Publié le 16 juin 2017

ETUDE. A l’occasion de VIVA Technology 2017, ViaVoice et ManpowerGroup, en partenariat avec Les Echos Start, dévoilent une étude exclusive sur « Les jeunes de 18 à 30 ans face un travail en mutation ». Riches d’enseignements, ces entretiens effectués auprès de 1003 personnes révèlent notamment que cette génération est loin d’être aussi monolithique qu’elle ne l’est souvent présentée.

« Génération Y ou Z », « digital natives », « Millennials »… ces termes fréquemment utilisés pour évoquer la jeune génération et sa conception du travail peinent à refléter la diversité des individus qui la composent.

L’étude « Les jeunes de 18 à 30 ans face un travail en mutation », menée par ViaVoice pour ManpowerGroup, en partenariat avec Les Echos Start, lève le voile sur une génération plurielle, dont les aspirations et les ambitions face aux transformations du monde du travail sont diverses, avec un point commun : une conscience très forte des mutations en cours.

En donnant à voir une jeunesse hétérogène dans ses attentes et ses représentations du monde du travail, l’étude permet aussi de lever certaines incompréhensions générationnelles : conscients des mutations actuelles, les 18-30 ans ne les voient pas nécessairement comme des obstacles à leur réussite ou leur épanouissement, même s’ils font part de certaines inquiétudes pour demain.

>> Découvrez l'étude dans son intégralité ici.

Une génération plurielle avec des aspirations divergentes

L’étude exclusive dévoilée à l’occasion de VIVA Technology distingue quatre groupes au sein des 18-30 ans interrogés. A chacune de ces catégories correspondent des stratégies diverses face aux transformations en cours et à venir. Par ailleurs, les aspirations de ces différents groupes dans la sphère professionnelle sont marquées par une hétérogénéité significative.

  • Le premier groupe rassemble les plus « fragilisés » (28%) : plutôt issus de milieux populaires, intégrés au marché du travail mais souvent avec des emplois précaires et à faible niveau de responsabilité, ils voient davantage le travail comme source de contraintes ;
  • Le second groupe, qui compte pour 18% de l’ensemble est celui des « pragmatiques » : ces jeunes préfèrent travailler dans une grande structure, plutôt rassurante, mais ils peuvent voir l’uberisation comme une chance d’accéder à un métier valorisant ;
  • Le troisième groupe rassemble les « optimistes exigeants » (17%) : ils correspondent plus ou moins à l’archétype de cette génération Y (ou Z). Pour eux, les évolutions en cours comme l’uberisation ou la robotisation sont de formidables opportunités. Ils sont en revanche particulièrement exigeants envers l’entreprise ;
  • Le quatrième et dernier groupe est celui des « optimistes flexibles » (17%) : comme le groupe précédent, ceux-ci valorisent fortement le changement et souhaitent intégrer une « entreprise évolutive ». En revanche, les jeunes formant ce groupe vont davantage privilégier l’évolution de carrière.

Une conception différente du travail, mais qui reste perçue comme une source d’épanouissement

Les jeunes de 18-30 ans, dans leur grande majorité, sont pleinement conscients des évolutions qui redéfinissent le marché du travail d’aujourd’hui. Ils sont ainsi 79% à penser que leur génération a une conception nouvelle à l’égard du travail, par rapport à la génération de leurs parents.

Interrogés dans le détail sur les points d’évolution qui les démarquent des générations précédentes, les individus interrogés citent : à 28%, certaines valeurs devenues plus importantes, telles que l’autonomie, le changement ou la satisfaction personnelle ; à 26%, des priorités qui ont évolué, dont l’épanouissement personnel ; à 26%, l’importance de la mobilité, contrastant avec les carrières linéaires menées par leurs parents ; à 23%, la perception accrue d’un monde du travail plus difficile, plus précaire, moins valorisant ; et enfin, les nouvelles technologies (9%).

A titre personnel, les valeurs les plus plébiscitées au travail par les jeunes générations sont la qualité (45%), l’écoute (43%), la reconnaissance (39%), la solidarité (35%), la rigueur (31%) et la liberté (26%). A noter que chez les « optimistes exigeants », c’est l’écoute qui arrive en tête.

Alors que 70% des répondants sont d’accord avec l’affirmation selon laquelle le travail fait partie de leur identité, ils sont 55% à l’identifier comme une source d’épanouissement. Seuls 33% des individus interrogés voient l’activité professionnelle comme une source de contraintes.

Mais de grandes disparités apparaissent entre les groupes : 43% des répondants appartenant au groupe des « fragilisés » estiment que le travail est une source de contraintes, quand il est vu, dans les trois autres groupes, comme une source d’épanouissement par plus de la moitié des personnes interrogés.

Une forte conscience de la révolution du travail

Pour 54% des personnes interrogées dans le cadre de l’étude, d’ici une dizaine d’années, le travail n’aura plus rien à voir avec ce que l’on connaît aujourd’hui. Les nouvelles formes de contrat de travail, les nouvelles formes d’organisation du travail, le partage des tâches avec les robots et l’équilibre vie professionnelle – vie personnelle constituent les principaux aspects susceptibles d’être bouleversés à moyen-terme.

La notion de changement s’invite également dans la nature même du travail que les jeunes générations souhaitent effectuer : ils sont ainsi 69% à préférer, à titre personnel, un métier avec des missions qui évoluent souvent en fonction des besoins. Parallèlement, 56% des personnes interrogées souhaitent travailler dans une entreprise évolutive, qui se remet souvent en question. De grandes disparités sont à noter entre les groupes identifiés : chez les « pragmatiques », l’aspiration à travailler dans ce type de cadre est tout simplement nulle, quand les deux groupes d’« optimistes » verbalisent ce désir à plus de 90% !

Enfin, malgré la généralisation de la mobiquité dans le cadre professionnel, 60% des jeunes de 18-30 ans interrogés indiquent préférer travailler dans le cadre de leur entreprise, plutôt qu’à distance. Ils sont également 57% à faire part de leur préférence pour un statut de salarié en entreprise. Ils sont seulement 33% à déclarer leur souhait de travailler à leur propre compte.

Des menaces bien identifiées, mais qui ne brident pas l’optimisme

Invités à identifier d’une part, les menaces, et d’autre part, les chances qui pourraient avoir un impact leur avenir professionnel, les jeunes de 18-30 ans interrogés rangent dans la première catégorie la robotisation, les nouvelles technologies, le digital (41%) et dans la seconde, la mondialisation (42%), l’ubérisation du travail et la simplification du droit du travail (39%).

Au sein des quatre groupes identifiés, les écarts se confirment entre les « fragilisés » et les autres, dont les réponses sont relativement homogènes entre elles. La perception de la mondialisation comme « une chance » n’intervient que pour 17% des individus du groupe des « fragilisés », quand le pourcentage oscille entre 46 et 55% au sein des trois autres groupes.

En termes de précarité, la jeune génération confirme, à 68%, que le CDI continue d’être identifié comme une garantie et une sécurité pour s’assurer de conserver son poste au sein de l’entreprise. Dans la même veine, ils sont 68% à considérer que le type de contrat constitue un critère permettant de dire si un travail est précaire ou ne l’est pas.

Viennent ensuite, parmi les critères les plus fréquemment cités, l’activité et la santé financière de l’entreprise (56%), la qualité des liens entre le salarié et sa hiérarchie et ses collègues, ses interlocuteurs dans l’entreprise (34%) et enfin, les choix économiques de l’entreprise pour l’avenir (30%).

Globalement, et malgré un environnement de travail caractérisé par les incertitudes, la génération des 18-30 ans reste, en moyenne, confiante sur son avenir professionnel. Ils sont 40% à se dire optimistes pour les années à venir, contre 25% de pessimistes et 32% qui disent n’être ni optimistes, ni pessimistes. Les plus confiants sont sans conteste les « optimistes exigeants » (55%) et les « optimistes flexibles » (46%). En revanche, les « fragilisés » sont seulement 21% à se déclarer confiants pour leur avenir professionnel.

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