Publié le 11 juin 2019

BAROMETRE. La révision à la baisse de la croissance du produit intérieur brut français au premier trimestre 2019 n’a pas eu d’impact significatif sur les intentions d’embauche des chefs d’entreprise. Si des inquiétudes semblent poindre dans les secteurs de la construction et de l’industrie manufacturière, l’économie française résiste bien dans son ensemble. C’est l’enseignement principal de la nouvelle édition du baromètre ManpowerGroup des perspectives d’embauche : au 3e trimestre 2019, les employeurs français maintiennent des prévisions de recrutement positives, en ligne avec le trimestre précédent.

Interrogés par ManpowerGroup fin avril, les employeurs français font état d’intentions d’embauche stables pour le 3e trimestre 2019. Avec une prévision nette d’emploi, corrigée des variations saisonnières, qui s’établit à +5% en France, les chefs d’entreprise restent relativement optimistes sur la croissance de leur activité entre les mois de juillet et de septembre 2019. Un résultat relativement modeste qui reste encourageant, au regard du ralentissement des activités attendu dans certaines économies mondiales majeures.

« Ce baromètre reflète la résistance de l’économie française », commente Alain Roumilhac, Président de ManpowerGroup France. Ce dernier voit dans les résultats de l’étude « une attitude mesurée » de la part des chefs d’entreprise français, « dans un contexte où la France conserve un rythme de croissance correct, mais risque de pâtir du ralentissement des autres pays, Allemagne et Chine en tête ».

Recul important dans le Sud, horizon plus dégagé dans le Nord

Dans les cinq régions de France étudiées par le baromètre ManpowerGroup, les intentions d’embauche sont positives au 3e trimestre 2019. Dans le détail, les situations apparaissent toutefois bien plus contrastées. Ainsi, quand la stabilité est de mise dans le Centre-Est, en Île-de-France et dans le Centre-Ouest en comparaison annuelle, le Nord enregistre un bond de 9 points au 3e trimestre 2019, par rapport à la même période en 2018. La prévision nette d’emploi dans la région ressort à +7%, inchangée pour le troisième trimestre consécutif.

La dynamique est moins encourageante dans la région Sud : les prévisions d’embauche, à +3% pour la période allant de juillet à fin septembre 2019, sont en recul de 3 points d’un trimestre à l’autre et de 6 points par rapport au 3e trimestre 2018. Un ralentissement plus modeste du rythme des embauches est à attendre dans la région Est, avec des intentions d’embauche à +6%, en repli d’un point par rapport au trimestre précédent et à la même période en 2018.

Parmi les entreprises, les TPE sont les plus prudentes

Au 3e trimestre 2019, un écart de 7 points sépare les intentions d’embauche déclarées par les microentreprises (10 salariés ou moins) de celles anticipées par les grandes entreprises (plus de 250 salariés). Quand les TPE se disent particulièrement prudentes pour le 3e trimestre 2019, avec des intentions d’embauche à + 4%, les grandes entreprises se montrent bien plus optimistes, avec une prévision d’embauche à +11%, stable d’un trimestre sur l’autre. Au sein des moyennes entreprises (entre 50 et 249 salariés), les employeurs font état d’un niveau de confiance similaire, avec des intentions d’embauches en progression de 3 points en comparaison trimestrielle mais en recul de 2 points par rapport au 3e trimestre 2018. Enfin, dans les petites entreprises (de 10 à 49 salariés), les intentions d’embauche s’établissent à +10% pour les trois mois à venir.

Net rebond dans le secteur transport et logistique

Après un second trimestre 2019 plutôt morose et des intentions d’embauche négatives à - 8%, le secteur transport et logistique connaît un net regain de vigueur : au 3e trimestre 2019, les employeurs du secteur font état de prévisions d’emploi en progression de 11 points d’un trimestre à l’autre. Parmi les 10 secteurs étudiés, seuls deux secteurs déclarent des intentions d’embauche négatives.

C’est dans le secteur de l’agriculture que les chefs d’entreprise se disent les plus optimistes pour le trimestre à venir : 8% des entreprises comptent augmenter leurs effectifs, en progression de 6 points par rapport à la même période en 2018. A l’inverse, dans le secteur des industries extractives, le pessimisme est de mise, avec des prévisions à - 4%, en recul de 6 points, d’un trimestre à l’autre. Dans l’industrie manufacturière, un recul de 11 points est constaté par rapport au trimestre précédent, même si les intentions d’embauche restent positives, à + 5%.

Au Japon, l’optimisme des entreprises ne se dément pas

C’est dans la zone Asie-Pacifique que l’on constate les intentions d’embauche les plus hautes au 3e trimestre 2019 : au Japon, avec + 25% de prévisions d’embauche, et à Taïwan, où 22% des entreprises prévoient d’augmenter leurs effectifs. Aux États-Unis, les prévisions d’embauche atteignent + 18%, un niveau que le pays n’avait pas connu depuis 13 ans. Dans la région EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique), les employeurs grecs et slovènes sont les plus optimistes : 20% d’entre eux comptent augmenter leurs effectifs. La Hongrie est à la traîne, avec des intentions d’embauche à - 2% pour le 3e trimestre 2019.

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Baromètre ManpowerGroup des perspectives d’emploi pour le 4e trimestre 2019. Publication des résultats : 11 septembre 2019.

Ressources

A propos de l'étude :

Le Baromètre ManpowerGroup des perspectives d’emploi pour le 3e trimestre 2019 a été réalisé dans 44 pays et territoires, entre le 17 et le 30 avril 2019, auprès de plus de 59 000 employeurs issus d’entreprises privées et d’organismes publics, dont 1 000 employeurs en France. L’étude analyse les données obtenues en réponse à une unique question : « Comment anticipez-vous l’évolution des effectifs de votre entreprise au cours du prochain trimestre, jusqu’à fin septembre 2019, par rapport au trimestre actuel ? »

Le chiffre de « prévision nette d’emploi » utilisé dans ce Baromètre est le résultat de la soustraction entre le pourcentage d'employeurs anticipant une hausse de leurs effectifs et le pourcentage d’employeurs anticipant une baisse. Il s’agit donc d’un solde net – pouvant être positif ou négatif – de perspectives d’emploi.

Les données sont corrigées des variations saisonnières afin de refléter au mieux la réalité des perspectives. Ces corrections permettent d’analyser les données en lissant l’impact des fluctuations saisonnières, qui se reproduisent normalement aux mêmes périodes chaque année. Les données ainsi corrigées sont donc plus représentatives sur le long terme. Précisons que les chiffres pour le Portugal ne sont pas corrigés des variations saisonnières.

Créé il y a plus de 50 ans, le Baromètre ManpowerGroup des perspectives d’emploi est élaboré chaque trimestre, sur la base d'un échantillon représentatif d'employeurs non issus du fichier des clients de ManpowerGroup.

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Contact Presse

Marie Elissalde / 06 28 74 50 95 / 01 57 66 14 43

marie.elissalde@manpower.fr

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