sur des éléments de benchmarking tirés des Etats-Unis, du Royaume-Uni ou des pays scandinaves. Internet pourrait :

  • contribuer au quart de la croissance française des trois prochaines années,
  • représenter 5,5% du PIB (129 milliards d’euros),
  • créer 450.000 emplois à l’horizon 2015.

Lever les freins

Pour cela, il faudrait lever plusieurs freins à la croissance numérique. Car Internet représente un véritable gisement de croissance et, donc, d’emploi. En effet, un apport majeur de l’étude McKinsey est de prouver une forte corrélation entre l’intensité de l’utilisation d’Internet dans une entreprise et sa croissance. Utilisant un « indice Web d’utilisation d’Internet par les entreprises » mis en place pour l’occasion, le rapport souligne que les "entreprises à forte intensité web" croissent 2 fois plus vite que les autres !

Cet indice web, comme le souligne Christian Saint-Étienne dans sa préface, constitue un remarquable indicateur de la performance future des entreprises, dont on devrait imaginer de nombreuses applications. En attendant une utilisation et des conclusions plus fines, deux conclusions s’imposent d’emblée :

  • les PME doivent bien plus utiliser Internet : moins de la moitié d’entre elles (47%) possède un site Internet ;
  • le secteur public doit plus s’impliquer ; le rapport souligne la nécessité de prolonger le plan France Numérique 2012.

 

>>> Pour aller plus loin

• Télécharger le rapport
• Les chiffres clés du rapport
• Consulter le site dédié

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