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Quand Toyota remplace des robots par des hommes

EURÊKA. Et si les robots n'étaient pas les employés du futurs ? Au Japon, Toyota, premier constructeur automobile mondial, remplace certaines machines... par des hommes. Enjeux et explications.

L’image est forte : dans 10/20/30 ans (rayez la mention inutile en fonction de votre prédiction), des robots silencieusement alignés s’affaireront sur une chaîne de montage, produisant sans coup férir leur lot quotidien d’objets, peu importe l’heure, sans aucune pause ; week-end et jours fériés compris. Et si ce cliché a beau être marquant, il n’en est pas plus vrai pour autant : si près de la moitié (47%) des emplois américains sont en effet menacés par l’automatisation, la menace pèse moins en termes de suppressions que d’évolution des métiers vers de nouvelles compétences. Des nouvelles compétences humaines, bien humaines : l’intelligence sociale ou la créativité.

Gaspillage évité, chaîne de montage réduite et baisse de coûts

Toyota, premier constructeur automobile mondial, ne s’y est d’ailleurs pas trompé, rapporte Bloomberg. Dans l’une de ses usines japonaises, le groupe a fait le choix de remplacer certains robots par des humains sur une centaine de postes de travail. Résultat concret de ce « back to basics », initialement mis en place pour une meilleure transmission des savoir-faire : 10% de gaspillage évité, une chaîne de montage réduite dans la fabrication de vilebrequins et une baisse des coûts sur la production des châssis.

Comprendre la machine, améliorer le processus

Pour le groupe, l’objectif est double : faire comprendre la tâche aux travailleurs et, surtout, redonner de l’initiative individuelle pour que le processus de production puisse être amélioré. Sans intervention humaine, la mécanisation, seule, ne permet pas l’amélioration continue. Et elle participe du « syndrome de la trop grande entreprise« .

« Pour être le maître de la machine, vous devez avoir la connaissance et les compétences pour apprendre à la machine« , déclare à ce propos Mitsuru Kawai, en charge du projet. « Lorsque j’étais novice, les maîtres expérimentés étaient appelés des dieux et ils pouvaient tout faire« , tient-il à ajouter. Et visiblement, en réintroduisant des hommes - et, avec eux, un temps dédié à l’apprentissage -, Toyota prévoit que les dieux du futur soient encore faits de chair et d’os. Si même un industriel qui utilise sur certains sites près de 800 automates pour réaliser plus de 95% de sa production, et qui s’est promis de franchir la barre des 10 millions de véhicules produits en 2014 – une première -, le dit…

Crédit image Johnson Cameraface/ flickr (licence CC)