Publié le 23 novembre 2012

Cette semaine, les chefs étaient sur tous les claviers. Pour éviter l'anarchie, faut-il abolir la hiérarchie ? Contre les guerres de chefs, faut-ils "tous les virer" ? Pour créer de la valeur, faut-il revenir aux "vraies valeurs" ? A toutes ces questions, le web répond en prônant une forme de retour aux sources. Revue de gazouillis.

 

Explosion ou implosion de la France ? Ces bombes qui font pschiitt

Sur Twitter plus qu’ailleurs, les sujets de conversation s’enchaînent et déchaînent des passions qui passent souvent du coq à l’âne. Une discussion en chassant un autre, la dégradation de la note de la France par Moody’s, dimanche soir, est soudain venue s’immiscer dans des discussions jusque-là focalisées sur la politique...

De l'UMP au AAA : la conversation sur Twitter

Etonnante coïncidence : deux jours avant, The Economist dépeignait la France en bombe à retardement qui pourrait faire exploser la zone euro et l’Atelier de l’Emploi pointait, avec l'économiste Laurent Davezies, la menace d’une "fracture territoriale" qui pourrait, elle, faire imploser la France. Que dit Moody's ? Le blog Contes publics résume : les premières mesures lancées pour restaurer la compétitivité sont jugées "insuffisantes", et notre économie trop « vulnérable ».

On est loin du fracas de la perte du triple A décidée par Standard and Poor’s il y a 10 mois, qui fragilisait jusqu’à l’ensemble de la zone euro. Dans la lignée des réactions au tapageur "audit" de notre pays par The Economist, la décision de Moody's est, selon le blogueur économiste Alexandre Delaigue, beaucoup de bruit pour rien. Twitter ne s'y est d'ailleurs pas trompé, en "bourdonnant" très peu sur la question. Tout comme la sphère financière : "les marchés ont accueilli la nouvelle de la dégradation de la note française sans la moindre réaction". La banalisation de la voix des agences de notation y serait pour quelque chose. La focalisation de l'attention sur d'autres sujets probablement aussi...

Virer les chefs ou les camoufler parmi les employés ?

Il a beaucoup été question de chefs cette semaine. La tendance, pourtant, serait plutôt à leur abolition ! Non sans malice, David Abiker y consacrait jeudi sa chronique La Gueule de l'emploi : Gary Hamel, figure mondiale du management, appelle toute stratégie managériale à commencer par "virer tous les chefs". Exemple de management révolutionnaire : celui de Morning Star, entreprise pesant 700 millions de dollars de chiffre d'affaires et ne dressant aucune hiérarchie entre le président-fondateur et les employés "de base".

"My Taylor is mort" : dans un dossier de L'Usine nouvelle, consacré cet été aux innovations managériales, le journaliste Christophe Bys annonçait d'ailleurs la fin du modèle taylorien d'organisation "verticale" du travail, très hiérarchisée, qui provoquerait malaise, pression et démotivation ("désengagement"). Que faire pour en "finir avec le management (à papa)" ?

M6 a trouvé une solution moins radicale que le licenciement sans délai des dirigeants... Hier soir, la chaîne diffusait un nouvel épisode de Patron Incognito, inspirée de l'émission américaine Undercover Boss : un patron se fait passer pour un nouveau salarié, observant ainsi incognito la vie de son entreprise et le travail de ses employés/collègues. Et découvrant ainsi la "vraie vie". Scènes cocasses garanties...

Quoiqu'on en pense, l'émission fait réagir et risque d'avoir de l'impact sur certaines marques employeur. Le concept est révélateur d'une nouvelle vision : le management devrait "redescendre sur terre" et renouer avec l'essence de l'entreprise, une aventure humaine. Ainsi, les relations de travail semblent "mûrir", le management "horizontal" se développe, les appels à l'empathie et la bienveillance se multiplient... La révolution n'est peut-être pas encore là mais les esprits changent, comme en témoigne le PDG de Ucar qui a participé à l'émission de M6 (vidéo en fin d'article).

Le collectif n'a pas de prix : il en a trois

Derrière l'écran, la réflexion avance. Jeudi, le Stylo d'or 2012 de l'ANDRH (Association nationale des DRH) mettait à l'honneur deux ouvrages promoteurs de l'esprit collectif et de rapports moins hiérarchisés. Le premier, Les décisions absurdes, tome II. Comment les éviter, évoque une étude américaine qui montre que "un accident d’avion a plus de chance de survenir quand le commandant de bord est aux commandes". Dont acte. Le second, Recréez du collectif au travail, est un guide pratique destiné à mettre la "co-construction" et les logiques participatives au coeur de l'entreprise. "Sous la triple pression de la crise, des réseaux sociaux et des jeunes générations, on assiste au retour en force de l’humain au cœur des organisations".

Hasard ou non, Vineet Nayar a reçu ce même jeudi le prix littéraire de la Fondation Manpowergroup pour l'emploi, et est lui aussi un adepte du collaboratif. Prônant le management par la confiance, Les employés d'abord, les clients ensuite appelle à inverser la pyramide managériale classique, en donnant une autonomie maximale aux opérationnels. Business Insider illustrait cocassement la volonté de Vineet Nayar de "détruire la hiérarchie" avec ses propres employés : le patron danse sur de la musique bollywoodienne avec eux.

MIX : "hacker" le management pour le rendre collaboratif

Vineet Nayar et sa société HCL Technologies contribuent par ailleurs au projet de Gary Hamel, Management Innovation Exchange (MIX), sorte de laboratoire d'idées pour réinventer le management. Le site fonctionne comme un "hackathon" permanent, un marathon du piratage où les bonnes idées sont "piquées" à leurs auteurs - volontaires. Un crowdsourcing pour répondre à une question intéressante : "Comment peut-on appliquer les principes du web - adaptable, innovant, inspirant - et les utiliser pour créer le management du futur ?".

Différents "challenges" ont ainsi été organisés, des brainstormings collaboratifs qui désigneront des vainqueurs. Un exemple vivant du cercle vertueux de la collaboration, auquel il est encore possible de participer pour "réinventer l'innovation."

Aussi sur le web de l'emploi et des RH cette semaine :

  • Recrutements dans le IT. Le 6 décembre prochain, à Paris, Bordeaux et Lille, aura lieu la troisième édition de l'Open du Web, parrainée par le fondateur de Mozilla Europe, Tristan Niton. À la fois concours et speed-recruiting, l'évènement réunira 250 participants/candidats et une dizaine de recruteurs : l'opportunité pour tous de trouver un emploi, sans passer par la case CV, dans 6 métiers du web (développement, intégration, administration système, SEOM/SEM, webdesign et community management).
  • Demain je quitte la capitale !Medium is beautiful : Vitré, ou le génie d'une "ville moyenne". Alors que l'Association des maires de France tenait cette semaine son congrès, la Fédération des villes moyennes (FVM) clôturait sa campagne de communication. Son but : attirer les investisseurs et Talents vers les villes moyennes, "à taille humaine". On y trouve Beauvais, Quimper, Chambéry, Albi ou encore Vitré, ce pays du plein emploi. Comme le titrait Metro cette semaine, ce bassin d'emploi reste "opaque" à la crise : un nombre d'emplois en hausse sur les cinq dernières années, pour un taux de chômage de 5,4%.
  • Une préoccupation occupe de plus en plus de discussions : "l'obsolescence programmée" de produits dont la durée de vie est à peine supérieure à celle de leur garantie. Ce problème peut trouver sa solution dans l'économie, montre une analyse relayée par Fabienne Billat.
  • C'était mieux avant ? L'exposition "Homo mobilus" fait le tour de France pour pour nous montrer par l'image quelle est la vraie place des réseaux mobiles dans nos vies.

>>> En savoir plus

  • La brochure "Demain je quitte la capitale, je me réalise professionnellement" (pdf)
  • Le retour d'expérience d'un "patron incognito" :

Les twittos de la semaine :

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