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Une arme de formation massive : le MOOC d’entreprise (P. Berthou, FuturSkill)

Les MOOC, ces plateforme de e-learning d'excellence gratuit qui rendent la connaissance accessible à tous, font frémir le monde de la formation. Au lieu de les craindre, et si l'on songeait à créer le premier MOOC Corporate pour former massivement dans les grandes entreprises ?

Par Pierre Berthou, Directeur Général Software de FuturSkill.

Depuis quelques mois, le monde de la formation n’a que quatre lettres à la bouche : MOOC. Cet étrange acronyme désigne les « massive open online courses », ces plateformes de e-learning sur lesquelles les meilleures universités du monde rendent leurs cours gratuits et accessibles à tous, dans le monde entier.

Après les pionniers Udacity et Coursera, c’est lorsque le projet edX a été annoncé en juin dernier par Harvard et le MIT que nous, professionnels du e-learning, avons compris qu’une évolution majeure en matière d’accès à la connaissance et à la formation était en marche. La rapidité avec laquelle d’autres universités, dont Berkeley, ont adopté cet outil révèle un engouement réel et sérieux. La croissance des MOOC est impressionnante : Coursera a atteint le million d’utilisateurs en seulement quatre mois, quand Facebook en avait mis neuf à atteindre ce palier.

Quand vous formez une personne, vous pouvez changer sa vie. Quand vous en formez beaucoup, vous pouvez changer le monde !

Coursera - Résidence des utilisateursCes plateformes d’un genre nouveau rendent donc libre l’accès à une immense base de connaissances d’excellence, n’importe où, n’importe quand. La vague se propage dans le monde entier : 62 % des utilisateurs de Coursera, start-up américaine, résident au Brésil, en Inde, en Chine et au Canada. Les pays en développement les adoptent massivement.

Pour Shai Reshef, président de University of the People (une université en ligne entièrement gratuite, fondée en 2009 et qui a déjà dispensé ses cours de gestion et d’informatique à plus de 1 500 étudiants issus de 132 pays), les MOOC sont une authentique révolution populaire : « Quand vous formez une personne, vous pouvez changer sa vie. Quand vous en formez beaucoup, vous pouvez changer le monde. »

Le potentiel de ce procédé de formation est en effet impressionnant. Comme le relevait Vincent Berger, président de l’Université Paris 7 Diderot et rapporteur des Assises de l’enseignement supérieur et de la recherche qui se sont tenues en juillet dernier, l’enjeu de compétitivité est décisif car « l’enseignement supérieur français, s’il ne sait pas être extrêmement ambitieux dans ce domaine, risque de voir un grand nombre de ses étudiants le quitter […]. Ce ne sera plus la fuite des cerveaux, ce sera le détournement des cerveaux. » Des cerveaux de digital native, bien évidemment conquis par ce modèle en tant qu’étudiants aujourd’hui… mais qui seront très vite les salariés des entreprises de demain !

Comment concurrencer la gratuité ?

Dès lors, comment faire en sorte que nos métiers de formation s’arriment à cette nouvelle façon de consommer la formation, et profitent eux aussi de ce tsunami annoncé des MOOC ? Michel Diaz, organisateur des Rencontres du e-learning, prédit qu’on s’achemine vers un monde où les établissements d’enseignement supérieurs deviendront des acteurs majeurs de la formation continue, puisqu’avec les MOOC elles peuvent délivrer des cours d’excellence sans aucune contrainte d’horaire ou de lieu. Ces établissements pourront notamment répondre sérieusement aux obstacles que nous connaissons bien, en matière d’accès à la formation : nomadisme, home-working, entreprises en micro-réseau, situation de handicap… Surtout, elles possèdent un argument-massue : la gratuité ou quasi-gratuité.

Alors, sommes-nous condamnés à disparaître ? Sûrement pas : je suis convaincu, tout comme Michel Diaz, que les organismes de formation sauront capitaliser sur l’avantage comparatif décisif qu’est la certification. Mais il est sans doute indispensable que nous nous inspirions de ce mouvement.


Soyons des judokas : les MOOC sont une arme, pas un concurrent

JudoNe considérons pas les MOOC comme un nouveau concurrent de poids. A l’ère d’une pénurie de talents à la fois complexe dans sa forme, sa géographie et sa définition, et à laquelle la formation est probablement la seule parade à court terme, les MOOC représentent une formidable opportunité. Aux Etats-Unis, on y réfléchit déjà. Personne, en France, ne s’est encore véritablement saisi du sujet.

Pourtant, le MOOC Corporate pourrait donner un élan décisif à la formation continue dans les grandes entreprises implantées sur différents sites, dans différentes régions, dans différents pays. Quel dirigeant de multinationale, quel DRH d’entreprise multi-sites ne s’est jamais trouvé confronté à la difficulté de transmettre un socle commun de compétences et de culture d’entreprise à ses salariés, dans le monde entier ou dans des régions distantes ? Quel DRH n’a jamais rêvé d’un outil et de méthodes qui lui permettraient de former et dinformer ses salariés de façon homogène et à faible coût, sur l’ensemble de la planète ?

Avec les MOOC, ce rêve-là semble désormais accessible – et le marché est, à n’en pas douter, considérable et pérenne. C’est un modèle d’université d’entreprise digitale qui reste à inventer, sur le socle en construction d’une université universelle.

> Tribune initialement publiée sur Formaguide


Qu’est-ce qu’un « MOOC » (en anglais)

> Crédits images :
  • à la Une : visuel issu du flickstream de palphy, sous licence CC
  • Judo : flickrstream de Clicks2006, sous licence CC
  1. La connaissance doit être partagée. Et il est vital de prendre cette nouveauté dans le bon sens. Internet permet de toucher des millions de gens instantanément. Les vrais expert gagnetoujours a partager leur savoir. Ils deviennent les leaders et ne peuvent pas y perdre au change. Seuls ceux qui gagnent trop facilement de l’argent sans délivrer une vraie qualité de fomration vont souffrir dans l’histoire…