Publié le 14 mars 2012

Plus de 90 % des grandes entreprises européennes ont mis en place des programmes pour améliorer la place des femmes parmi leurs dirigeants. Malgré cela, l’OCDE a montré que les femmes occupent seulement 10% des sièges des conseils d’administration des grandes entreprises et d’importants écarts de rémunérations persistent.

En France, avec 8 % de femmes dans les comités de direction et 20% dans les conseils d’administration, les chiffres ne sont pas plus enthousiasmants. Cette sous-représentation est d’autant plus choquante que les femmes représentent 56% des diplômés du supérieur dans notre pays.

Mixité = performance

Si la situation est difficile à accepter, ce n’est pas seulement pour des raisons de justice sociale ou d’éthique. C’est aussi parce que la performance des entreprises est en cause :

Les enseignements de la dernière édition de l’étude Women Matter ont été présentés par Sandra Sancier-Sultan lors du débat « Et si les hommes s’en mêlaient … ? » sur la place des femmes dans l’entreprise, organisé la semaine dernière sur RTL par le Cercle du Leadership (présidé par Françoise Gri, présidente de ManpowerGroup Europe du Sud).

Le rapport montre que les principaux points de blocage sont de trois ordres dans les entreprises :

  • l’environnement législatif – un point sur lequel la France est en bonne position ;
  • les femmes elles-mêmes, qui refreinent leurs ambitions au fur et à mesure de l’avancée de leurs carrières ;
  • l’action des entreprises.

C’est sur ce dernier point, particulièrement crucial en France, que l’étude Women Matter se focalise.

Les entreprises ont pris conscience des enjeux mais les résultats ne sont pas à la hauteur

Des entreprises sensibilisées

Les entreprises ont pris conscience des enjeux :

  • plus d’une entreprise européenne sur deux (53%) a fait de la mixité une de ses 10 priorités stratégiques ;
  • dans 90% des cas, les dirigeants sont réellement impliqués.

De nombreuses actions entreprises

Au-delà de la prise de cette prise de conscience, les actions entreprises sont à la hauteur de l’enjeu :

  • sur une quarantaine d’actions préconisées par McKinsey, 80 % des entreprises en mettent en place plus de la moitié.

Les résultats se font attendre

C’est au niveau des résultats que le bât blesse : ceux-ci n’ont quasiment pas progressé, et le manque de talents féminins se diffuse à tous les niveaux du management.

Engagement du dirigeant, évaluation & culture : les déterminants majeurs de la réussite

Néanmoins, 16% des entreprises « ont des résultats », avec plus de 20% de femmes aux niveaux N-1 et N-2. Quels sont les déterminants de leur réussite ?

  • L'engagement du PDG ;
  • la mise en place d'indicateurs ;
  • l'évolution des mentalités et de la culture dans l’entreprise – c’est l’enseignement le plus fort de l’étude 2012 selon Sandra Sancier-Sultan.

Pour bien faire, l’engagement du PDG est indispensable

Le rapport insiste aussi sur la méthode : faire est une chose, bien faire en est une autre. Et il s’avère que les entreprises qui ont mis en place des méthodes efficaces sont celles où le PDG était le plus impliqué, comme sponsor personnel de femmes de son entreprise par exemple.

Les indicateurs, déterminants

Un fait édifiant : sur 235 grands groupes, la moitié n’étaient pas capables de fournir les données de la mixité de leurs dirigeants au début de l’enquête. Le rapport insiste donc sur l’importance des indicateurs.

Changer les états d’esprit

Comment faire évoluer les choses quand les managers n’osent pas évaluer les femmes de la même manière que les hommes, souvent par crainte de les froisser ? Mc Kinsey souligne l’importance d’un changement de mentalités pour un management concrètement promoteur de la mixité.

 

>>> Télécharger l’édition 2012 du rapport Women Matter (en anglais)

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