Publié le 23 janvier 2014

"Le jour où notre pays aura un actif national d’un  million d’entreprises de plus qu’aujourd’hui, une partie de la question lancinante du chômage, et particulièrement de celui des jeunes, aura trouvé des solutions durables."

Christian Vulliez, ancien directeur d'HEC et un des artisans des écoles de la deuxième chance, faisait récemment de la création d'entreprise un des premiers leviers de la "bataille" pour l'emploi. Créer son emploi, lorsqu'on n'en a pas, une issue de secours utopique ?

"Nouvelles compétences"

Une récente enquête de l'Unédic donne un coup de projecteur sur le dispositif ARCE (Aide à la reprise ou la création d'entreprise), et vient donner du corps à cette volonté de faire de l'entrepreneuriat un tremplin vers l'emploi : en 2006, seuls 19 000 bénéficiaires avaient pu bénéficier du dispositif, et ainsi "percevoir la moitié des allocations chômage qui lui restent, en 2 versements espacés de 6 mois" pour créer ou reprendre une entreprise (voir les détails de l'ARCE). En 2010, ils étaient plus de quatre fois plus nombreux (82 000) à recevoir l'aide - d'un montant moyen de 13 000 € par bénéficiaire, un chiffre qui s'est depuis légèrement tassé (76 500 en 2011, 66 000 en 2012).

ARCE - 2 ans après

Et le retour de l'emploi s'effectue - durablement - dans la grande majorité des cas : seuls 12% des bénéficiaires sont à nouveau à la recherche d’un emploi, deux ans après l'obtention de l'allocation. Plus de 7 bénéficiaires sur 10 sont toujours à la tête de l'entreprise qu'ils ont créée (ou reprise), un projet qu'ils n'auraient pas pu mener sans l'ARCE, ou avec difficultés, dans plus de trois quarts des cas.

Plus encore, dans 83% des cas, l'expérience a apporté aux bénéficiaires "de nouvelles compétences et connaissances", ainsi que, pour plus de la moitié des interrogés, un réseau et des savoir-faire utiles dans d'autres secteurs. Barrière à l'éloignement de l'emploi et vecteur d'employabilité, la création d'entreprise s'affirme comme un passeport pour l'emploi en devenir.

Jeunes, hommes, diplômés

Le dispositif, toutefois, touche à 89% des bénéficiaires dont l'objectif était de "créer ou de reprendre une entreprise pour en faire une activité principale et durable". Majoritairement des hommes (à 71%), trentenaires (plus de 35%), les bénéficiaires de l'ARCE sont aussi plutôt diplômés : près de la moitié d'entre eux sont minimum à bac+2, soit près du double de la moyenne de l'ensemble des allocataires de l'assurance chômage). Ouvrir le dispositif à une plus grande variété de profils et faire naître ou encourager le désir de reprendre ou créer une entreprise à ceux qui ne l'avaient pas déjà, deux pistes d'amélioration pour généraliser la création et la reprise d'entreprise comme une solution privilégiée de retour dans l'emploi demain ?

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> L'infographie et tous les résultats l'enquête

Crédits images : UK in Canada/Flickr (licence CC), Unédic
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