Publié le 26 janvier 2011

"Le potentiel humain ne cesse de progresser et le talent est désormais le nouveau "levier" de la croissance économique".
Jeffrey A. Joerres, Président-directeur général de ManpowerGroup Inc., a annoncé lors du lancement du Forum économique mondial de Davos (Suisse) l’avènement d’une ère nouvelle : The Human Age.

Les précédentes ères ont été définies en fonction des transformations par l'Homme de matières brutes – l’âge de pierre, l’âge de bronze, l’âge de fer –, puis par les domaines du savoir conquis par l’Homme grâce aux progrès techniques constants : l’ère industrielle, l’ère spatiale et l’ère de l’information. Aujourd’hui, nous entrons dans une nouvelle ère : The Human Age. Pour ManpowerGroup, il est indéniable que cette nouvelle réalité a des implications majeures pour les employeurs comme pour les individus, car le potentiel humain est désormais le premier facteur de la croissance économique. Le monde vit une période de profondes mutations qui impose de redéfinir les modèles de gestion, de proposer de nouvelles valeurs et de réinventer les organisations sociales. En effet, nos modèles et systèmes de société sont usés jusqu’à la corde et ne sont plus viables. Les bouleversements liés à la récession et la nécessité pressante de faire plus avec moins dessinent les contours d’un environnement difficile.

« Notre capacité – celle des entreprises, des gouvernements et, bien sûr, des personnes – à nous adapter à cette nouvelle réalité, cette nouvelle façon d’agir, dépendra de notre capacité à accéder au cœur du potentiel humain, car le talent est aujourd’hui le premier facteur de différenciation », a expliqué Jeff Joerres.

Les grands courants mondiaux – récession, progrès technologiques galopants, évolutions démographiques, rééquilibrage de la puissance des pays développés et émergents – vont tous dans le sens de l'avènement de l'Ere de l'Humain (The Human Age), et le rythme du changement s’accélère. Pendant la crise économique, mais aussi depuis le début de la reprise, beaucoup d'entreprises ont rationalisé leurs pratiques de gestion du personnel, misant sur la réduction des coûts et l'efficacité. De ce fait, nombre d’entre elles ont pris conscience qu’en tirant le meilleur parti du potentiel de leurs collaborateurs en place, elles étaient capables d’obtenir des résultats inespérés, même dans un contexte difficile.

Jamais auparavant l’innovation et la passion n'avaient autant été mises en avant dans l'entreprise. Les employeurs ont découvert que disposer des bons talents au bon endroit est plus important que jamais, car le talent devient une ressource rare. Malgré des taux de chômage relativement élevés, ils sont souvent confrontés à l'inadéquation entre offre et demande d’emploi ainsi qu'à des difficultés à trouver la bonne personne au bon moment au bon poste. En effet, selon la dernière enquête ManpowerGroup sur les pénuries de talents, réalisée auprès de plus de 35 000 employeurs dans 36 pays, plus de 30 % d'employeurs déclarent rencontrer des difficultés à pourvoir des postes clés de leur entreprise.

« Le talent, ce n’est pas seulement la personne, cela va au-delà, a ajouté Jeff Joerres. C’est la personne qui correspond à vos besoins du moment ; ce sont ses compétences, son comportement, sa façon d’être ; sa capacité à travailler dans un environnement chaotique, mondialisé. Le talent est spécifique. Naguère, pour se développer, les entreprises devaient trouver du capital. Aujourd’hui, ce que nous observons et ce que nous disent les entreprises, c’est que le capital n'est plus suffisant : il faut trouver des talents pour progresser. Dans cette évolution, le capitalisme cède le pas au « talentisme » : l’accès au talent plutôt qu’au capital devient le premier avantage concurrentiel. »

A l’ère de l'humain, il est plus important que jamais pour les entreprises de définir précisément leurs besoins en talents – et ce en se projetant à cinq ou dix ans – et de faire converger leur stratégie de recherche de talents et leur stratégie d’entreprise. Elles doivent ainsi être plus réactives pour attirer, fidéliser et enrichir les compétences de leur personnel. Pour être en mesure de libérer le potentiel que la nouvelle réalité exige, les employeurs doivent moderniser leurs structures de travail et leurs pratiques de gestion des ressources humaines.

Dans un contexte où les entreprises et les gouvernements comprennent que pour réussir, il est indispensable de libérer le potentiel humain et de créer un climat propice à cette libération, les motivations et aspirations des individus revêtent une importance croissante. La technologie et l’explosion des réseaux sociaux ont ouvert le monde et créé la possibilité du contact direct de quasiment tous avec tous, comme entre le patron et l'employé ou entre un vendeur et son client.

Le pouvoir va probablement glisser de l’entreprise vers l’individu. En effet, le talent devenant le facteur de différenciation clé pour un employeur, les individus vont de plus en plus poser leurs conditions en termes de modalités, de lieu et de temps de travail. L’évolution technologique suit la même logique : elle permet d'inventer des modalités de travail plus souples et participatives ainsi que d'affranchir certains talents des frontières et des réglementations de l'immigration ; elle autorise aussi les entreprises à tirer parti d’une main d’œuvre dispersée aux quatre coins du monde.

« Cette nouvelle réalité crée de nouvelles normes sociales , car la réussite collective et individuelle est subordonnée à de nouvelles façons de travailler. Il faut ainsi repenser les modes d’organisation et d'échange au sein de l’entreprise, être capable de travailler autrement, d’adopter des méthodes de travail virtuel, en équipe, plus collaboratif. C’est toute la manière de s'inscrire individuellement dans un environnement mondialisé qui évolue rapidement, a souligné Jeff Joerres. Ceux qui sauront exploiter la passion et l’esprit innovant de l’humain pourront réussir dans ce monde nouveau, inconnu, où nous devons faire plus avec moins. Ceux qui ne voudront pas voir ou accepter cette évolution seront rapidement distancés. »

Pour les entreprises, The Human Age est une opportunité unique et enthousiasmante de tirer parti de leur plus grand actif – leurs collaborateurs – pour assurer leur croissance. La récession ainsi que les avancées technologiques, les attentes en matière de transparence et de mobilité sociale nous ont amenés à l’aube d’une ère nouvelle. À présent, gouvernements, entreprises et individus doivent travailler main dans la main pour libérer le potentiel de l’esprit humain qui nous aidera à donner du sens à cette nouvelle ère.

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