Publié le 4 juillet 2018

ANALYSE. Métiers dits « d’hommes », métiers dits « de femmes »… si ces appellations semblent aujourd’hui datées, force est de constater que les femmes ne représentent encore qu’une minorité dans certains métiers. C’est notamment le cas du métier de chauffeur poids lourds, un métier historiquement masculin et où les effectifs féminins restent encore limités. Dans un contexte où la pénurie de profils pèse sur les capacités à recruter de certaines entreprises du transport, capter tous les talents, y compris parmi les publics féminins constitue une vraie opportunité pour les entreprises.

Marjorie, 29 ans, est aujourd’hui conductrice de poids lourds pour le 3e transporteur français, Jacky Perrenot, en région Rhône-Alpes. La jeune femme, qui avait initialement sollicité son agence locale Manpower pour un emploi de conductrice de bus, a depuis bénéficié d’un parcours de formation personnalisé. Elle est aujourd’hui en CDI Intérimaire et exerce une profession qui la passionne.

Retrouvez le témoignage de Marjorie, en CDI Intérimaire pour le groupe Jacky Perrenot :

Pourtant, Marjorie fait encore figure d’exception dans le secteur. Selon l’association « La route au féminin », les femmes ne seraient aujourd’hui que 3 000 en France, soit environ 5% des effectifs, à exercer le métier de conductrices de poids lourds. Pourtant, les employeurs du secteur du transport et de la logistique font état, depuis plusieurs années déjà, de leurs difficultés à attirer de nouveaux candidats vers leurs métiers. Et si la recherche de nouveaux profils, notamment des femmes sur des métiers dits masculins, était l’une des pistes à explorer pour surmonter cette pénurie de talents et faire évoluer l’image du métier ?

La pénurie de talents : une faiblesse chronique pour le secteur

La pénurie des talents est un phénomène observé au niveau mondial, qui concerne tous les pays et tous les secteurs.  En 2018, elle atteint même un niveau record dans le monde depuis 12 ans et continue de s’accentuer dans la plupart des pays – 1 employeur sur 4 déclarant éprouver davantage de difficultés à recruter que l’an passé.

 

Le secteur du transport et de la logistique, lui, est touché par une pénurie de talents durable. Aux Etats-Unis, par exemple, la pénurie de chauffeurs menace de mettre à mal la croissance économique du pays, avec plus de 63 000 postes à pourvoir dès cette année, à en croire un récent article du Washington Post. La France n’est pas épargnée par cette tendance mondiale : la Fédération Nationale des Transports Routiers (FNTR) estime ainsi qu’il manque actuellement autour de 20 000 profils au secteur pour pourvoir l’ensemble des postes vacants, dont une grande majorité de chauffeurs routiers, ce qui représente 5% des emplois du secteur.

Dans le cadre de sa dernière étude sur la pénurie de talents, ManpowerGroup a établi le classement des professions les plus pénuriques dans le monde : le métier de chauffeur (poids lourds, transports publics ou scolaires…) figure au 4e rang des professions les plus recherchées… mais aussi les plus difficiles à trouver. Dopés par la croissance du commerce en ligne, les besoins dans les métiers liés à la logistique et au service client connaissent une forte progression. Mais ces métiers sont bien différents de ce qu’ils étaient il y a dix ans et continuent d’évoluer, ce qui requiert également de nouvelles compétences et formations.

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Un secteur en pleine transformation qui regorge d’opportunités 

Selon les projections de Pôle Emploi, 540 000 postes seront à pourvoir en France dans le secteur d’ici à 2022, dont 223 000 conducteurs de véhicules. Des opportunités d’embauches massives qui concernent tous les âges et toutes les qualifications. Les postes de conducteurs routiers, particulièrement touchés par la pénurie de candidats, exigent toutefois que soient recrutés des profils expérimentés, possédant des compétences spécifiques. Une difficulté supplémentaire alors que la transformation digitale et le développement du commerce en ligne ont eu pour effet d’amplifier les besoins des entreprises.

La situation actuelle d’inadéquation entre l’offre et la demande s’explique en partie par le manque d’attractivité du secteur. En effet, le métier de chauffeur routier souffre toujours d’une image peu positive, associée à de fortes contraintes (notamment concernant l’équilibre vie personnelle et vie professionnelle) et à un statut professionnel jugé peu valorisant. Pourtant, comme l’ensemble des métiers, la pratique de ce métier a énormément évolué depuis plusieurs années, à la faveur de la transformation numérique. Qu’il s’agisse des véhicules, des conditions de travail ou encore de la sécurité sur la route, le métier de conducteur ne ressemble plus à ce qu’il était il y a 10 ans ! L’innovation et la technologie peuvent être une clé pour attirer davantage de nouveaux conducteurs dans le secteur.

Le secteur du transport routier fait également face au vieillissement de ses effectifs, avec une vague de départs à la retraite. Aujourd’hui, selon la FNTR, un tiers des salariés du transport de marchandises français a plus de 50 ans. Le secteur connaîtrait d’ores et déjà environ 1 000 départs à la retraite chaque année.

Chauffeur de poids lourds : un métier d’homme ?

Vers quels profils les entreprises peuvent-elles se tourner pour surmonter cette pénurie et attirer les candidats susceptibles de répondre à la montée en charge de leurs activités ? Pour Manpower, la conquête passe aussi par la capacité à diversifier et élargir encore plus les recrutements, à capter et accompagner de nouveau talents y compris par le développement de la mixité tant sur les métiers d’hommes que sur ceux dits de femmes.

 

A titre d’exemple, en région Rhône-Alpes, les équipes Manpower développent et créent des ressources pour répondre au besoin en chauffeurs PL de leurs clients. Dans le cadre de cette initiative, la première étape consiste en un sourcing des candidats ; une fois les profils identifiés par les experts Manpower, ils bénéficient d’une formation de 3 mois, en vue de l’obtention d’un Titre Professionnel (TP) Conducteur transport routier de marchandises sur porteur. Vient ensuite le temps de la première expérience de terrain avec un détachement de l’intérimaire en mission dans l’entreprise. Un nouveau cycle de formation vient compléter ce cursus, qui s’achève avec l’obtention d’un permis super poids lourds (SPL) en 4 à 5 mois. L’intérimaire peut ainsi occuper le poste de chauffeur super poids lourds.

Ce processus qui allie expérience sur le terrain et formation permet aux candidats et candidates de s’acculturer progressivement à la profession, le cas échéant permettant de faire tomber les idées reçues, et garantie d’une bonne adéquation entre le poste et leur profil. Une formation qui n’écarte pas certaines nouvelles compétences nécessaires à la pratique du métier aujourd’hui : les « soft skills ». « Le candidat idéal demain, c’est quelqu’un qui a de réelles capacités d’autonomie, et qui est aussi un bon commercial. Il y a un savoir-être de plus en plus important dans ce métier », estime ainsi Caroline Gouy, déléguée régionale de l’Association pour le développement de la formation professionnelle dans le transport (AFT).

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