Publié le 18 janvier 2017

Lors du Forum Economique Mondial, Mara Swan, Vice-président exécutif de Global Strategy and Talent chez ManpowerGroup, a publié une tribune sur l’égalité homme-femme dans le monde du travail de demain. Tribune que nous reproduisons ici. 

exec-mara-swan« This is a man's world ... but it wouldn't be nothing, nothing, without a woman or a girl. »

Telles sont les paroles chantées par James Brown en 1966. Sans aucun doute des progrès autour des questions de parité et de genre ont été faits depuis lors. Ce refrain devrait donc être dépassé, n’est-ce pas ? Pourtant, la réalité pourrait bien… donner raison à James Brown !

Aujourd’hui, à l’heure où la technologie transforme nos manières de travailler à un rythme effréné, nous assistons à ce que nous appelons une « révolution des compétences » : aider les gens à développer leurs compétences et à s’adapter à un monde du travail en perpétuel mutation est le grand défi de notre époque ! Un défi qui aura un impact particulièrement fort… sur les femmes.

La fracture entre les femmes et les hommes pourrait s'accroître

Les métiers les plus impactés par l'intelligence artificielle, la digitalisation et la robotique, sont majoritairement occupés par des femmes. Car de nombreux secteurs menacés par l'automatisation – vente, business, opérations financières, fonctions supports et administratives - ont tendance à compter des proportions plus élevées de femmes dans leurs effectifs.

En outre, les femmes sont sous-représentées dans des secteurs prévoyant une croissance de l'emploi comme l’architecture, l’ingénierie, l’informatique et les mathématiques. Et bien que nous ayons presque atteint la parité entre le nombre d'hommes et de femmes diplômés en sciences sociales et en mathématiques, du moins aux États-Unis, nous constatons une inversion de la tendance… dans l’informatique. En effet, aujourd'hui, les femmes représentent seulement 18% des diplômés en informatique, contre 37% dans les années quatre-vingt.

Si la tendance actuelle se confirme, les femmes pourraient faire face à la perte de 3 millions d'emplois contre un gain d’un demi-million seulement. Soit plus de 5 emplois perdus pour 1 emploi gagné. A terme, cette situation entraînerait un décalage encore plus important entre les hommes et les femmes sur le marché du travail.

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La capacité d’apprentissage, une chance de rétablir l’égalité ?  

Une tendance me rend optimiste : nous savons que les emplois qualifiés sont ceux qui montrent la plus forte croissance – un indicateur encourageant pour les femmes, qui sont plus nombreuses à être diplômées par rapport aux hommes dans 95 pays sur 144. C’est pourquoi il faut investir toujours plus dans le développement des compétences pour augmenter non seulement la pertinence, mais aussi la résilience des collaborateurs et des entreprises, quel que soit leur sexe ou leurs origines sociales.

Dans cette « révolution des compétences », la capacité d’apprentissage est la clé pour trouver un nouvel équilibre entre les sexes sur le marché du travail. Comme les entreprises ne peuvent pas prédire à l’avance les compétences dont elles auront besoin à l’avenir, la seule façon pour elles de rester agiles est de recruter des personnes capables de s’adapter rapidement et d’apprendre rapidement de nouvelles compétences. Les femmes doivent savoir nourrir cette capacité d’apprendre, cette agilité, pour être en position de tirer profit des changements dans les entreprises et sur le marché de l’emploi.  

Voici quelques approches pragmatiques à adopter pour que les femmes tirent leur épingle du jeu dans la révolution des compétences :

  • Embaucher, promouvoir et encourager les femmes à prendre des responsabilités

Notre étude montre qu’un faible nombre de femmes reconnaît que prendre un poste avec des responsabilités est essentiel pour avancer dans leur carrière, et souvent elles s’arrêtent à mi-parcours. En réalité, nous avons besoin que les femmes acquièrent les compétences et l’expérience nécessaire pour accéder à des rôles de gestion et de leadership. Cela aussi contribuera à atténuer les pertes d’emplois chez les femmes dans des secteurs menacés par l’automatisation.

  • Mener des discussions de carrières 

L’an dernier, nous avons constaté que seulement 16% des employés ont parlé de leur carrière avec leur manager. C’est une mauvaise nouvelle concernant l’engagement des employés, mais aussi pour les femmes. Beaucoup d’entre elles ne cherchent pas à obtenir des postes à responsabilités. Elles doivent se former et développer des compétences pour travailler dans ces nouveaux métiers qui apparaissent dans plusieurs secteurs florissants. Et c’est le rôle des entreprises que de les aider à y parvenir.

  • Recruter des personnes dotées de la capacité d’apprentissage

Les compétences et les talents sont plus importants que jamais. Il est temps à présent pour les leaders d’être agiles et responsables. Les formations doivent s’accélérer tout comme le reskilling des employés actuellement en poste pour s’assurer d’avoir une main d’œuvre prête à relever les défis de demain. Cette « capacité d’apprentissage » doit être le premier critère de recrutement pour trouver les talents capables d’exercer les métiers de demain. 

A l’avenir, ce n’est plus le sexe qui comptera, ce seront les compétences – les femmes auront un accès à l’emploi égal à celui des hommes, bénéficieront de la même représentation et auront accès aux mêmes opportunités professionnelles à des salaires équivalents. Nous écouterons toujours James Brown… mais ce ne sera plus « un monde d’hommes ».

Pour en savoir plus sur votre capacité d’apprentissage : www.learnabilityquotient.com/davos

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