Formation-salariés-age

Les seniors, oubliés de la formation ?

La négociation sur la réforme de la formation professionnelle touche à sa fin. Parmi les priorités : que le système bénéficie mieux aux demandeurs d'emploi et aux salariés les moins qualifiés. Une étude vient toutefois montrer que même les cadres peuvent voir leur employabilité menacée par un moindre accès à la formation.

« Le débat actuel relatif à la formation professionnelle donne la priorité aux chômeurs et aux  salariés peu qualifiés. Mais certains cadres, les plus âgés et les moins diplômés, bénéficient peu de la formation continue. Une étude menée par Sextant dans le secteur des SSII montre aussi que les cadres engagés dans une activité en déclin sont laissés pour compte par la formation continue, à l’encontre de ce que devrait être une bonne GPEC. En réalité, le statut de cadre n’est pas un rempart contre la déqualification professionnelle. »

Si la réforme du système français de formation actuellement négociée vise à corriger des inégalités aujourd’hui connues de tous (le système bénéficie trop peu aux demandeurs d’emploi et aux salariés les moins qualifiés), l’étude menée par le cabinet Sextant Expertise dans le secteur informatique, et plus particulièrement les sociétés de services en ingénierie informatique (SSII, désormais appelées « entreprises de services du numérique » ou ESN, par le syndicat des employeurs du secteur, le Syntec numérique), révèle une facette peu connue des disparités d’accès à la formation : même les cadres, à partir d’un certain âge surtout, peuvent voir leur employabilité menacée par un moindre accès à la formation.

Part de salariés non formés par tranche d'âge

Part de salariés non formés par tranche d’âge

L'obsolescence (programmée) de nos compétences : la course contre la montre

Une étude du CEDEFOP révèle que près d'un tiers des salariés seniors ont le sentiment d’être dépassés...

Lire la suite +
Un aspect à ne pas négliger quand on sait que les salariés les plus âgés sont les premiers menacés par « l’obsolescence des compétences », alors même que ces dernières sont devenues « la monnaie mondiale du 21ème siècle » de l’aveu-même de l’OCDE…

Nicolas Formont, consultant et auteur de l’article présentant l’étude, prévient ainsi  :

« Au terme de ce processus, si rien n’est fait pour les remettre à niveau, ils seront victimes d’un processus de marginalisation du marché interne du travail et seront menacés sur leur poste. Faut-il attendre leur entrée au chômage pour les former et les positionner sur des segments de marché porteurs ? A l’évidence, le maintien dans l’emploi devrait s’imposer. »

> Télécharger l‘étude (pdf)