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Les jeunes diplômés français : à fond la mondialisation !

Les jeunes diplômés sont de plus en plus nombreux à débuter leur carrière à l'étranger. Si la crise a accéléré le mouvement, c'est une tendance normale et positive sur le marché mondial des talents.

 

Plus d’un quart (27%) des jeunes diplômés envisagent leur avenir professionnel à l’étranger, une proportion qui a plus que doublé en un an seulement (ils étaient 13% en 2012). C’est ce que révèle le baromètre Deloitte-IFOP de l’humeur des jeunes diplômés .

Chez les jeunes scientifiques, cette ouverture sur le monde est déjà une réalité bien ancrée : 1 jeune scientifique sur 5 (20%) débute sa carrière a l’étranger, selon l’association des ingénieurs et scientifiques de France. Ce qui s’explique notamment par des raisons financières : d’après l’étude annuelle de la Conférence des grandes écoles, la rémunération moyenne des ingénieurs et managers débutant à l’étranger est de 8 000 euros supplémentaire à celle qu’ils peuvent espérer en France. Aujourd’hui, un ingénieur français sur six travaille à l’étranger.

Aujourd’hui, au total, plus de 150 000 des 18-25 ans vivent à l’étranger d’après le ministère des Affaires étrangères ; un chiffre qui a grimpé de 14 % depuis 2008.

Ces chiffres sont issus d’un dossier du Figaro étudiant, qui explique que « cet appel du grand large va de pair avec la mondialisation et l’internationalisation des cursus qui se sont accélérées au début des années 2000. Depuis cette date, la mobilité étudiante a doublé dans le monde, passant de deux millions à quatre millions d’individus. » Ce qui est logique dans le contexte de la mondialisation du marché du travail.

Dans ce dossier, une infographie révèle que la première destination des jeunes diplômés de grandes écoles expatriés est la Suisse, avant le Royaume-Uni et l’Allemagne.

Destinations des jeunes diplômés qui s'expatrient

Toutefois, nous n’avons pas encore affaire à un phénomène massif et généralisé :

« Si la proportion des diplômés de grandes écoles débutant par un job à l’étranger croît lentement (de 11% en 2001 à 13,5% en 2012), elle a bondi en cinq ans de 8 à 20% à l’Essec. Ils sont par ailleurs moins nombreux dans les écoles d’ingénieurs (9,7%) que dans les écoles de management (18,2%). «Il n’y a pas d’escadrons d’ingénieurs français qui s’enfuient à l’étranger», lance de son côté Julien Roitman, président de l’Association des ingénieurs et scientifiques des France. (…) C‘est une tendance lente et régulière.» »

Cette tendance est à l’oeuvre dans le monde entier, elle fonctionne « dans les deux sens », précise le ministère des Affaires étrangères – qui considère les Français comme « les bons élèves de mondialisation ». Jean-Loup Salzmann, président de la Conférence des présidents d’université, explique au Figaro que le solde des jeunes entrants en France est largement positif :

« Nous avons 80 000 étudiants qui partent chaque année à l’étranger, mais nous en accueillons 285 000! Les talents étrangers sont les moteurs de la recherche française. Ils représentent 41% des doctorants. »

Le dossier confirme néanmoins une lacune française : les expatriés qui reviennent au pays voient leur expérience peu valorisée par les entreprises.