Publié le 22 août 2012

Les vacances d’été s’achèvent et tout le monde reprend le chemin du bureau. Des vacances pour tout le monde ? Pas vraiment : une infographie de Carreer Builder montre que de moins en moins de salariés prennent des congés - sous l'effet de la crise notamment. Elle confirme aussi que les "vacances" n'échappent pas à la redéfinition des notions de "lieu de travail" et de "temps de travail" : avec les nouvelles technologies, de plus en plus de salariés gardent toujours un pied au bureau, où qu'ils soient. Au-delà de la crise, les nouvelles technologies vont-elles entraîner la disparition de la notion traditionnelle de "vacances" ?

Il y a cinq ans, 24% des employés américains s’octroyaient une longue période de vacances - d'au moins 10 jours. L'infographie montre qu'ils ne sont plus que 17% en 2012. L’effet de la crise se fait ressentir : pour 19% des salariés, c'est le manque de moyens qui fait obstacle à un "départ en vacances" ; c'est d'ailleurs probablement pour cela que l'on observe que les cadres partent plus (81%, contre 65% de l'ensemble des salariés). Pour 15%, c’est un manque de temps qui empêche de prendre des vacances. Surcharge de travail, mauvaise organisation ?

Vacances d'été - Prévisions des Européens

La tendance est la même en Europe, relayée en infographie par les Dernières Nouvelles d'Alsace : moins de trois Européens sur cinq prévoyaient de partir cet été. En France, si le budget alloué aux vacances est reparti à la hausse cet été (impact moindre de la crise sur les budgets ? Besoin plus fort de "déconnecter" d'un contexte de forte pression ?), la tendance globale est la même : une baisse du nombre de départs depuis les années 2000.

Même en « vacances », la chaise est de moins en moins souvent vide

Par définition, les "vacances" sont la période où l'on n'occupe pas sa fonction, où l'on laisse son poste vide, "vacant".  L'infographie montre que ce sens traditionnel s'estompe : à l’ère de l’ « hyper-connexion », les technologies mobiles maintiennent le lien entre un salarié et son entreprise, même loin du bureau. Il devient fréquent que les salariés ne décrochent pas complètement, restent "en veille", éventuellement joignables - c’est le cas de près d’un tiers des salariés qui ont contacté leur bureau pendant leurs vacances. Par passion, par conscience professionnelle ? Peut-être. Mais l’infographie révèle aussi que les attentes de l’encadrement encouragent cette connexion permanente : 37% des managers considèrent normal que les salariés gardent un "téléphone rouge".

La possibilité de la connexion permanente apporte de nombreux avantages, elle est même indispensable dans certains métiers ; il est normal, aussi, qu’un salarié cherche à répondre au mieux aux attentes de sa hiérarchie, comme il est compréhensible qu'il cherche même à les anticiper. Il est pourtant communément admis qu’une vraie période de repos total permet de mieux "recharger ses batteries", donc d'être plus productif...

Finalement, beaucoup des difficultés soulevées par les nouvelles technologies dans l'organisation des entreprises - dont l'infobésité -  sont bien plus une question d'usages que d'outils stricto sensu. Aux managers de trouver des réponses adaptées...

Les vacances des salariés - Infographie

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>>> Voir l'infographie d'origine

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