Publié le 25 août 2011

Au printemps 2010, le Céreq a interrogé environ 30 000 jeunes sortis pour la première fois de formation initiale au cours ou à la fin de l’année scolaire 2006-2007, dans le cadre de l’enquête « Génération 2007 ». Les résultats de cette enquête confirment que le diplôme est un atout gagnant face à la crise :

"Le diplôme reste le meilleur atout pour accéder à l’emploi dans de bonnes conditions. En 2007, près d’un jeune sur six a quitté le système éducatif sans en avoir obtenu. Ils sont les plus exposés à la précarité et au chômage, d’autant plus en période de crise. Pour les diplômés du supérieur, les effets de la crise sont moindres."

Plus le diplôme est élevé moins le risque de chômage est grand ; en effet le taux d’emploi à trois ans atteint:

  • 48% pour les non diplômés de la « génération 2007 » ;
  • contre 70% pour les diplômés du secondaire ;
  • et 85% chez les diplômés du supérieur.

On remarque que la crise a rendu la situation encore plus difficile pour les non diplômés : ils représentent la catégorie dont la courbe de l’évolution du taux d’emploi de la « génération 2007 » décroche le plus par rapport à celle de la « génération 2004 » au moment de la crise.

Dans une interview au Monde, une chercheuse du Cereq soulignait combien l’absence de diplôme pénalise face à l’emploi :

"Les jeunes qui sortent de l'école sans aucun diplôme sont estimés à 120 000 chaque année, soit 17 % de ceux qui se présentent pour la première fois sur le marché du travail. [...]

Au bout de trois ans de vie active, moins de six de ces jeunes sur dix ont un emploi. Après trois ans, 58 % seulement travaillent : c'est un laps de temps considérable pour trouver un emploi. Ils connaissent un taux de chômage de 27 %. Autrement dit, les non diplômés sont deux fois plus au chômage que les autres."

Les diplômes professionnels sont efficaces

70 %  des jeunes sortis du système éducatif au cours ou à la fin de l’année scolaire 2006-2007 avec un CAP ou BEP comme plus haut diplôme avaient un emploi en 2010, trois ans après leur sortie. Ils étaient 76 % pour ceux sortis en 2004, interrogés en 2007.

 

 

 

Au-delà du CAP et du BEP, les diplômes professionnels sont un meilleur atout en termes d’emploi que les diplômes généraux. En effet, les premiers résultats de l’enquête Génération 2007 ont montré que parmi les diplômés de l’enseignement supérieur, ceux issus de cursus professionnels connaissent une insertion plus aisée que ceux sortis avec un diplôme général en poche.

Pour rappel, depuis les années 70, l’enseignement supérieur s’est doté de formations professionnelles (BTS, DUT) et les licences  professionnelles ont été crées en 1999. Seulement 3% des jeunes sortants du supérieur en 2004 étaient issus de licence professionnelle ; en  2007, ce chiffre a plus que doublé pour atteindre 7 %.

En 2007, trois ans après leur sortie de l’enseignement supérieur, les titulaires d’une licence professionnelle obtenue en 2004 connaissaient une insertion meilleure que les sortants de licence générale ; plus souvent en emploi, plus souvent stabilisés sur le marché du travail, ils avaient des rémunérations plus élevées lorsqu’ils étaient en emploi. Cette tendance semble s’être accentuée pour la Génération 2007 : trois années après leur sortie ils sont :

  • plus souvent en emploi que les diplômés de licence générale (88% contre 75%),
  • moins souvent au chômage,
  • plus souvent stabilisés sur le marché du travail (80% contre 70% en emploi à durée indéterminée)
  • toujours mieux rémunérés (+ 200 euros en salaire net médian).

Néanmoins, les licenciés professionnels éprouvent plus de difficultés à occuper des emplois de cadre.

Des enseignements à méditer, notamment pour les choix d'orientation des étudiants. Dans cette perspective, si l'alternance et l'apprentissage ne sont pas des solutions miracles, ils constituent néanmoins des dispositifs de formation efficaces à plusieurs égards.

Cet article vous a intéressé ? Partagez-le !