Publié le 11 mai 2015

EUREKA. Invité des Echos, le président de ManpowerGroup, Alain Roumilhac a fait le point sur le marché de l'emploi, les secteurs éprouvant les plus fortes difficultés de recrutement et l'avenir de l'apprentissage.

"Nous sentons une dynamique plutôt positive dans l'emploi qui semble confirmer ce que nous avions annoncé", a expliqué Alain Roumilhac au micro des Echos, en rappelant les analyses du dernier Baromètre des perspectives d'emploi du deuxième trimestre 2015, ajoutant que l'environnement, notamment réglementaire, "reste assez anxiogène pour les PME".

Face à l'inadéquation de l'offre et de la demande de l'emploi, quels sont les secteurs éprouvant les plus fortes difficultés de recrutement, aujourd'hui ? "Il y a 3 grands domaines où la demande est extrêmement forte : les ouvriers qualifiés, les services à la personnes et tous les métiers liés au numérique au sens large", a expliqué Alain Roumilhac.

"L'apprentissage est une voie royale d'intégration sur le marché de l'emploi"

L'apprentissage peut-il favoriser une meilleur adéquation de l'offre et de la demande en termes d'emplois et de compétences ? Dans un contexte de mutation du marché de l'emploi et de chômage des jeunes, Alain Roumilhac souligne l'importance de l'apprentissage :

"L'apprentissage est, pour partie, la clef pour résoudre le problème. Il faut que tout le monde reconnaisse que l'apprentissage est une voie royale d'intégration sur le marché de l'emploi. Redonner du sens à ce pourquoi on le fait ! Tous les pays dits Rhénans, Allemagne, Suisse, Autriche, qui ont des industries fortes et des taux de chômage extrêmement faibles, ce sont des pays où l'apprentissage est vu comme un vraie moyen d'intégration dans le marché du travail. Il faut qu'on arrête, sur ces sujets là, de mettre en place des législations trop tatillonnes qui partent de la bonne intention de protéger les apprentis, et qui finalement rendent le système inopérant."

Alors que le Président de la République a annoncé la création d'une Grande École du Numérique, Alain Roumilhac souligne l'importance de ne pas laisser de côté les formations courtes dans le numérique : "Le contexte évolue très vite, et avec des formations courtes, de quelques mois, nous pouvons créer une bonne adéquation entre les compétences et les besoins des entreprises". Point évoqué dans une tribune publiée dans le Monde, le "Contrat Première Chance" mis en place par Proservia, l'entreprise de services du numérique filiale de Manpower, "permet à des jeunes non qualifiés d’accéder à un emploi dans l’informatique grâce à des formations certifiées, à des process de tutorat et à un accompagnement sur le terrain".

> Lire la tribune d'Alain Roumilhac : La formation, première réponse au défi de l'emploi des jeunes dans le numérique

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