Publié le 1 juillet 2014

L'année dernière, plus d'un cadre sur cinq a changé de poste ou d'entreprise (22%). C'est ce qui ressort de la récente étude Mobicadres (Deloitte-Nomination), réalisée auprès de 6 000 cadres. Depuis 2009, ce chiffre est relativement stable (21%).

Qu'est ce qui fait bouger les cadres ?

mouvementNon, l'argent se fait pas tout. En effet, l'aspect purement financier ("une rémunération plus attractive") n'arrive qu'en 4e position (24%) des motifs de mobilité. En haut du podium : la "possibilité de nouvelles responsabilités" (57%) ou "la perspective d'une évolution de carrière plus importante" (40%).

En moyenne, le temps passé par un cadre dirigeant à son poste est de 4,1 ans. Et chute à 2,9 ans pour les moins de 35 ans !

Pour Christian Judez, consultant en management des carrières et coach chez Right Management, ces chiffres sont représentatifs de l'évolution du marché du travail des cadres :

"Les motifs de mobilité des cadres sont nombreux. Aujourd'hui, un cadre doit savoir quelles sont ses forces, ses faiblesses et avoir un regard global sur le marché, même en dehors de son seul cœur de métier. C'est tout l'intérêt aujourd'hui, pour eux, d'être épaulés par des structures d'outplacement, surtout dans un marché du travail de plus en plus mouvant et rapide".

Comprendre la nature personnelle d'une transition de carrière, réaliser un bilan de compétences ou un plan de formation, aider le cadre en transition à atterrir rapidement dans de nouvelles fonctions... : voici les objectifs de l'outplacement individuel. "Il faut garder à l'esprit que dans la moitié des cas, la mobilité est externe", rappelle Christian Judez. Et d'ajouter :  "Un cadre a rarement les compétences, le recul et le temps de réaliser cette "auto-évaluation". Un regard et une expertise extérieurs sont toujours appréciés. C'est d'ailleurs pour cela que de plus en plus de cadres négocient une prestation d'outplacement avec leur employeur lors de leur arrivée dans l'entreprise".

Une négociation qui s'explique d'autant plus par le fait que 35% des cadres en mobilité changent même de secteur d'activité ("mobilité interprofessionnelle"), selon l'étude Mobicadre.

L'autonomie : "un défi ET une chance pour l'entreprise"

Christian-JudezAutre enseignement de cette étude : l'aspect personnel prend une place de plus en plus importante dans les choix de carrière. Ainsi, 12% des cadres interrogés ont déclaré avoir changé de poste pour un meilleur équilibre entre vie personnelle et professionnelle. La volonté de réaliser un projet personnel est également présente dans 11% des cas. 23% des cadres ayant "bougé" ont ainsi été motivés par une autonomie plus importante.

> A lire aussi Temps choisi, télétravail, mobilités : les RH s’emparent de l’autonomie

"Le besoin d'autonomie sans cesse grandissant d'une grande partie des employés, tant au niveau des horaires que du lieu de travail, est clairement un défi pour l'entreprise. Et quand je dis défi, il faut aussi comprendre cela comme une chance. Car une gestion intelligente engendre une motivation accrue du côté des collaborateurs, les fidélise ou permet d'éviter les congés maladie intempestifs..." confirme Christian Judez.

> Lire les publications de Christian Judez sur le blog de Right Management

Crédit image : Dr JK & Camil Tulcan / Flickr / CC
Cet article vous a intéressé ? Partagez-le !