Publié le 30 novembre 2012

Comme le stress, les informations se diffusent à la manière d'un virus sur les réseaux sociaux. Entre les jeunes et les moins jeunes, le couple, la condition féminine et le football, il a beaucoup été question de cercles vicieux ou vertueux cette semaine. Revue de ce qui a fait le buzz dans la sphère des RH et de l'emploi.

« Hashtag », vous connaissez ? C’est le # qui est utilisé pour qualifier un message sur Twitter. C’est aussi une fille, elle est née il y a deux jours - probablement de parents ayant pris au pied de la lettre l'expression digital native. Si Hashtag Jamestown fait honneur à Twitter, c’est sur Facebook que ses parents ont annoncé l'heureux évènement. Facebook, où l’on trouve toujours des perles, comme l’illustration ci-dessus. Comme quoi, le « viral » n’est pas seulement une méthode de marketing sur les réseaux sociaux : si la confiance enclenche un cercle vertueux, l'effet boule de neige du stress et de la défiance véhiculés par un management 0.0 peut aussi aller loin.

Une seule solution, la collaboration !

Areva, Orange ou IBM l'ont compris et se sont lancés dans dans « la collaboration entre les générations » pour assurer la transmission des savoirs, montre une courte enquête des Echos.

IBM met à disposition de ses seniors un coach pour soigner leur employabilité ; l’entreprise a également créé des dispositifs de reverse mentoring, où les seniors transmettent leur expérience aux jeunes et vice-versa. L’objectif : « favoriser le plus possible les échanges de bons procédés sans maître ni disciple ». Ce qui tombe bien : les plus jeunes ne rêvent pas d’être chefs, selon une récente enquête.

Chef je veux pas être chef - Tweet ABérail

Raymond Domenech et Didier Deschamps ont-ils lu Vineet Nayar ?

Un mot semble résumer les aspirations des jeunes : confiance. Vineet Nayar est son apôtre,  les sélectionneurs de l’équipe de France de football l’ont-ils lu ? A en croire Tout seul, son – déjà - best-seller paru cette semaine, Raymond Domenech a eu en tous cas toutes les peines à l'instaurer parmi ses joueurs.

Pour Libération, « Domenech livre un constat sévère du changement de génération opéré en équipe de France au milieu des années 2000 » : les codes de la « nouvelle génération » lui sont étrangers, ce qui le pousse à accentuer sa « légère tendance à prendre les autres pour des idiots. » Son manque d’autorité vient-il d’un fossé générationnel infranchissable ou d’une vision archaïque du management ? Quoi qu’il en soit, le rapport qu’entretiennent les nouvelles générations à l’autorité a déboussolé Domenech :  revenant sur la fameuse insulte lancée par Nicolas Anelka pendant la Coupe du monde 2010 et reprise en « Une » du journal L’Équipe, il explique : « Bizarrement, j’ai été moins choqué par l’insulte que par le tutoiement qui cassait une barrière, celle des fonctions, des âges, de la hiérarchie ».

À son arrivée, Didier Deschamps, actuel titulaire du poste, avait quant à lui affirmé son autorité : « Je ne vais pas utiliser le terme de tolérance zéro, mais… ». Il s’est depuis amusé de la génération Y qu’il manage, entre volonté de compréhension, responsabilisation : « C’est la génération why : « Pourquoi ? Pourquoi  ? … Pourquoi entraînement à 15h et pas à 14h30 ? Et pourquoi ? » Mais pourquoi tout le temps pourquoi ? Fais ! ». Malgré son agacement visible, Deschamps s'évertue à répondre aux interrogations. Il donne du sens et fait confiance à la génération Y : un manager idéal ?

Didier Deschamps et ses joueurs

Merci patron

"Quand j'ai voulu le remercier, Franck Ribéry m'a envoyé paître en retirant son bras", livre aussi Raymond Domenech : au sein d'une équipe, on ne sait pas toujours comment dire merci. Les Américains prennent la chose au sérieux, partant du constat que les "patrons croient peut-être qu'ils montrent de la gratitude à leur staff mais, la plupart du temps, personne n'entend ou ne croit à ces remerciements"Fortune prodigue même des conseils pour réussir son "merci" au travail. Et relève le cas d'un manager offrant... 500 dollars de shopping à 10 employées. Les "merci" gratuit ne sont pas proscrits pour autant !

En Picardie, un édile ne s'est pas embarassé : pour revaloriser la politesse, il a décidé de l'imposer par un arrêté "portant obligation du respect des normes sociales dans les locaux de l'administration communale". Merci obligatoire à la clé.

Le fail de la semaine :

Les célibataires sont plus touchés par le chômage que les autres, révèle  l'INSEE. Choqué, le magazine féminin Grazia se prend les pieds dans le tapis.

TweetFailcélibataires

L'autre "Hashtag" de la semaine : #cherecarlabruni

On a beaucoup parlé, cette semaine, de management de la diversité - "interculturelle" ou "intergénérationnelle". Et les femmes, doivent-elles être managées différemment ? Surtout pas !, répond le blog de la société 20-first. Les femmes représentent la moitié de la population, elles ne sont pas un "problème de diversité" !

La condition féminine a enflammé le web cette semaine, après une interview de Carla Bruni-Sarkozy. "Dans ma génération, on n'a pas besoin d'être féministe", affirme-t-elle, provoquant alors l'ire de l'association "Osez le féminisme" qui lance le hashtag #cherecarlabruni. Déferlante de tweets à la clé jouant, notamment, sur les inégalités salariales (27%).

Précisions simplement que les 83% correspondent aux emplois à temps partiel, qui ne sont pas tous synonymes de "précarité" ! Alors que le journaliste Claude Askolovitch dénonce une focalisation excessive, le chroniqueur Guy Birenbaum résume l'affaire :

#AssisesESR, #BigTentParis, #adn2012, #pollutec

Carla Bruni et le féminisme avaient d'autres sérieux concurrents cette semaine, tous issus d'évènements, assises ou conférences, qui ont en commun de porter une confiance certaine dans le potentiel de croissance et de développement du numérique.

Le bonus de la semaine

Les tribulations des jeunes diplômés sur le marché du travail, en images. Sarcastique.

Filière bouchée...

Les twittos de la semaine :

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