Publié le 9 mars 2016

ENTRETIEN. Le secteur du numérique est en pleine croissance en France. Pour accompagner cette effervescence, de nombreuses entreprises cherchent à recruter des profils digitaux, mais elles rencontrent souvent des difficultés face à une pénurie de talents dans ces domaines. Le problème est encore accentué chez les start-up, souvent méconnues des candidats potentiels.

logo_HIMMSU_webC’est pour répondre à cette problématique que Cap Digital organise How I Met My Startup, un programme annuel d’aide au recrutement pour favoriser l’emploi des jeunes dans les entreprises du secteur numérique. Cap Digital est le pôle de compétitivité et de transformation numérique de la région Ile-de-France. Il regroupe plus de 1000 adhérents composés de PME, ETI/GE/EPIC, écoles, universités et investisseurs en capital. L’organisme idéal pour faire se rencontrer talents digitaux et start-up du numérique.

How I Met My Startup est un programme visant à faire se rencontrer start-up en recherche de talents et candidats potentiels. Dans ce cadre, Cap Digital organise la journée Portes ouvertes des start-up le 17 mars. 100 start-up inscrites, 300 visiteurs, plus de 50 écoles et universités participantes, l’événement, en partenariat avec ManpowerGroup, est au centre du programme annuel.

Un partenariat évident pour ManpowerGroup, qui s’investit fortement dans le secteur des start-up RH, afin de favoriser la synergie entre start-up en recherche d’expériences pour leurs produits et grandes entreprises en demande de solutions innovantes.

Cet engagement se retrouve également dans la création d’Eclaireur Office au sein de la Direction Générale Communication et Marketing de ManpowerGroup. Cette équipe est chargée de la veille en matière d’innovation RH, et elle engage également des démarches de collaboration avec des start-up prometteuses dans le secteur.

HReview a rencontré Françoise Colaïtis, déléguée adjointe chargée de la stratégie et des communautés de Cap Digital, pour en savoir plus sur How I Met My Startup.

 

HReview. Pourriez-vous nous présenter l’initiative How I Met My Startup ?

François ColaitisFrançoise Colaïtis (Cap Digital). La question de l’emploi en général, et plus spécifiquement dans les métiers du numérique, fait partie des sujets d’action et de réflexion du pôle Cap Digital. C’est pour cela que nous avons mis en place How I Met My Startup, un programme annuel dont l’objet est de faciliter le recrutement sur les profils numériques dans les start-up et les PME. La journée portes ouvertes des start-up du numérique le 17 mars en est le point d’orgue, mais How I Met My Startup est un programme qui se déroule sur toute l’année. Nous organisons ainsi six job datings en partenariat avec Pôle Emploi, et notre partenaire Multiposting propose également à nos adhérents de tester sa solution de multidiffusion d’offres d’emploi.

Le 17 mars, le programme commence dès le matin avec la mise en place de parcours adaptés aux étudiants. Nous en attendons 200 avec leurs enseignants, autour d’un petit déjeuner dans les locaux de Cap Digital avant de partir dans des parcours thématiques en fonction des formations.

En parallèle, les jeunes diplômés et demandeurs d’emploi peuvent également s’inscrire à l’événement pour y participer de manière autonome. Un job dating autour d’offres d’emplois émises par les 17 entreprises adhérentes aura également lieu, après un sourcing des candidats par nos soins. Nous allons également mettre en place un forum en ligne avec la solution Seekube.

Cette année, nous comptons aussi sur le lancement d’une page Facebook où nous aidons les entreprises à diffuser leurs offres d’emploi. L’ensemble des start-up qui ouvrent leurs portes le 17 mars (plus d’une centaine) sont recensées sur cette page Facebook How I Met My Startup, qui listera et diffusera leurs offres d’emplois.

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HReview. Pourquoi cette journée ?

Cap Digital est un cluster réunissant plus de 1000 membres. Nos adhérents sont un melting pot d’acteurs publics et privés tels que des écoles, des centres de formation, des centres de recherches, des entreprises, des start-up… C’est donc par la construction du pôle en lui-même que nous sommes amenés à nous intéresser à la question de l’emploi.

D’un côté nous avons les organismes qui développent des compétences, et de l’autre ceux qui en ont besoin pour progresser et croître. C’est un sujet qui nous tient à cœur et que nous essayons d’aborder de plusieurs manières. How I Met My Startup en est la facette recrutement. Pour ce qui est de l’analyse des tendances du marché de l’emploi sur le numérique, nous réalisons conjointement un baromètre avec la société Multiposting.

HReview. Pour cette journée, Cap Digital a noué plusieurs partenariats avec des écoles et des universités. Comment se passe cette collaboration et comment éveillez-vous le monde académique à celui de l’entrepreneuriat ?

Le programme How I Met My Startup a plusieurs entrées : d’une part, les start-up qui proposent d’ouvrir leurs portes et d’accueillir des jeunes, et de l’autre des jeunes qui vont venir visiter des start-up. Ces derniers viennent des écoles, des universités et des centres de formation partenaires.

Cette année, plus d’une cinquantaine d’établissements participent à l’opération. L’ensemble des responsables entreprises au sein de ces écoles ont été contactés, mais nous avons des relations un peu plus étroites avec certaines écoles. Nous avons ainsi créé des parcours sur mesure pour certains profils.

Nous avons mis en place différents types de parcours : les parcours libres où les jeunes s’inscrivent pour aller visiter les start-up, et les parcours « accompagnés » avec une démarche beaucoup plus proactive en particulier vers les jeunes suivant des BTS ou des masters. Nous construisons des parcours adaptés à leurs profils, à ce qu’ils recherchent et à ce que les entreprises peuvent attendre.

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HReview. Quelle est la réaction des start-up à cette ouverture ? Est-ce le meilleur moyen pour elles d’attirer les talents ?

Il s’agit d’abord du meilleur moyen pour ces start-up de développer leur marque employeur. Généralement, elles ont des difficultés à recruter parce qu’elles recherchent des profils en pénurie, et qu’elles ne sont pas connues des candidats.

Cette journée du 17 mars a donc également pour but de développer la marque employeur des start-up, en faisant des démonstrations de leurs solutions, et en favorisant les échanges avec les candidats. Et dans un second temps, nous mettons également en place de la veille, et du sourcing de candidats lors des visites.

Cette question de la marque employeur est cruciale. Souvent, les jeunes diplômés se dirigent vers des grands groupes et des cabinets de conseils, plus motivés par leur notoriété que par une réelle réflexion de leur part. Les start-up peuvent être très attractives parce qu’elles jouissent d’une image de dynamisme et de jeunesse, mais elles peuvent aussi faire effet de repoussoir, certains candidats pensant que l’on y travaille 24h/24 et qu’elles n’offrent que des postes réservés aux geeks.

« Notre action vise donc aussi à démystifier ce que veut dire travailler dans une start-up. Nous souhaitons lever les freins au recrutement et mettre en avant tout ce que travailler dans une start-up apporte en termes d’empowerment du collaborateur. »

Dans les petites structures, on est davantage mis en situation de pouvoir prendre des responsabilités, d’avoir un emploi multi-facettes, de travailler d’avantage en équipe. Une startup a une construction très horizontale, et nous souhaitons donc mettre en lumière ces aspects positifs.

 

HReview. En partenariat avec Multiposting, Cap Digital édite le Baromètre de l’emploi des métiers du numérique. Quelles sont les tendances les plus prégnantes en ce début d’année 2016 ? Lesquelles ressortent des demandes des start-up qui ouvriront leurs portes le 17 mars ?

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Ce baromètre permet de rendre mesurable ce que nous entendions régulièrement. De nombreuses entreprises nous faisaient par exemple part de leurs difficultés à recruter le bon développeur pour leurs projets. A force d’entendre ce type de discours, nous nous sommes dit qu’il fallait mettre en place ce type d’outil pour mettre des chiffres et des qualifications derrière cette pénurie.

C’est de là qu’est né notre accord avec Multiposting  qui vise à réussir à mesurer et qualifier cette pénurie, via le baromètre de l’emploi édité tous les trimestres. Une grande tendance est mise en évidence : la pénurie des talents dans plusieurs métiers comme les développeurs logiciel, mais aussi les chefs de projets digitaux, les experts réseau, les experts sécurité…

L’approche de Multiposting est intéressante car il s’agit également d’une plateforme de multidiffusion d’offres d’emploi. Multiposting utilise le Big Data, en traitant automatiquement la qualification de toutes les offres qui passent sur leurs plateformes, en relevant les qualifications demandées et en les catégorisant en 5 ou 6 métiers.

Le mot baromètre est utilisé dans toute son acception. C’est un vrai thermomètre, un outil de mesure totalement factuel. Nous le plongeons dans le bain de ce marché de l’emploi pour en tirer des traits saillants !

HReview. Depuis cette année, ManpowerGroup est partenaire d’How I met My Startup : observez-vous, aujourd'hui, une tendance à la création d’entreprise dans le domaine de l’innovation RH et du monde du travail au sens large ? 

C’est un secteur que nous analysons depuis que nous nous sommes lancés dans des actions concrètes dans ce domaine. Nous avons en particulier de très bonnes relations avec le Lab RH, une association d’entreprises du secteur de l’innovation RH, avec lequel nous montons des journées comme celle du 17 mars.

Nous avons aussi de plus en plus de demandes émanant de grands comptes de Cap Digital afin d’obtenir un éclairage en innovation en matière de RH, que ce soit sur des outils innovants en matière de recrutement, de gestion de carrière, de gestion des formations continues… L’innovation permise par le numérique arrive dans le secteur des RH après les technologies, les services et les modèles économiques.

« Le fait que l’on aborde le numérique dans la gestion des ressources humaines est un signe de maturité numérique des entreprises de notre écosystème. »

Ce secteur est en grande mutation, c’est pour cela que nous construisons des partenariats  pour approfondir ce secteur avec ManpowerGroup, Multiposting, et d’autres grands comptes.

Cap Digital a également créé un deuxième lieu d’innovation, provisoirement appelé « Educalab ». Ce lieu, situé à la maison des Sciences de l’Homme à Saint-Denis, est dédié aux problématiques de formation, d’éducation et d’emploi. C’est un lieu très inspirant, dans un quartier en pleine mutation, un peu à l’image de ce que nous souhaitons illustrer.

Educalab est donc un lieu d’expérimentation, mais aussi de rencontres qui nous offre davantage d’opportunités pour développer de nouvelles activités dans le secteur de l’emploi, du recrutement et des RH. Cet espace nous donne l’occasion d’organiser des événements de communication et de networking comme How I Met My Startup et de recevoir des entreprises innovantes. Nous pouvons aussi proposer à ces entreprises innovantes de tester ou d’expérimenter auprès de leur public cible des technologies nouvelles ou des idées de services innovants.

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