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Amazon made in France : quels enseignements?

Sept ans après la fermeture de l’usine Kodak, qui n’a pas su s’adapter au numérique, Amazon, le géant américain du commerce en ligne, installe un centre logistique en Bourgogne. Un cas typique des transformations de l’économie et de l’emploi.

Et de trois ! Après les centres logistiques de Montélimar dans la Drôme et de Saran dans le Loiret, Amazon.fr s’installe en Bourgogne, dans l’agglomération de Chalon-sur-Saône à Sevrey. Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, s’en réjouit : de nombreux demandeurs d’emploi « ont déjà téléphoné à leurs élus pour savoir si l’information était vraie et comment postuler ».

Encore du flou sur les contrats mais une certitude : l’activité d’Amazon requiert de la flexibilité

L’opération de recrutement commence le 1er juillet sur le la page « Carrières » du site d’Amazon ; elle concerne 34 postes de managers et plusieurs centaines d’emplois de magasiniers, préparateurs de commence, chefs d’équipe. Combien de postes vont-ils être créés ? Amazon a seulement déclaré vouloir « recruter jusqu’à 1.000 emplois d’ici novembre 2012 », sans plus de précisions. Sous quelles formes contractuelles (CDI, CDD, intérim) ? La seule information à ce sujet vient de François Patriat, président (PS) du conseil régional, qui a annoncé que 250 CDI seraient créés- ce qui signifierait que les 750 autres emplois seraient des contrats temporaires.

Cette typologie des emplois proposés s’explique par les fluctuations de l’activité d’Amazon, très variable selon les périodes de pointe – Noël ou rentrée scolaire – et les périodes plus calmes comme l’été.

François Patriat a aussi annoncé que le Conseil régional de Bourgogne interviendrait « dans le cadre de son offre de services en matière de formation afin de sécuriser les parcours professionnels des demandeurs d’emplois bourguignons et de répondre aux besoins en compétences de l’entreprise ».

Une compétition entre les territoires

Pourquoi Chalon ? Arnaud Montebourg a salué « la forte mobilisation locale du conseil régional, du conseil général, des agences de développement économique et de Pôle emploi », soulignant ainsi l’efficacité des partenariats. Surtout, les explications de Frédéric Duval, directeur de la logistique du groupe Amazon, révèlent les déterminants de la compétitivité au 21ème siècle : les caractéristiques des territoires président largement aux décisions d’investissements.

Si le financement du « made in France by Amazon » fait grincer quelques dents, cette implantation est surtout révélatrice d’une nouvelle donne économique pour les territoires, qui doivent combiner offre de compétences et qualité des infrastructures pour être attractifs. Chalon, en concurrence avec Beaune, a remporté son duel en représentant un « très bon compromis » entre les trois critères du choix d’Amazon :

  • le bassin d’emploi ;
  • le nœud logistique ;
  • les facilités potentielles pour les employés en matière de transports ou de crèches.

Et puis, comme le souligne Emmanuelle Delsol, dans L’Usine nouvelle, cette implantation est aussi symbolique : « c’est le numérique qui vient au secours d’un territoire qu’il a contribué à sinistrer. En 2005, pour ne pas avoir su s’adapter à la photographie numérique, Kodak avait fermé son site de production de pellicule argentique de Chalon-sur-Saône. »