Publié le 10 septembre 2019

BAROMÈTRE. Si le taux de chômage en France a atteint son niveau le plus faible depuis 10 ans sur la période mars-juin, comment les chefs d’entreprise anticipent-ils la fin de l’année 2019 ? Selon le nouveau baromètre ManpowerGroup des perspectives d’emploi, l’optimisme devrait prévaloir au 4e trimestre. Les prévisions d’embauche restent positives en France, avec un dynamisme marqué dans le secteur de la construction.

L’année 2019 devrait se refermer sur une note positive en matière d’embauche en France. C’est le principal enseignement du nouveau baromètre ManpowerGroup des perspectives d’emploi, mené auprès de 1 000 chefs d’entreprise français. Interrogés fin juillet, les employeurs français se disent ainsi relativement optimistes pour le 4e trimestre 2019, faisant état d’une prévision nette d’emploi*, corrigée des variations saisonnières à +6%, soit une progression de 1 point par rapport au précédent trimestre. Un résultat globalement en ligne avec l’ensemble de l’année 2019, mais en hausse de 4 points par rapport à la même période en 2018.

Pour Alain Roumilhac, Président de ManpowerGroup France, ce baromètre est « en ligne avec la conjoncture économique. La croissance de l’économie française reste positive, mais ralentit. Depuis deux trimestres, l’économie française n’enregistre plus de gains de productivité. Le nombre d’emplois augmente désormais au même rythme que le PIB. En outre, la consommation des ménages décroît, notamment en raison des incertitudes à l’international. Et surtout, le taux de chômage de l’Hexagone reste supérieur à celui de la zone euro. Il s’établit selon l’Insee à 8,5% de la population active. Dans ce contexte, il est logique que les chefs d’entreprises tablent sur une progression modérée de leur activité, qui se reflète dans les prévisions d’embauche ».

 

Accélération du rythme des embauches dans le centre-ouest de la France

Les prévisions d’embauche pour le 4e trimestre 2019 sont relativement stables dans les régions Sud, Est et Île-de-France, par rapport au trimestre précédent. Toutefois, en comparaison annuelle, les intentions d’embauche dans la région francilienne progressent de 9 points, pour s’établir à +4% au 4e trimestre 2019.

C’est dans le Nord que les prévisions d’embauche diminuent le plus : à +2%, elles sont en recul de 5 points d’un trimestre sur l’autre et de 3 points par rapport à la même période en 2018. Dans le centre-ouest de la France, l’optimisme est de mise pour les 3 derniers mois de l’année : les employeurs y anticipent une accélération des embauches, à +10% d’intentions d’embauche, soit une progression de 3 points en comparaison trimestrielle, et de 8 points en comparaison annuelle.

 

Grandes et moyennes entreprises affichent leur dynamisme

Parmi les quatre catégories d’entreprises étudiées, les grandes entreprises (+ de 250 salariés) sont de loin les plus optimistes. Pour les trois derniers mois de l’année, les employeurs font état d’intentions d’embauche à +23%, en hausse de 10 points par rapport aux trois mois précédents, et de 17 points en comparaison annuelle.

Les intentions d’embauche rapportées par les employeurs des microentreprises et des petites entreprises sont bien plus modestes : avec respectivement +4% et +9%, elles sont en baisse d’un point par rapport au trimestre précédent. Enfin, dans les moyennes entreprises, les prévisions d’embauche s’établissent à +15%, soit 5 points de plus que pour le 4e trimestre 2018.

 

Les travaux de rénovation énergétique stimulent le secteur de la construction

C’est la première fois depuis la création du baromètre ManpowerGroup des perspectives d’emploi, il y a 16 ans, que le secteur de la construction affiche des intentions d’embauche aussi importantes. Avec une prévision nette d’emploi à +15% pour le 4e trimestre 2019, les employeurs du secteur se déclarent particulièrement optimistes, leur activité étant soutenue par la forte croissance des travaux de rénovation de bâtiments existants.

A l’autre bout du spectre, les secteurs de l’électricité, gaz et eau, des industries extractives, et du transport et logistique n’anticipent aucune croissance de leurs intentions d’embauche sur les trois derniers mois de l’année, avec une prévision nette d’emploi à 0%. Les intentions d’embauche des employeurs progressent ou restent stables dans sept secteurs d’activité parmi les 10 étudiés.

 

Le Japon, Taiwan et les Etats-Unis confirment un solide optimisme

C’est à nouveau dans la zone Asie-Pacifique que les employeurs sont les plus optimistes : au Japon, les intentions d’embauche s’établissent à +26% pour le 4e trimestre 2019, devant Taiwan qui affiche +21%. Les États-Unis complètent ce trio de tête, avec +20% d’intentions d’embauche, en progression de 2 points par rapport au trimestre précédent.

Dans la région EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique), la Grèce se distingue, avec des prévisions d’embauche à +18% pour les trois derniers mois de l’année, en progression d’un point par rapport à la même période en 2018. Sur les 44 pays et territoires étudiés, seule l’Espagne fait état d’intentions d’embauche nulles : la part des entreprises comptant réduire leurs effectifs est égale à celle des entreprises comptant les augmenter.

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Baromètre ManpowerGroup des perspectives d’emploi pour le 1er trimestre 2020. Publication des résultats : 10 décembre 2019.

Ressources

 

A propos de l'étude :

Le Baromètre ManpowerGroup des perspectives d’emploi pour le 4e trimestre 2019 a été réalisé dans 44 pays et territoires, entre le 17 et le 30 juillet 2019, auprès de plus de 59 000 employeurs issus d’entreprises privées et d’organismes publics, dont 1 000 employeurs en France. L’étude analyse les données obtenues en réponse à une unique question : « Comment anticipez-vous l’évolution des effectifs de votre entreprise au cours du prochain trimestre, jusqu’à fin décembre 2019, par rapport au trimestre actuel ? »

*Le chiffre de « prévision nette d’emploi » utilisé dans ce Baromètre est le résultat de la soustraction entre le pourcentage d'employeurs anticipant une hausse de leurs effectifs et le pourcentage d’employeurs anticipant une baisse. Il s’agit donc d’un solde net – pouvant être positif ou négatif – de perspectives d’emploi.

Les données sont corrigées des variations saisonnières afin de refléter au mieux la réalité des perspectives. Ces corrections permettent d’analyser les données en lissant l’impact des fluctuations saisonnières, qui se reproduisent normalement aux mêmes périodes chaque année. Les données ainsi corrigées sont donc plus représentatives sur le long terme. Précisons que les chiffres pour le Portugal ne sont pas corrigés des variations saisonnières.

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Contact Presse

Marie Elissalde / 06 28 74 50 95 / 01 57 66 14 43

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